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6-07-2009  Le point sur les activités  
Soudan : distribution de semences et rétablissement des liens familiaux
Le CICR maintient ses efforts pour fournir un soutien à la population du Darfour et du Sud-Soudan durement touchée par les conséquences du conflit armé. Compte rendu de certaines de ses principales activités menées en juin 2009.

Fin de la campagne de distribution de semences et d'outils au Darfour Sud

Le CICR a achevé sa distribution de semences et d'outils au Darfour Sud avec un dernier passage dans la localité de Shiiriyya, zone fortement touchée par les affrontements armés en janvier dernier. Des milliers de personnes avaient alors été déplacées dans une région déjà frappée par une maigre récolte l'an dernier.

À Labadu et Muhajiriyya, le CICR a distribué 226,35 tonnes de semences d'arachide, de millet, de sorgho, de gombo et de pastèque, ainsi que des charrues à âne, des jarrayas (houes locales) et des râteaux, à 54 000 personnes (9 000 familles) afin de les aider à reprendre leur activité agricole après qu'elles eurent été forcées à vendre leurs réserves de semences pour survivre.

« La distribution vise à aider les gens à être de nouveau autosuffisants et à améliorer leur alimentation », explique Viviana Jimenez, spécialiste de la sécurité économique au CICR et basée à Nyala, Darfour Sud. « Tout surplus résultant de bonnes conditions de récolte pourra être vendu, et les recettes seront utilisées pour couvrir d'autres besoins qu'ont les familles. »

Parmi les familles qui ont bénéficié d'une assistance, plus d'un millier venaient de rentrer à Muhajiriyya après avoir passé près de trois ans dans des camps déplacement.

L'an dernier, avant le début de la saison des pluies, le CICR avait distribué des semences et des outils à 260 000 personnes (43 000 familles) dans tout le Darfour afin de soutenir leur activité agricole, qui constitue leur principale source de revenu. Cette année, une distribution encore plus importante a eu lieu en faveur de quelque 400 000 personnes (65 000 familles) pour atteindre les plus vulnérables, y compris dans les villages reculés touchés par la violence armée, où aucune autre organisation humanitaire n'a accès. Des zones du Darfour Sud, telles que la région de Bulbul et des villages de la localité de Buram, autour de Gereida, ont pour la première fois été comprises dans la distribution.

Le CICR travaille à Nyala depuis 2004 afin de répondre aux besoins d'assistance humanitaire générés par le conflit armé au Darfour. Ses activités visent à soutenir les victimes du conflit et à faire connaître les règles du droit international humanitaire. L'institution travaille en étroit partenariat avec le Croissant-Rouge soudanais.


Rétablissement des liens familiaux en faveur des détenus

Au Kordofan-Nord, une mère a eu du mal à croire que son fils était encore en vie. En effet, celui-ci avait disparu deux ans auparavant au Darfour Nord, et sa famille, qui l'avait cru mort, avait célébré ses funérailles avec la communauté pour essayer de faire son deuil.

Tout a changé le 22 juin quand un véhicule du CICR s'est arrêté devant la maison familiale. « Au début, la mère a eu peur ; elle craignait qu'on lui apporte d'autres mauvaises nouvelles », raconte Valérie Preisner, déléguée du CICR, qui avait roulé pendant huit heures pour lui apporter un message Croix-Rouge de son fils encore en vie.

Le jeune homme est détenu par un groupe armé au Darfour. « La mère et les autres membres de la famille n'arrivaient pas à croire que le garçon était encore en vie, même après avoir vu son message écrit à la main », ajoute la déléguée.

Il avait disparu deux ans plus tôt tandis qu'il faisait paître son troupeau près du village d'Alhawar, à proximité de la frontière du Kordofan-Nord avec le Darfour Nord. La famille avait découvert plus tard qu'il avait été arrêté par un groupe armé du Darfour.

En mars, dans le cadre du programme réalisé par l'institution au Darfour en vue d'évaluer les conditions de détention et de rétablir les liens familiaux en faveur des détenus, un délégué du CICR avait visité le jeune homme détenu. Puis il a fallu plus de trois mois pour retrouver sa famille et transmettre sa lettre.

« Ça a été une rencontre émotionnelle après un très long voyage », se souvient Ahmad Omar, collaborateur local du CICR et membre de l'équipe du CICR qui a visité la famille. « Voyant la mère pleurer, je me suis mis à pleurer, moi aussi. Mais nos efforts ont été récompensés. Maintenant, elle a retrouvé l'espoir de revoir un jour son fils. »

Enfants congolais réunis avec leurs proches

©ICRC/S.Khoudja
Des enfants réfugiés non accompagnés font la file pour embarquer à bord d’un avion à l’aéroport de Yambio, au Sud Soudan. Ils seront conduits à Dungu en République démocratique du Congo pour être réunis avec leurs familles.
Le 16 juin, le CICR a ramené par avion 14 enfants congolais de Yambio, au Soudan, à Dungu, en République démocratique du Congo (RDC), pour les réunir avec leur famille.

Les enfants avaient été séparés de leur famille alors qu'ils fuyaient la situation de violence dans la région du Haut Uélé (nord-est de la RDC), à la fin de l'année dernière.

Ce regroupement familial a été le résultat d'efforts conjoints entre le CICR, le Croissant-Rouge soudanais et la Croix-Rouge de la République démocratique du Congo.

Le CICR et le Croissant-Rouge soudanais avaient enregistré les enfants à leur arrivée à Yambio, au début de l'année 2009, et avaient fourni un abri, de la nourriture, de l'eau et des articles de divertissement à ceux qui n'avaient pas trouvé de famille d'accueil. Le CICR a commencé à rechercher leurs parents ou des membres de leur famille proche. Il a recueilli les informations nécessaires, qu'il a ensuite transmises à la Croix-Rouge de la RDC.

Avec le soutien du CICR, des volontaires de cette Société nationale ont recherché les proches de ces enfants. Lorsque des membres de leur famille étaient retrouvés, ils écrivaient un message Croix-Rouge (bref message contenant des nouvelles de la famille) à l'enfant concerné et demandaient à ce qu'il soit ramené en RDC. Dès que l'enfant donnait son accord pour rentrer au pays, le CICR, le Croissant-Rouge soudanais et la Croix-Rouge de la RDC prenaient des dispositions pour le faire rentrer chez lui.

Le rétablissement des liens familiaux en temps de conflit armé est une des priorités du CICR et du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Recevoir des nouvelles de proches portés disparus est un soulagement dans des moments difficiles. Pour les plus vulnérables, tels que les enfants, c'est la première étape du retour dans leur famille. Lorsque la situation familiale et les conditions de sécurité le permettent, le CICR facilite les regroupements familiaux tels que ceux qui ont eu lieu dernièrement en RDC.

Cette mission n'est pas encore terminée ; en effet, un certain nombre d'enfants congolais attendent toujours, à Yambio, que leurs proches soient retrouvés.

Cependant, pour l'un d'entre eux, l'attente a pris fin le 27 juin quand son père a parcouru 90 kilomètres de Faradje, ville congolaise près de la frontière avec le Soudan, à Lasu, au Sud-Soudan, pour venir le chercher. L'enfant, qui avait échappé à un enlèvement en février dernier, avait été enregistré par le CICR et confié à une famille de réfugiés congolais à Yambio.

Lorsque la famille d'accueil a décidé de rentrer en RDC, le CICR a lancé une grande opération de recherche, avec l'aide de volontaires du Croissant-Rouge soudanais, qui a mené à Lasu, où un commerçant congolais qui traversait souvent la frontière a reconnu le garçon. Peu après, le contact a été établi avec le père de l'enfant via un opérateur de téléphonie mobile à Faradje, mettant ainsi fin aux recherches du père, qui duraient depuis trois mois.

Le CICR a transporté l'enfant de Yambio à Juba, puis Yei, et finalement de Yei à Lasu, avant de le remettre à son père. « L'enfant a été traumatisé par les événements qui se sont déroulés ces derniers mois », a commenté Daniel Corthesy, délégué du CICR qui l'accompagnait et qui a assisté aux retrouvailles. « Il a eu du mal à comprendre et à croire qu'il rentrait enfin au sein de sa famille. »



Informations complémentaires :
Saleh Dabbakeh, CICR Khartoum, tél. : +249 91 213 77 64 ou +249 1 83 476 464
Anna Schaaf, CICR Genève, tél. : +41 22 730 22 71 ou +41 79 217 32 17


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6-07-2009