Note : le présent rapport n'engage pas le CICR.
L’atelier s’est concentré sur l’objectif final 3.1 :
« Reconnaître l’importance de la réduction des risques liés aux catastrophes et prendre des mesures pour réduire au minimum l’impact des catastrophes sur les populations vulnérables. »
Objectifs de l’atelier :
- Échanger des opinions et des données d’expérience sur l’importance et la pertinence de la réduction des risques liés aux catastrophes dans l’action de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.
- Atteindre un consensus sur les aspects essentiels de la réduction des risques liés aux catastrophes.
- Susciter un engagement accru de la part du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et de nombreux autres acteurs aux échelons local, national, régional et international.
Résumé des déclarations des intervenants et des commentaires des participants
- Les progrès notables des dix dernières années témoignent de l’intérêt grandissant que les gouvernements, les Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, les ONG et d’autres organisations portent à la réduction des risques liés aux catastrophes.
- Il est difficile de promouvoir la réduction des risques liés aux catastrophes, mais si on y parvient, il n’y aura plus de catastrophe.
- Les risques augmentent du fait : 1) de facteurs humains tels que la croissance démographique, l’urbanisation, la détérioration de l’environnement ; 2) d’autres facteurs et de phénomènes comme El Niño et le changement climatique, l’absence d’instances de coordination au sein des gouvernements, l’absence de plans de préparation aux catastrophes à l’échelon communautaire, la vision à court terme de nombreux décideurs.
- La réduction des risques liés aux catastrophes permet de sauver des vies, de préserver les moyens d’existence et de protéger les biens – elle joue un rôle majeur dans la création d’une société civile stable.
- La réduction des risques liés aux catastrophes est un problème collectif qui exige une démarche collective, à laquelle participent les gouvernements, les communautés et les organisations humanitaires agissant de manière intégrée et coordonnée.
- Les catastrophes ne provoquent pas seulement des pertes en vies humaines et en moyens d’existence. Elles portent aussi atteinte à la dignité humaine lorsque les victimes ne jouissent d’aucune protection.
- Les Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge jouent un rôle vital en œuvrant avec les gouvernements et d’autres acteurs à la réduction des risques, à travers une approche complémentaire, dont la nature et la portée sont définies à l’échelon communautaire.
- Les Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge constituent un réseau pour l’échange d’informations et le partage de données d’expérience, ce qui leur permet d’apprendre les unes des autres.
- Les Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge jouent un rôle essentiel dans la réduction des risques liés aux catastrophes, car elles ont l’habitude de travailler avec les personnes vulnérables et d’agir à l’échelon local en vue de mobiliser les communautés et de renforcer leur résilience face aux catastrophes.
- Les Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge sont des intermédiaires essentiels entre les gouvernements et les communautés – elles occupent une position unique, à la fois parce qu’elles sont les auxiliaires des pouvoirs publics dans le domaine humanitaire et qu’elles ont des liens étroits avec les communautés.
Recommandations
Partenariats
Il est important de recenser les possibilités de partenariats efficaces avec d’autres acteurs (par exemple, le secteur privé, les gouvernements, les universités et les organisations de développement). Ces alliances doivent néanmoins être mutuellement bénéfiques et ne pas être hiérarchisées.
Les Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge devraient analyser les partenariats existants et à venir, à la lumière des enjeux et des possibilités qu’ils présentent.
S’attaquer aux causes profondes
Les Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge peuvent jouer un rôle vital en tant qu’auxiliaires des pouvoirs publics, en particulier dans les domaines de la planification et des opérations en cas de catastrophe. Il faut cesser de traiter uniquement les symptômes (par exemple, des conditions dangereuses) pour s’attaquer également aux causes profondes de la vulnérabilité. Cela pose un dilemme aux Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge : jusqu’où peuvent-elles aller lorsqu’elles s’attaquent à ces causes profondes, qui peuvent résulter de l’action (ou de l’inaction) du gouvernement ?
Les Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge devraient préserver leur indépendance et demeurer impartiales afin de pouvoir continuer à parler au nom des personnes les plus exposées.
Rôle des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
Une « masse critique » de responsables Croix-Rouge/Croissant-Rouge, des gouvernements, et des Nations Unies est fermement déterminée à œuvrer pour la réduction des risques liés aux catastrophes. Cela constitue un défi majeur pour la Fédération internationale, qui doit répondre aux attentes de ses membres.
La communauté Croix-Rouge/Croissant-Rouge doit se doter d’une approche commune comportant des outils pratiques, tels que :
- des cadres de référence définis d’un commun accord, et
- des méthodes/des instruments novateurs de formation et de sensibilisation.
Échanges d’informations
L’échange de données d’expérience (qu’elles soient positives ou négatives) et de connaissances est une étape cruciale du processus d’identification des leçons apprises et des bonnes pratiques. Les Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ont un patrimoine commun d’expériences, particulièrement utile pour éviter les chevauchements d’activités.
Les Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge doivent s’attacher à collationner, traiter et diffuser l’information.
Réduction durable des risques liés aux catastrophes
Étant donné que les gouvernements centrent leur action sur les priorités à court terme, il est essentiel que les Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge adoptent une vision à long terme (telle que la Stratégie 2010) et continuent d’engager les décideurs au sein des gouvernements, les médias et le grand public à se tourner vers des stratégies à plus long terme.
Les Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge devraient, sans négliger les acquis à court terme, s’attacher à améliorer la résilience face aux catastrophes.