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29-02-2008  Interview  
Colombie : le rôle du CICR dans la dernière libération d'otages
Après la récente libération de quatre otages détenus par les FARC en Colombie, Maria Dos Anjos Gussing, chef des opérations du CICR pour l'Amérique latine et les Caraïbes, parle du rôle de l'organisation dans cette libération.

Maria Dos Anjos Gussing
Que pense le CICR de la libération des quatre otages ?

C'est une excellente nouvelle – d'abord pour les otages eux-mêmes, qui ont été en captivité pendant six ans dans une situation très difficile. C'est aussi un immense soulagement pour leurs amis et leur famille, dont la vie était en suspens dans l'attente de nouvelles et qui ne savaient pas où leurs proches étaient retenus, ni dans quelles conditions. Cependant, nous ne devons pas oublier ceux qui attendent encore d'être libérés. Le CICR réaffirme que la prise d'otages est strictement interdite en droit international humanitaire, et que tous les otages doivent être libérés sans condition le plus tôt possible.

Quel est le rôle du CICR dans la mission visant à libérer les otages en Colombie ?

©Reuters / H. New
L'un des otages libéré par les FARC dans la jungle colombienne, 27 février 2008.
En tant qu'intermédiaire neutre et indépendant, le CICR a un rôle purement humanitaire. Nous précisons clairement ceci dès le début à toutes les parties concernées, lorsque nous les informons de ce que nous pouvons et ne pouvons pas faire. Ensuite, nous nous assurons que toutes ces parties (en l'occurrence, les autorités colombiennes et vénézuéliennes et les FARC-EP) sont d'accord pour que l'opération se déroule selon nos modalités habituelles. Comme la libération a eu lieu sur le territoire colombien, notre délégation à Bogotá a négocié les garanties de sécurité nécessaires avec les hauts fonctionnaires colombiens responsables des forces gouvernementales dans la zone où allait s'effectuer la remise des otages.

Pourquoi la participation du CICR ?

Tout d'abord, nous sommes une organisation humanitaire internationale qui a fait ses preuves dans de telles situations, et qui est effectivement considérée comme un intermédiaire neutre et indépendant. Et puis nous avons la confiance à la fois du gouvernement et des groupes armés colombiens, qui respectent et acceptent notre rôle et nos procédures. Nous menons une vaste opération humanitaire en Colombie, où nous aidons les populations touchées par le conflit armé interne qui perdure. De plus, nous sommes en contact presque quotidiennement avec les commandants des forces armées et avec les groupes armés dans tout le pays.

Est-ce que cela a été une opération CICR ?

Oui. C'est une opération à laquelle ont participé les gouvernements de deux pays et un groupe armé. ll est essentiel d'avoir l'accord et la confiance de toutes les parties, et c'est là que nous intervenons. Dans ce cas particulier, les hélicoptères qui sont entrés en Colombie étaient vénézuéliens, mais ils étaient utilisés pour une opération humanitaire avec l'accord de toutes les parties, sous les auspices du Comité international de la Croix-Rouge. Avant de pénétrer sur le territoire colombien, par conséquent, nous avons « neutralisé » (rendu neutres) les hélicoptères en les marquant de l'emblème de la croix rouge, et deux délégués du CICR ont embarqué à bord de chacun d'eux. À partir de ce moment-là, ces appareils étaient considérés comme volant sous les auspices du CICR, et nous avons bénéficié de la protection internationale que confère notre emblème. Tout problème de sécurité qui aurait pu survenir aurait été résolu par nos délégués, qui étaient en contact permanent avec nos délégations de Bogotá et Caracas.


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29-02-2008