3-12-2009 Déclaration Un monde sans mines est devenu un but atteignable Discours de Mme Christine Beerli, vice-présidente du CICR, deuxième conférence d’examen des États parties à la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel, Cartagena, Colombie, 29 novembre – 4 décembre 2009. Pendant près de deux décennies, les souffrances et le courage des survivants des mines terrestres ont porté les efforts que nous avons déployés pour créer et mettre en œuvre cette Convention de droit international humanitaire. Cette semaine d’examen nous donne de bonnes raisons de nous sentir encouragés. En stigmatisant l’utilisation des mines antipersonnel, les 156 États parties ont permis d’éviter un nombre incalculable de morts et de blessés, car ils ont ainsi empêché l’utilisation de centaines de milliers de mines et ont assuré la destruction de dizaines de millions de ces armes. Au lieu de continuer à semer la terreur, de vastes étendues de terres auparavant contaminées nourrissent désormais certaines des communautés les plus pauvres du monde. Il y a tout juste quinze ans, de telles réalisations semblaient être un rêve impossible. "(...) les défis auxquels nous devrons faire face ensemble, ces cinq prochaines années, seront considérables et exigeront un engagement personnel fort et constant de nous tous, ainsi que l’apport de davantage de ressources que par le passé. Il est extrêmement important que les États parties maintiennent leur haut niveau d’engagement (...)" En même temps, les défis qui restent à relever sont maintenant plus évidents que jamais. Citons parmi les plus importants la volonté de sauver la vie à davantage de victimes d’accidents de mines et de faire en sorte que les survivants constatent de réelles améliorations au quotidien dans tous les pays les plus touchés par le fléau des mines. La vision de notre Présidente norvégienne et la douloureuse expérience de notre pays hôte, la Colombie, nous ont engagés à placer l’assistance aux victimes au cœur de ce Sommet et des plans prévus pour les cinq prochaines années.
Pour relever le défi lancé par la Présidence et la Colombie, le CICR et la Croix-Rouge de Norvège ont organisé, en juin de cette année, une réunion internationale rassemblant des survivants et des professionnels de l’assistance aux victimes. La réunion a débouché sur un appel adressé à cette Conférence d’examen, appel qui conclut que, bien que le nombre total de nouvelles victimes de mines terrestres ait diminué au niveau mondial et subi une baisse spectaculaire dans les pays parties à la Convention, beaucoup trop de blessés meurent toujours sur le lieu de l’accident ou pendant leur long transfert vers un service d’urgence situé à des kilomètres. Cet appel nous révèle également que la plupart des survivants n’ont encore vu aucune amélioration substantielle de leur vie quotidienne ou de l’accès aux soins de santé, à la réadaptation physique, à un soutien psychosocial, aux services sociaux, à l’éducation et à l’emploi. "Le CICR se réjouit des engagements fermes qui ont été pris en faveur des victimes. Néanmoins, la tâche la plus difficile, à savoir traduire les paroles en résultats tangibles, n’est pas encore accomplie." Parmi les défis actuels qui se posent en matière d’assistance aux victimes, de déminage et de destruction des stocks, le plus courant est le manque de ressources, tant au niveau national qu’au niveau international.
Ainsi, pour obtenir des résultats dans ces différents domaines, il sera nécessaire de trouver plus de moyens, et aussi de mieux utiliser ceux qui sont déjà disponibles. Pour ce faire, une réflexion collective sera indispensable pour voir comment mobiliser des ressources aux niveaux national et international, compte tenu des difficultés financières présentes. Il faudra aussi évaluer les implications de la tendance actuelle à ne plus affecter de fonds spécifiquement à la lutte contre les mines. Un Comité permanent chargé des ressources, encore à créer, pourrait contribuer à relever cet important défi et à renforcer les partenariats entre les États touchés et les donateurs au cours des années à venir. |