Note : le présent rapport n'engage pas le CICR.
L’atelier, organisé par le Réseau de la sécurité humaine Autriche, Canada, Chili, Grèce, Irlande, Jordanie, Mali, Norvège, Pays-Bas, Slovénie, Suisse, Thaïlande et Afrique du Sud (observateur) en coopération avec la Société de la Croix-Rouge canadienne, a été présidé par l’Ambassadeur Georg Mautner-Markhof, directeur du Département des droits de l’homme et des questions relatives au droit international humanitaire, ministère autrichien des Affaires étrangères. Ont présenté des exposés les experts suivants : Mme Sylvia Ladame, conseillère en doctrine, « Les enfants dans la guerre », CICR ; M. Éric Laroche, directeur adjoint, Bureau des programmes d’urgence, UNICEF ; Mme Judie Fairholm, coordonnatrice nationale, Services de prévention des abus et de la violence, Société canadienne de la Croix-Rouge ; et Mme Anica Mikus-Kos, directrice, fondation TOGETHER. Plus d’une centaine de personnes étaient présentes.
L’objectif de l’atelier était de recenser les nouveaux défis et les possibilités, pour le Mouvement et les États parties aux Conventions de Genève, d’améliorer la protection et la réadaptation des enfants impliqués dans les conflits armés, grâce à une action concertée plus efficace des milieux humanitaires.
Les enfants comptent parmi les groupes les plus vulnérables de nos sociétés, particulièrement en temps de guerre. Si des progrès notables ont été accomplis au cours de la dernière décennie dans l’élaboration d’instruments juridiques touchant à la protection de l’enfant, en particulier le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés, il reste beaucoup à faire sur le plan de l’application systématique de ces normes.
La discussion a tourné autour du succès et des limites des efforts déployés pour traiter efficacement les questions de la protection de l’enfance. Les participants ont relevé la nécessité de transférer des connaissances solides et l’obligation de rendre des comptes, ce qui suppose qu’une formation aux droits de l’enfant soit dispensée au niveau du siège et sur le terrain. Pourtant, la communauté internationale n’a pas de stratégie mondiale en matière de formation. Les organisations humanitaires internationales, faisant leur autocritique, ont reconnu la nécessité d’une stratégie plus complète touchant aussi la sélection et la formation de leur personnel. Elles doivent se doter de codes de conduite, si ce n’est déjà fait, et les observer.
Le travail humanitaire et une démarche fondée sur les droits sont complémentaires. C’est une tâche extrêmement complexe que de surveiller les violations des droits de l’enfant et de divulguer des informations à ce sujet en qualité de témoins, et la capacité des organisations humanitaires à l’accomplir est de toute évidence limitée dans les situations de conflit armé.
Les conférenciers, comme les participants, se sont accordés à penser que, pour qu’un programme de réadaptation donne de bons résultats, il fallait que les populations locales y soient associées de près et que, s’il avait besoin des compétences techniques d’expatriés, comme c’est souvent le cas, la participation de ces derniers devait être limitée à la phase initiale. Le but général est d’assurer la viabilité de ces programmes en y impliquant les populations locales et en renforçant leurs capacités par la participation.
Que devrait faire la communauté internationale pour décourager les parties d’employer ou de recruter des enfants, ou les deux, dans des situations de conflit ? Débattant de cette question délicate, les participants ont tenté d’expliquer pourquoi les adolescents se portent volontaires pour faire partie de groupes armés et ont invoqué la guerre, la pauvreté, le manque d’éducation et d’emplois et les violences domestiques. Les discussions ont également porté sur les problèmes provenant de la condition d’apatride et sur l’importance de l’assistance technique pour l’élaboration de lois nationales de protection de l’enfance (CICR, OIT, Haut Commissariat aux droits de l’homme, Bureau du représentant spécial du Secrétaire général pour la protection des enfants dans les conflits armés, UNICEF, etc.).