31-10-2008 Interview République démocratique du Congo : action humanitaire d'urgence en faveur d'une population en danger Les combats qui ont fait rage ces derniers jours dans le Nord Kivu ont obligé des dizaines de milliers de personnes à fuir et causé de nombreux blessés. Olivier Martin, chef adjoint de la délégation du CICR en RDC parle des dramatiques conséquences de ces évènements et de l'action menée par l'institution pour répondre à l'urgence. Olivier Martin, chef adjoint de la délégation du CICR en RDC
Quelle est la situation humanitaire dans le Nord Kivu et à Goma ?
La situation humanitaire est catastrophique pour l'ensemble des habitants de la région. En fuyant les combats, beaucoup ont dû abandonner tous leurs biens et les besoins essentiels de la population ne sont pas couverts. Selon les informations que nous possédons, des déplacés provenant de la région de Goma ont fui vers le Sud Kivu. D'autres déplacements auraient également eu lieu depuis la région de Rutshuru vers le nord, à Kanyabayonga, vers l'est, à Nyamilima, et vers le sud dans les camps de déplacés de Kibati, aux portes de Goma, ainsi que vers les camps de Mugunga, à l'ouest de Goma, sur l'axe qui conduit à Sake. ©Reuters
La population fuit les combats à Kibumba, 27 octobre 2008
A Goma, la situation a été relativement plus calme la nuit dernière que les précédentes. Des pillages ont été signalés et des coups de feu entendus, mais la situation semble cependant moins dramatique que la nuit du 29 au 30 octobre, durant laquelle l'hôpital militaire de Katindo avait été pillé.
Cette accalmie relative a permis aux employés congolais du CICR de reprendre le travail. Ils fournissent un travail remarquable, de même que les volontaires de la Croix-Rouge de la République démocratique du Congo qui collaborent avec nos équipes, alors qu'ils sont eux-mêmes directement touchés par les événements récents.
Nous sommes particulièrement inquiets pour les personnes les plus vulnérables telles que les femmes, les personnes âgées ou les enfants. Ces gens manquent de tout, de soins médicaux, d'eau, de nourriture et d'abris. D'autre part, la concentration de nombreuses personnes dans des lieux publics dénués d'infrastructures et d'accès à l'eau potable risque de favoriser le déclenchement de maladies et d'épidémies. ©Reuters
Des déplacés font la file pour s'approvisionner en eau dans un camp provisoire près de Kibati, 29 octobre 2008.
Il faut également rappeler que les personnes obligées de fuir sont d'autant plus vulnérables que, pour la plupart d'entre elles, elles ont déjà été victimes de déplacement au cours des mois précédents et tout perdu une fois de plus.
Hier, nous avons distribué aux deux hôpitaux les plus importants de Goma, des assortiments de matériel médical, des médicaments ainsi que diverses fournitures nécessaires au traitement des dizaines de blessés accueillis dans ces structures lors de ces derniers jours. Aujourd'hui, notre équipe chirurgicale présente à Goma va se rendre à l'hôpital de Katindo pour y pratiquer des opérations. |