Le CICR est présent en République centrafricaine depuis 1997. Étant donné la recrudescence actuelle du conflit dans les régions du nord du pays, le CICR a ouvert un nouveau bureau à Kaga Bandoro en février 2007. De plus, un autre devrait prochainement être ouvert à Birao, dans l’extrême nord-est du pays, où des combats violents ont éclaté en décembre 2006, puis à nouveau en mars 2007. En avril 2006, le CICR avait déjà ouvert un nouveau bureau à Paoua, dans le nord-ouest du pays.
Le nombre d’employés du CICR augmente également à Bangui, la capitale. La mission, qui dépendait auparavant de la délégation régionale à Yaoundé, a acquis le statut de délégation opérationnelle le 8 mai.
Protection
Personnes privées de liberté
Le CICR conduit régulièrement des visites individuelles aux détenus de sécurité et surveille l’état de santé et le bien-être de l’ensemble de la population carcérale de la République centrafricaine. Depuis 2006, la résurgence de groupes d’opposition armés a entraîné une augmentation du nombre d’arrestations. Les lieux de détention n’ont généralement pas suffisamment de fonds pour garantir des conditions adéquates, et des cas de malnutrition ont été observés dans certains d’entre eux.
Entre janvier et mai 2007, les délégués du CICR ont effectué 26 visites dans 18 lieux de détention permanente et provisoire. Au total, 16 détenus ont été visités pour la première fois et enregistrés.
Population civile
De graves violations du droit international humanitaire se poursuivent dans le cadre de la situation qui règne actuellement en République centrafricaine. Une présence accrue dans les régions touchées par le conflit a permis au CICR d’améliorer sa capacité à évaluer les besoins urgents et à y répondre, à recueillir des allégations de violations du droit humanitaire et à déposer des protestations officielles auprès des parties intéressées.
Entre janvier et mai 2007, les délégués du CICR ont recueilli et documenté des allégations d’abus commis par des porteurs d’armes à l’égard de civils, émis régulièrement des protestations officielles par oral aux autorités compétentes dans le but d’empêcher d’autres abus, et soumis deux rapports écrits.
Ils ont également conduit des présentations à l’intention des soldats des forces armées stationnés dans le nord et engagé un dialogue avec d’autres porteurs d’armes au sujet de la nécessité de protéger et de respecter les civils et les personnes qui ne prennent plus part aux hostilités.
Assistance
Assistance d’urgence (sécurité économique)
Le CICR, en sa qualité d’institution d’intervention rapide, fournit une assistance d’urgence aux personnes en situation de crise, notamment aux personnes déplacées par les combats. Une aide d’urgence est distribuée aux bénéficiaires en collaboration avec la Croix-Rouge centrafricaine.
Entre janvier et mai 2007, le CICR a recensé 40 000 personnes déplacées démunies (8 000 familles) dans la région de l’Ouham-Pendé, dans le nord-ouest, nécessitant du matériel pour construire des abris et des articles de ménage essentiels.
Du fait de l’élargissement du conflit et de son impact accru sur la population civile recensée lors de récentes évaluations sur le terrain, 64 000 personnes supplémentaires (quelque 13 000 familles) vivant dans les préfectures d’Ouham, Ouham-Pendé et Nana-Grebizi, ainsi que dans le nord-est, ont été ajoutées à la liste des bénéficiaires. Simultanément, plus de 65 000 personnes (13 000 familles), soit environ 50 000 de plus qu’initialement prévu, reçoivent des outils agricoles afin qu’elles puissent semer des graines avant la prochaine saison des pluies en juillet-août.
Eau et habitat
En République centrafricaine, le travail du CICR inclut le rétablissement des réseaux urbains et ruraux d’approvisionnement en eau, des projets d’assainissement et des activités de réhabilitation dans des centres sanitaires. Ce programme comprend la promotion de l’hygiène et la formation en hygiène du milieu.
Entre janvier et mai 2007, deux points d’eau ont été réhabilités et neuf blocs de latrines/douches publiques ont été construits dans des centres sanitaires et des écoles. Le CICR a financé la formation de 10 volontaires de la Croix-Rouge centrafricaine dans le cadre de projets communautaires. Des volontaires de la Société nationale soutenus et formés par le CICR ont conduit des séances de promotion de l’hygiène dans 10 villages.
De plus, des évaluations ont été conduites dans trois lieux de détention permanente dans le but d’y améliorer l’assainissement.
Coopération avec la Croix-Rouge centrafricaine
Le CICR, en tant que membre du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, fournit une assistance technique et financière à la Croix-Rouge centrafricaine pour lui permettre de renforcer sa capacité à offrir divers programmes et services à la communauté. La Croix-Rouge centrafricaine reçoit un soutien supplémentaire pour établir, dans les zones de conflits, de nouvelles sections spécialisées dans les premiers secours et l’intervention d’urgence, ainsi que dans la formation en gestion des dépouilles mortelles.
Entre août 2006 et mai 2007, le délégué chargé de la coopération a :
- soutenu la révision, la diffusion et l’adoption des statuts de la Croix-Rouge centrafricaine durant son assemblée générale, qui s’est tenue du 27 au 29 décembre 2006 ;
- établi le service de premiers secours et d’intervention d’urgence de la Société nationale, organisé la formation de 32 formateurs et créé deux équipes de premiers secours d’urgence à Paoua ;
- établi le service de rétablissement des liens familiaux en formant le personnel national responsable et en établissant cinq sections locales ;
- conclu une convention de coopération entre le CICR et la Croix-Rouge centrafricaine au sujet d’un projet hydraulique rural.
Promotion du droit international humanitaire (DIH)
La mission humanitaire du CICR est de protéger la vie et la dignité des victimes de guerre et de prévenir les souffrances par la promotion et le renforcement du respect du droit international humanitaire.
Entre janvier et mai 2007, les délégués du CICR ont tenu au total sept séances d’information pour 360 porteurs d’armes à Bangui et dans les zones touchées par les conflits.