21-03-2007 Éclairage Népal : l’eau nécessaire à la survie revient et l’espoir renaît Malgré un passé glorieux en tant que capitale d'un puissant royaume, Jumla est aujourd'hui un des districts les plus pauvres et les moins développés du Népal, touché qu’il est en profondeur par les effets d’une décennie de guerre civile. Ses villages accusent une mortalité infantile très élevée en raison de mauvaises conditions sanitaires et du manque d'eau potable. © CICR / Jon Bjorgvinsson / np-e-00061
« Sept des dix enfants que nous avons eus sont morts à la naissance, les uns après les autres. J'ignore pourquoi. Nous n'aimons pas cette maison ; elle doit avoir été construite à un endroit peu propice. Il faut que nous nous en allions, que nous quittions le village », se lamente cet habitant de Seri Bazaar, un village isolé situé dans les montagnes de l’ouest du Népal. Les ingénieurs du CICR qui séjournaient aux côtés de ce villageois et des siens, n’avaient que peu de raisons objectives à opposer cet homme pour lui expliquer pourquoi sa famille vivait un tel calvaire, si ce n’est que les mauvaises conditions sanitaires et le manque d’eau potable étaient probablement à l’origine du décès des bébés.
Seri Bazaar est un village du district de Jumla, l'un des plus isolés des hautes montagnes népalaises. La plupart des agglomérations de ce district sont situées au-dessus de 2 000 mètres d’altitude, éparpillées le long d’une large vallée formée par la rivière Tila, qui traverse le district d’est en ouest. Séparé de la plaine par une série d'imposantes chaînes de montagnes, le district de Jumla est coupé du reste du pays. Il n’est desservi par aucune route, et le seul moyen d’atteindre son chef-lieu, si l'on veut éviter une marche d'une semaine à travers les cols de montagne, est l’avion. Seri Bazaar se trouve à huit heures de marche du chef-lieu de district, ce qui donne une idée du total isolement dans lequel vivent ses habitants. © CICR
La vie est rythmée par les corvées d’eau et de bois, deux ressources précieuses dans ces montagnes arides.
Après sa première visite dans le village, le CICR a décidé de prendre des mesures immédiates pour améliorer les conditions de vie des habitants. Avec le concours des villageois et de la Croix-Rouge du Népal, des ingénieurs et des techniciens du CICR ont ainsi construit un tout nouveau système d’approvisionnement du village en eau potable. Lors de sa mission d’évaluation, l'équipe avait exploré un canyon qui s'avançait profondément dans les montagnes, sur l'autre rive de la rivière. Guidés par des habitants de la région, les délégués y ont découvert une source d'eau pure jaillissant de dessous un rocher. Une canalisation a été installée pour amener cette eau au village à travers des falaises escarpées et des terrains accidentés. L'équipe du CICR a également construit des latrines pour l'école du village afin d'améliorer les conditions sanitaires. |