14-05-2007 Article de presse 07/60 Ouverture prochaine des archives du Service international de recherches à Arolsen Editorial de Reto Meister, directeur du Service international de recherche.
La Seconde Guerre mondiale a pris fin il y a longtemps mais il importe que les souffrances infligées à des millions de civils et de prisonniers de guerre ne tombent pas dans l’oubli. Plus de 60 ans après la fin de la guerre, le Service international de recherches (SIR), situé à Arolsen (Allemagne), continue à préserver leur mémoire en rassemblant des documents sur le sort des victimes civiles des persécutions nazies. Et bientôt, les archives que le SIR détient sur les camps de concentration, les travailleurs forcés et les déplacements de civils sous le régime national-socialiste deviendront une source importante pour la recherche historique.
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Le camp de concentration de Buchenwald peu après sa libération.
La Commission internationale qui régit l'activité du SIR se réunira les 14 et 15 mai à Amsterdam; elle devrait prendre les décisions qui permettront d'accélérer le processus conduisant à l’ouverture des archives et au transfert des données aux différents États membres.Ce sont les États parties aux Accords de Bonn du 6 juin 1955, principalement les États-Unis, le Royaume-Uni et la France, qui ont confié les premiers fonds au SIR. Il s'agissait principalement des archives des camps de concentration et des prisons que leurs forces armées avaient libérés lors de la libération de l'Europe. Au fil des ans, le SIR a acquis d’autres données en provenance de diverses sources qui enrichissent le fonds initial. Les archives du SIR comprennent aujourd’hui plus de 30 millions de documents comportant des informations sur 17,5 millions de civils. Ces documents constituent un témoignage unique dans la mesure où ils racontent les histoires d’individus et de groupes de victimes. Les survivants et les familles des victimes ont le droit de savoir, ils doivent avoir accès aux informations qui reflètent leurs souffrances. Ainsi, au cours des 25 dernières années, le SIR a réussi à apporter des réponses aux demandes de 2,2 millions de personnes. Leurs histoires racontent les horreurs de la guerre et les souffrances qu’elle a provoquées. Il y est question en particulier des persécutions par le régime national-socialiste et des méthodes effroyables que ce dernier a mises en oeuvre. Le SIR a également répondu, entre 2000 et 2006, à 950 000 autres demandes liées à la création d'une fondation pour l'indemnisation des anciens travailleurs forcés.
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Bad Arolsen. Service international de recherches
Alors que le SIR reste déterminé à s'acquitter de sa mission première qui consiste à fournir des réponses aux anciens persécutés qui s’adressent à lui et a récemment pris différentes mesures pour pouvoir le faire en temps voulu et avec le respect qui leur est dû, il se réjouit de la décision prise l’an dernier par les 11 États membres de la Commission internationale d'ouvrir les archives d’Arolsen à la recherche historique. Une fois que ces États auront ratifié les Protocoles additionnels aux Accords de Bonn - et je compte sur eux pour le faire le plus vite possible - les documents archivés au SIR deviendront accessibles à la recherche et présenteront des données nouvelles, tout en confirmant d'autres informations qui sont déjà disponibles. Le SIR entend coopérer avec les associations de survivants, les mémoriaux des anciens camps de concentration, les chercheurs et les instituts universitaires pour faciliter les études historiques sur les pages les plus sombres de l'histoire récente. Entre temps, le SIR prépare activement l’ouverture de ses archives.
Pour permettre aux chercheurs d'avoir le plus large accès possible à la documentation, le SIR établit des copies digitalisées de ses documents afin de les transférer aux fonds d’archives des États membres de la Commission internationale. Le Mémorial de l'Holocauste à Washington ("United States Holocaust Memorial Museum") a été désigné par le gouvernement américain tandis qu’Israël intégrera ces données dans les archives de l’Institut Yad Vashem à Jérusalem. Un échange constructif a lieu entre le SIR et ces institutions sur des solutions techniques qui permettront l’intégration et l’utilisation de copies électroniques pour tous ceux qui s’y intéressent. Ces copies digitalisées représentent l'équivalent de 10'000 CD-ROM's. Tous les documents portant sur l’incarcération ont d'ores et déjà été scannés et indexés. Les préparatifs techniques pour leur exportation avancent rapidement et le transfert devrait débuter cet été. D’autres États membres ont déjà manifesté leur intérêt à obtenir ces copies. En tant que directeur du SIR nouvellement nommé, je me rends compte que la tâche principale de cette institution ne consiste pas seulement à conserver la documentation et à élucider le sort individuel des victimes. Elle consiste aussi à mettre en commun la collection unique d’informations disponibles dans ses archives et à entretenir le souvenir de ce passé afin de ne jamais oublier les horreurs qui y sont relatées et d’éviter qu’elles puissent se reproduire un jour.
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