En dépit des espoirs suscités par la conférence de paix tenue à Goma en janvier de cette année, l’insécurité a continué d’avoir des effets dévastateurs pour les civils vivant dans de nombreuses régions du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Afin d’assurer le financement de l’accroissement de ses activités, le CICR demande aux donateurs un montant supplémentaire de huit millions de francs suisses, ce qui porte à 45 millions de francs (soit plus de 46 millions de dollars US) le budget total pour 2008 de ses opérations en RDC.
« L’insécurité actuelle est principalement due à des accrochages entre groupes armés ainsi qu’à des attaques contre la population civile, caractérisées par un nombre élevé de violations du droit international humanitaire, » déclare Max Hadorn, chef de la délégation du CICR à Kinshasa. « Si la situation sécuritaire ne s’améliore pas, les personnes déplacées en raison des combats et de la violence ne pourront pas rentrer chez elles ».
Le CICR prévoit de travailler conjointement avec la Croix-Rouge de la RDC pour approvisionner en vivres, pendant trois mois, plus de 37 000 personnes déplacées et distribuer des articles ménagers de première nécessité à 115 000 personnes déplacées. Il a également pour objectif de distribuer des semences et des outils aratoires à quelque 30 000 civils revenant dans leurs foyers ainsi qu’à 10 000 ménages hébergeant des familles déplacées : les bénéficiaires devraient ainsi pouvoir cultiver suffisamment de denrées alimentaires.
L’organisation continuera également de mettre à disposition son expertise dans le domaine de la chirurgie, de fournir des médicaments et du matériel médical supplémentaires aux hôpitaux où sont soignés les blessés, et de renforcer son action en faveur des victimes de violence sexuelle. Des ressources supplémentaires seront en outre allouées afin d’approvisionner en eau potable diverses zones ayant vu affluer un grand nombre de personnes déplacées.
Le CICR continuera de documenter les allégations de violations du droit international humanitaire. L’organisation s’entretient de ces allégations dans un cadre bilatéral avec les autorités militaires et les groupes armés : afin d’obtenir la cessation des violations, il est demandé instamment aux différentes parties de protéger les civils. Le contact sera maintenu avec toutes les parties au conflit afin de leur rappeler qu’elles ont l‘obligation de protéger et de respecter la sécurité physique des civils ainsi que des blessés et des personnes détenues en relation avec les combats.
Dans le cadre des efforts déployés à cette fin, le CICR poursuivra ses visites aux détenus ainsi que son assistance aux personnes séparées en raison du conflit, notamment aux enfants et aux anciens enfants soldats.
Informations complémentaires :
Pierre Emmanuel Ducruet, CICR Kinshasa, tél : + 243 81 700 60 60 ou + 243 81 700 85 36
Anna Schaaf, CICR Genève, tél : +41 22 730 22 71 ou +41 79 217 32 17