6-08-2004 Irak : après le 28 juin, la protection des personnes privées de liberté reste une priorité Au vu de la persistance des hostilités en Irak, la protection des personnes privées de liberté reste l’une des priorités du CICR. L’objectif principal de l’institution est de visiter toutes les personnes détenues afin d’observer si leurs conditions de détention, le traitement qui leur est réservé et les garanties judiciaires dont ils bénéficient sont conformes aux exigences du droit applicable. Le CICR doit constamment évaluer la situation sur le terrain, dans le but de déterminer quelle législation est applicable aux différentes catégories de personnes privées de liberté, et quelles sont les obligations juridiques des autorités détentrices. Après le transfert du pouvoir de l’Autorité provisoire de la coalition au gouvernement intérimaire irakien le 28 juin 2004, en application de la résolution 1546 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui déclare la fin de l’occupation étrangère, la situation juridique a changé.
Comme l’énonce la résolution, la présence et les opérations militaires de la force multinationale en Irak sont fondées sur le consentement du gouvernement intérimaire. Le CICR ne considère donc plus que la situation en Irak est celle d’un conflit armé international entre la coalition dirigée par les États-Unis et l’État irakien. En conséquence, ce conflit n’est plus couvert par l'ensemble des Conventions de Genève de 1949. Les hostilités actuelles en Irak, opposant d’une part des combattants armés, et d’autre part la force multinationale et/ou les nouvelles autorités, constituent un conflit armé non international. Cela signifie que toutes les parties, y compris la force multinationale, sont liées par l’article 3 commun aux quatre Conventions de Genève, et par les règles coutumières applicables aux conflits armés non internationaux.
Toutes les parties doivent garantir en tout temps que les personnes qui ne participent pas, ou plus, aux hostilités – y compris les personnes privées de liberté pour des raisons liées au conflit – soient protégées conformément à ces règles.
Ce changement de situation juridique signifie que la plupart des personnes détenues pour des motifs en relation avec les hostilités ne sont plus protégées par l’ensemble de la troisième ou de la quatrième Convention de Genève mais par l’article 3 commun aux Conventions de Genève et par les règles coutumières applicables aux conflits armés non internationaux. Voici les conséquences de ce changement pour les personnes privées de liberté :
Indépendamment du statut du détenu ou de l’interné, les accusations à leur encontre doivent être étudiées de façon appropriée. Ils peuvent être poursuivis en justice et condamnés si leur culpabilité est prouvée. Quels que soient les crimes commis, ils ont droit à un procès équitable, ils ont le droit de se défendre et d’être assistés par un avocat. Le CICR continue de visiter des milliers de personnes détenues par la force multinationale. En outre, il prévoit de visiter les détenus aux mains des autorités irakiennes pour des motifs en relation avec conflit armé interne. Cependant, sa capacité de le faire dépend de la situation de sécurité sur le terrain. |