31-12-2003 Revue internationale de la Croix-Rouge No 852, p. 713-714 Éditorial - RICR décembre 2003 No 852 ![]() À l’époque coloniale, l’Afrique a été découpée comme un gâteau que se sont partagé les puissances européennes d’alors. Il ressort de la remarque sarcastique de Bismarck que le continent était un tourbillon colonial. L’Afrique était une loterie, et le billet gagnant l’assurance de lots mirifiques. La compétition coloniale reposait sur les trois « C » : commerce, chrétienté et civilisation, souvent imposés par la violence. **** La plupart des conflits de l’ère coloniale étaient cruellement déséquilibrés. Les atrocités étaient monnaie courante et aucun effort n’était fait pour porter assistance aux victimes des conflits. Depuis, la composante « assistance humanitaire » en Afrique a pris une importance telle que le tourbillon humanitaire semble parfois avoir pris la place du « tourbillon colonial ». Toutefois, les conflits contemporains ne sont pas moins cruels et cela est vrai aussi des guerres qui se déroulent en dehors de l’Afrique. Daniel Palmieri adopte une approche temporelle pour examiner la violence de la guerre, et se penche sur divers conflits contemporains dans une perspective historique à long terme. Il jette notamment le doute sur la pertinence de l’expression « guerre ethnique », qui a été utilisée pour décrire certains conflits en Afrique. Le continent africain a vécu certains des crimes de guerre de masse, crimes contre l’humanité et crimes de génocide les plus odieux, le plus souvent perpétrés dans le contexte d’un conflit armé interne. Ces atrocités ont, pour la plupart, été commises sans que la communauté internationale n’élève la voix ou n’agisse. Ervin Staub étudie, sous un angle psychologique, les racines de la violence entre les groupes et les moyens de prévenir une nouvelle flambée de violence, en prenant le Rwanda pour principal exemple. À travers des références précises aux origines du génocide au Rwanda, il démontre que comprendre les causes profondes de la violence peut considérablement faciliter la guérison, la réconciliation et l’action préventive menée par les dirigeants. Il analyse en outre les moyens d’amener les enfants à adopter des valeurs d’humanité et à agir selon les principes humanitaires, ce qui réduit les risques de violences entre les groupes. En réponse aux crimes de masse perpétrés dans diverses guerres en Afrique, l’Acte constitutif de l’Union africaine reconnaît à l’organisation le droit d’intervenir sur le territoire d’un État membre en cas de crimes de guerre, de génocide et de crimes contre l’humanité. D’un point de vue juridique, Ben Kioko fait valoir que, s’il est vrai que la mise en œuvre du droit d’intervention soulèvera très probablement des problèmes, il n’en reste pas moins que la disposition met en évidence les valeurs fondamentales de l’Union africaine. L’article de Nairi Arzoumanian et Francesca Pizzutelli examine, lui aussi d’un point de vue juridique, la responsabilité découlant de la présence, scandaleuse, d’enfants-soldats en Afrique. **** La XXVIIIe Conférence internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a été tenue en décembre 2003. Elle a été précédée du Conseil des Délégués du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. La Revue présentera une analyse exhaustive de cette Conférence dans son numéro de juin, mais reproduit d’ores et déjà les principaux discours qui ont été donnés à la Conférence, ainsi que les conclusions et les résolutions qui ont été adoptés pendant ces réunions internationales. La Revue |