Publication CICR 2004 réf. 0840 Répondre aux besoins des femmes affectées par les conflits armés : un guide pratique du CICR ![]() Complétant l’étude du CICR Les femmes face à la guerre, il a pour objet de traduire en termes pratiques les conclusions de l’étude. Destiné au personnel chargé de la planification et de la mise en œuvre de programmes humanitaires, ce document est conçu comme un moyen pour le CICR d’échanger avec d’autres organisations les données d’expérience qu’il a acquises en la matière. C’est un outil de référence important qui peut apporter des réponses pratiques aux besoins des femmes et qui met en évidence les meilleures pratiques et les enseignements tirés. CICR, Genève, 2004, 207 p, A5, français, anglais / Prix CHF 12,- / réf. 0840 Résumé Conformément à la résolution 1 de la XXVIIe Conférence Internationale, le CICR a rédigé un guide pratique sur les besoins en matière de protection et assistance des femmes affectées par les conflits armés (objectif final 1.1, mesure 8 du Plan d’action pour les années 2000-2003). Ce document complète la publication du CICR Les femmes face à la guerre (2001), fruit d’une étude menée pendant trois ans sur les conséquences des conflits armés pour les femmes. Il donne en effet des orientations quant à la mise en œuvre effective des recommandations formulées à l’issue de cette étude.
L’organisation par thème du document de référence reflète une conclusion fondamentale de l’étude Les femmes face à la guerre, à savoir que le vécu des femmes confrontées à un conflit armé présente de multiples facettes, telles que la détention, l’isolement, la perte de proches, l’insécurité physique et économique, diverses sortes de privations, et le risque accru de subir des violences sexuelles, d’être blessées ou même tuées. L’étude et le guide pratique s’appliquent aussi à montrer que, si les femmes sont exposées à des risques liés au déclenchement des hostilités, elles ne sont pas nécessairement et inévitablement des victimes. Partout dans le monde, les femmes mènent aussi, lors de conflit armé, des activités sociales, professionnelles, publiques ou politiques, et peuvent servir dans les forces armées, de sécurité ou de police. Le guide pratique propose un large éventail de mesures et d’activités opérationnelles visant à atténuer les effets des conflits armés sur les femmes. Ces suggestions sont fondées sur les expériences et enseignements sur les besoins des femmes en matière de protection et d'assistance dans les situations de conflits armés. Chaque thème est introduit par une brève information générale permettant au lecteur de mieux se concentrer sur les conseils pratiques plutôt que sur des descriptions trop longues des problèmes, lesquelles sont aisément accessibles dans d'autres textes. Suivent un résumé des éléments clés à prendre en considération lors de la mise en oeuvre des programmes en faveur des femmes, et les pièges à éviter. Le document donne ensuite une vue d’ensemble des règles juridiques pertinentes, tant générales que spécifiques, qui protègent les femmes affectées par un conflit armé. Chaque thème est illustré par des exemples pratiques qui facilitent la compréhension du problème en le plaçant dans un contexte réel. Le lecteur peut comparer un scénario donné avec des situations auxquelles il est confronté, et s'en servir comme base pour élaborer des stratégies appropriées. Les exemples prennent appui sur des situations réelles rencontrées dans le cadre des opérations du CICR ou lors des recherches réalisées pour l’étude Les femmes face à la guerre. Ce manuel devrait aider à planifier et mettre en oeuvre des activités qui soient sensibles aux besoins spécifiques des femmes en prenant en compte:
Pour s'assurer que les femmes affectées par un conflit armé soient au mieux protégées et assistées, il est impératif de connaître et comprendre les lois qui les protègent. Le droit international, en particulier le droit international humanitaire, le droit relatif aux réfugiés et aux droits de l’homme, répond de façon adéquate aux besoins des femmes en temps de guerre. Le guide pratique se fonde sur le principe que le sort des femmes peut être amélioré si le droit international humanitaire est respecté à l’égard des combattants et des non-combattants, hommes et femmes. Le défi consiste à mettre en pratique le droit applicable, en veillant à ce que les règles existantes soient respectées. D’un point de vue opérationnel, plusieurs dispositions peuvent être prises pour maximiser la protection que le droit accorde aux femmes dans les situations de conflit armé. On peut notamment promouvoir la connaissance du droit international humanitaire auprès de toutes les parties au conflit, contrôler et encourager le respect du droit, et mettre l’accent sur la protection générale et spécifique que le droit international humanitaire offre aux femmes. La communication et le dialogue avec les parties au conflit doivent être utilisés pour attirer l’attention des belligérants sur les problèmes spécifiques aux femmes, dans le but de favoriser la prise de mesures destinées à prévenir les violations et à y mettre fin. Il faut instruire le personnel humanitaire et plus généralement ceux qui travaillent à la planification, au financement et l'élaboration de programmes, sur les règles de droit existantes, afin qu’ils puissent user d’arguments convaincants en faveur de la protection des femmes. Il doit être compris que l’obligation légale de respecter l’intégrité physique et psychologique ainsi que la dignité des femmes fait partie intégrante des Conventions de Genève, de leurs Protocoles additionnels et des instruments relatifs aux droits de l’homme. La connaissance du droit peut être utilisée pour renforcer la protection des femmes, car elle permet de diffuser le droit et d’en promouvoir la mise en œuvre. Afin d’améliorer la diffusion des règles du droit humanitaire qui se rapportent aux femmes, il est important de souligner systématiquement l’interdiction de toute forme de violence ou de menace de violence contre la population civile, notamment la violence sexuelle. Cette règle devrait être introduite dans les règlements militaires, les manuels de formation et les instructions données aux porteurs d’armes. Il est essentiel de faire savoir que toute forme de violence sexuelle est strictement interdite en toutes circonstances, et que c’est l’auteur de ce crime qui est déshonoré et non la victime ou sa famille. En outre, les publications distribuées aux porteurs d’armes, aux forces d’imposition de la paix et au personnel d’appui doivent représenter les femmes et les hommes dans les différents rôles qu'ils peuvent assumer. Par exemple, présenter presque systématiquement les hommes comme des combattants et les femmes comme victimes ou bénéficiaires de l’assistance, c’est oublier que, souvent, les hommes sont des civils et que les femmes peuvent aussi prendre part activement aux combats ou être privées de liberté. L'utilisation de techniques efficaces pour enquêter sur les violations et les documenter renforce la capacité des organisations humanitaires et leur permet de mieux cerner les besoins des femmes et d'analyser les violations de leurs droits. Il est essentiel notamment :
Il ressort de ce qui précède que le guide pratique insiste sur des réponses concrètes aux besoins des femmes. Les lecteurs qui souhaitent aborder cette question de façon plus théorique ou recherchent des informations plus exhaustives sur les dispositions du droit international protégeant les femmes confrontées à une situation de conflit armé, sont invités à consulter des études telles que Les femmes face à la guerre. Des informations sur d'autre matériel de référence sur le sujet sont mentionnées à la fin du guide pratique. |