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30-12-2009  Le point sur les activités  
Irak : les civils luttent au quotidien pour subvenir à leurs besoins
En Irak, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) aide de multiples façons les individus et les communautés à retrouver leur autonomie économique. Compte rendu des activités du CICR dans le pays au cours du mois de novembre 2009.

Les femmes luttent pour leur survie et celle de leurs proches lorsque les hommes de leur famille sont détenus, portés disparus ou tués. Dans une société où les femmes n'ont pas été élevées pour subvenir aux besoins de leur famille, le défi à relever est redoutable. Trouver du travail n'est pas une tâche facile. En coopération avec des organisations non gouvernementales locales, le CICR aide des ménages dirigés par des femmes à Bagdad, Najaf et Basra à toucher un revenu pour répondre aux besoins essentiels de leur famille. Au total, 23 projets ont été mis en œuvre à ce jour. « Avant d'avoir mon magasin, je cuisinais une simple soupe de tomates sans autre ingrédient pour mes trois enfants. Je n'avais pas les moyens de leur offrir un petit-déjeuner et je devais vendre ma ration de nourriture mensuelle pour gagner un peu d'argent, explique une femme qui tient aujourd'hui sa propre échoppe à Basra. Maintenant, mes enfants prennent un petit-déjeuner digne de ce nom avant d'aller à l'école. Ils mangent un bon repas à midi, et je peux même ajouter des lentilles ou des haricots et des épices à la soupe de tomates. »

En plus de mener des projets générateurs de revenus, le CICR distribue tous les mois des colis alimentaires et des articles d'hygiène à des femmes chefs de famille dans l'ensemble du pays. En novembre, plus de 2 000 ménages ont ainsi bénéficié d'une assistance, essentiellement dans les gouvernorats de Bagdad, de Diyala, de Ninive et de Salah al-Din.

À l'approche de l'hiver, les personnes déplacées à l'intérieur du pays, notamment celles qui vivent dans des camps et autres lieux de rassemblement, doivent faire face à des conditions de vie plus difficiles. En novembre, le CICR a commencé à distribuer des assortiments d’ustensiles de cuisine, des bouteilles thermos, des théières, des bouilloires, des jerrycans, des seaux, des couvertures, des assortiments d'articles d'hygiène et des bâches à 43 000 déplacés dans les gouvernorats de Diyala, de Kirkouk, de Soulaimaniya, de Salah al-Din et de Ninive pour les aider à se préparer aux rigueurs de l'hiver.

De fortes pluies se sont abattues sur les villages situés dans les gouvernorats d'Erbil, de Dohouk et de Soulaimaniya, ainsi que dans le district de Khanaqin dans le gouvernorat de Diyala (nord de l'Irak). Si cette abondance d'eau dans les canaux d'irrigation est une aubaine pour l'agriculture, de nombreux foyers ont été touchés par de graves inondations. Plus de 1 000 personnes, principalement dans les gouvernorats d'Erbil et de Dohouk, ont reçu des rations alimentaires, des assortiments d'articles d'hygiène et d'autres articles ménagers de première nécessité distribués par le CICR.

Visites de détenus

Le CICR visite régulièrement les centres de détention gérés par les différents ministères irakiens et les autorités américaines, afin d'évaluer les conditions de détention et le traitement réservé aux détenus. En novembre, les délégués du CICR ont visité des personnes détenues :

  • sous autorité américaine dans le Camp Taji (gouvernorat de Bagdad) ;
  • sous l'autorité du ministère de la Justice dans les prisons de Fort Suse et de Chamchamal (gouvernorat de Soulaimaniya), de Baladiyat et de Roussafa (gouvernorat de Bagdad), de Hilla (gouvernorat de Babel), et de Maaqal (gouvernorat de Basra) ;
  • sous la responsabilité du ministère de l'Intérieur à Tasfirat Najaf (gouvernorat de Najaf) ;
  • sous l'autorité du ministère de la Défense dans la prison des services de renseignements militaires à Bagdad (gouvernorat de Bagdad) ;
  • sous l'autorité du ministère de l'Intérieur, du ministère du Travail et des Affaires sociales et de diverses forces de sécurité dans trois prisons dans le nord de l'Irak (gouvernorats d'Erbil, de Dohouk et de Soulaimaniya).

Par ailleurs, le CICR a aménagé une zone ombragée dans la prison de Maaqal à Basra pour permettre aux détenus et à leurs visiteurs de se protéger de la chaleur éprouvante.

En novembre, plus de 6 320 messages Croix-Rouge ont été échangés entre des détenus et leur famille. Le CICR a travaillé en collaboration avec le Croissant-Rouge de l'Irak pour permettre aux détenus et à leurs proches de rester en contact et d'échanger des nouvelles familiales.

Aider les familles à obtenir des informations sur leurs proches disparus

Des centaines de familles qui n'ont pas de nouvelles de leurs proches portés disparus à la suite de la guerre du Golfe (1990-1991) vivent dans une douloureuse incertitude depuis plus de 18 ans. Elles ont le droit de savoir ce qu'il est advenu de leurs êtres chers et seules les autorités sont en mesure de leur fournir des réponses.

Dans le but de poursuivre les efforts déployés dans ce domaine, la Commission tripartite chargée d'enquêter sur les cas de disparitions survenues à la suite de la guerre du Golfe a tenu sa réunion annuelle en novembre au Koweït, sous les auspices du CICR. Des représentants de l'Irak, du Koweït et des États de la coalition (États-Unis, Royaume-Uni, France et Arabie saoudite) y ont assisté.

Les membres de la Commission ont réaffirmé leur détermination à mener à bien leur tâche et à trouver des réponses pour mettre fin aux souffrances des familles. Durant la réunion, le cas d'un Irakien porté disparu a par ailleurs été élucidé. À ce jour, le travail de la Commission a permis de faire la lumière sur le sort de quelque 300 personnes portées disparues.

Dans le cadre d'un partenariat technique entre le CICR et les autorités irakiennes, un conseiller médicolégal du CICR a été invité par le ministère des Droits de l'homme à assister à des exhumations dans plusieurs gouvernorats, notamment ceux de Nassiriya et de Basra, dans le cadre de fouilles effectuées pour localiser les sépultures des personnes portées disparues par suite de la guerre Iran-Irak (1980-1988) et de la guerre du Golfe (1990-1991).

Assistance aux personnes vulnérables

Le CICR continue de soutenir des projets générateurs de revenus, afin d'aider les communautés à retrouver une autonomie économique. En novembre :
  • plus de 30 800 têtes de bétail, qui constituent la source de revenus de quelque 1 260 personnes, ont été immunisées contre la fièvre aphteuse dans le cadre d’un projet de vaccination animale à Kirkouk ;
  • quelque 2 000 agriculteurs dans le gouvernorat de Ninive ont reçu de l’orge pour nourrir leurs animaux – leur seule source de revenus –, palliant ainsi au manque de fourrage dû à la sécheresse qu’a connue la région ;
  • quelque 6 000 personnes ont été rémunérées pour mener à bien un projet de réfection de 63 kilomètres de canaux d'irrigation dans les gouvernorats de Diyala et d'Erbil. Ce projet vise à accroître le débit de l'eau dans les canaux et à augmenter ainsi le rendement des récoltes et les revenus des ménages de la région. Il permet également de créer des possibilités d'emploi et une source de revenus, notamment pour les agriculteurs démunis qui nettoient les canaux ;
  • dans les gouvernorats d'Erbil et de Dohouk, 40 personnes handicapées, qui sont d'anciens patients du centre d'appareillage orthopédique du CICR à Erbil, ont reçu du bétail et du matériel pour créer de petites exploitations et retrouver une autonomie économique.

Soutien aux centres d’appareillage orthopédique

Le CICR fournit des équipements et dispense des formations à dix centres d'appareillage orthopédique et de réadaptation physique gérés par le ministère de la Santé irakien, à un centre géré par le CICR à Erbil, et à deux ateliers de fabrication de béquilles.

En novembre, l'institution a organisé à Erbil un séminaire de cinq jours sur la fabrication de prothèses d'avant-bras au moyen de composants à base de polypropylène, un matériau résistant qui convient bien à ce genre d'appareils. Huit techniciens de six centres de réadaptation physique situés dans diverses régions du pays ont pris part à ce séminaire.

En outre, le CICR a octroyé une bourse d'étude de quatre ans à un citoyen irakien, afin de lui permettre de suivre une formation d'orthoprothésiste dans une école réputée en Tanzanie. À l'heure actuelle, neuf Irakiens étudient à l'étranger – huit au Cambodge et un en Tanzanie – grâce à des bourses du CICR.

Approvisionnement en eau potable et assainissement

Les ingénieurs hydrauliciens du CICR continuent de réparer et d'améliorer les infrastructures d’approvisionnement en eau dans le pays. En novembre, le CICR a :
  • fourni des transformateurs et des générateurs pour améliorer le système électrique de l'hôpital universitaire Al-Sadr, qui couvre les besoins des 546 000 habitants de la ville de Najaf et des villages alentour, ainsi que ceux de millions de pèlerins ;
  • fourni du matériel électrique et électromécanique au service des eaux du district d'Aqra, dans le gouvernorat de Dohouk, afin de réparer les dommages causés par la foudre et les inondations à un réseau d'approvisionnement en eau potable qui dessert quelque 120 000 personnes ;terminé la construction du nouveau centre de soins de santé primaires de Razga, dans les montagnes de Qandil, qui couvrira les besoins de 2 000 personnes ;
  • reconstruit le centre de soins de santé primaires Oum al-Banin, à Nassiriyah, dans le gouvernorat de Thi-Qar, qui dessert les 100 000 habitants de la ville de Nassiriyah et les personnes déplacées qui ont fui Bagdad ;
  • réparé un réfrigérateur mortuaire à l'Institut médicolégal de Tikrit, dans le gouvernorat de Salah al-Din ;
  • installé une nouvelle pompe dans la station de traitement des eaux de Salamiya, dans le gouvernorat de Ninive, afin d'améliorer le système d'approvisionnement en eau qui dessert 300 000 personnes ;
  • amélioré la capacité de pompage et remplacé des unités de traitement chimique de la station de traitement des eaux de Sadr al-Youssoufiya, dans le gouvernorat de Bagdad, qui dessert environ 35 000 personnes ;
  • installé des pompes dans les stations d’évacuation des eaux usées des villes de Samawa et d'Ibn al-Nefis, qui desservent respectivement 20 000 et 7 000 personnes dans le gouvernorat de Mouthanna.

De l’eau a été acheminée par camion pour approvisionner :
  • 4 500 personnes déplacées, ainsi que l'hôpital général Al-Imam Ali et l'hôpital universitaire Al-Yarmouk, à Bagdad ;
  • le camp Qalawa, à Soulaymaniya, qui abrite quelque 360 personnes déplacées.

Promotion du droit international humanitaire

Conformément à son mandat, le CICR contribue à promouvoir le droit international humanitaire et rappelle aux parties qu’elles ont l’obligation de protéger les civils. En novembre, il a organisé une série de séminaires et de présentations sur le droit international humanitaire pour divers publics sur tout le territoire irakien. Il a également organisé un séminaire sur l'Islam et le droit international humanitaire à Najaf, sous les auspices de l'Université de Koufa, à l'intention de religieux d'institutions chiites et sunnites et d'universitaires de l'Euphrate central.



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30-12-2009