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10-03-2008 Le point sur les activités Tchad: activités du CICR de septembre à décembre 2007 Aperçu des activités menées par le CICR au Tchad durant les derniers mois de l'année 2007. Situation humanitaire Les derniers mois de l'année 2007 ont été marqués par la reprise des hostilités à l'est du Tchad et par une augmentation significative des tensions. Bien que les civils aient été, de manière générale, épargnés par les combats qui ont opposé fin novembre et début décembre 2007 l'armée nationale du Tchad à des groupes d'opposition armés, des tensions intercommunautaires ont affecté la stabilité de villages entiers. Par ailleurs, les restes explosifs de guerre, qui jonchent encore certaines des zones où se sont déroulés les combats, représentent un risque pour les populations civiles et pourraient affecter leur capacité à continuer à vivre et travailler en sécurité. Protection Détention
Les équipes du CICR ont visités près de 4'000 détenus, dont plus de 500 ont été suivis individuellement, dans 71 lieux de détention. Les délégués du CICR se sont entretenus en privé avec les détenus afin d'évaluer leurs conditions de détention et formuler des recommandations aux autorités.
Restauration des liens familiaux Les services de l'agence de recherches familiales se sont poursuivis dans les douze camps de réfugiés soudanais situés à l'est du Tchad. Ces services permettent aux familles séparées de maintenir ou de rétablir le contact grâce à la mise à disposition et la distribution de messages Croix-Rouge, et, lorsque cela est nécessaire, de réunir avec leur famille des enfants identifiés comme étant séparés ou non accompagnés. Assistance Distribution d'assistance en vivres et en biens essentiels de ménage Le CICR poursuit ses actions visant à soutenir les personnes affectées par le conflit qui sévit dans la région du Tchad oriental. Plus de 11'000 personnes ont reçu une aide alimentaire à Dogdoré, dans le Dar Sila : pour prévenir le déplacement de personnes déjà affectées par les violences qu'ont connues leurs communautés, les équipes du CICR ont procédé à la distribution de 2'400 kg de sorgho, 800 kg de haricots, 400 litres d'huile végétale, 9 kg de sel et 150 kg de sucre. En effet, l'épuisement des récoltes, la diminution de la possibilité d'entraide qui s'en est suivie ainsi que la pénurie de biens matériels pouvant servir de monnaie d'échange sur le marché local sont autant de facteurs qui auraient pu causer un déplacement. Le CICR, conscient du risque de déséquilibre socio-économique que comporte des distributions alimentaires qui se substitueraient complètement aux mécanismes de survie des populations déplacées, soutient les initiatives de celles-ci pour subvenir elles-mêmes à leurs besoins, mais reste également attentif aux besoins particuliers de ménages vulnérables pour lesquels le soutien du CICR reste essentiel.
Approvisionnement en eau potable
Le CICR intervient dans l'approvisionnement en eau potable en faveur des populations des zones urbaines et/ou rurales touchées, soit directement ou indirectement, par le conflit.
Prise en charge de blessés de guerre Suite à la reprise des hostilités en novembre et décembre 2007 et à l'afflux de blessés vers l'hôpital d'Abéché, les ingénieurs du CICR ont réalisé des travaux visant à augmenter les capacités de prise en charge de cet hôpital et à améliorer son approvisionnement en eau. Une rampe de distribution pouvant produire jusqu'à 100 litres d'eau a été installée. Le système électrique de neuf chambres a également été réparé, et 25 lits équipés de moustiquaires. L'hôpital bénéficie également à présent d'un incinérateur.
A la fin de l'année 2007, lors des affrontements à l'Est du Tchad, les structures de santé militaires à N'Djamena ont fait face à un afflux d'environ 550 blessés en deux semaines. Les cas les plus sévères été rapidement répartis entre l'hôpital militaire, l'hôpital de la Liberté et la Base militaire Française. A la Liberté 48 blessés sévères ont été admis, et les équipes chirurgicales tchadiennes et du CICR ont réalisé 76 opérations. A l'hôpital d'Abéché, où les blesses transitaient, une deuxième équipe chirurgicale du CICR a été déployée. Cette équipe a conduit 37 opérations sur des blessés provenant aussi bien de l'armée gouvernementale que des troupes rebelles. Le CICR a également distribué une assistance ad hoc en matériel chirurgical et en médicaments à diverses structures médicales de l'est et de N'Djamena.
Prévention des violations du droit international humanitaire
Des équipes du CICR ont poursuivi leurs efforts visant à faire connaître l'institution ainsi que les règles du droit international humanitaire qui protègent les civils en temps de conflits armés. Des séances d'information destinées à des soldats, gendarmes, policiers, chefs traditionnels, étudiants, autorités politiques etc. ont été régulièrement organisées tant à N'Djaména, Koundoul, que dans diverses localités de l'est du Tchad.
D'autre part, le CICR a continué à soutenir les efforts des autorités tchadiennes visant à intégrer le droit international humanitaire dans la législation nationale, la pratique et les procédures des forces armées et de sécurité. Coopération avec la Croix Rouge du Tchad Le CICR a poursuivi son soutien à la Croix-Rouge du Tchad dans la préparation à la gestion de catastrophe, la diffusion des principes fondamentaux et le rétablissement des liens familiaux. En octobre 2007, le CICR a également soutenu la mise en place par le comité régional de Adé d'un système d'évacuation et de transport des malades et des blessés adaptés aux conditions de ce milieu rural. Ce système simple, qui consiste en une charrette tirée par un cheval est né de l'inventivité et des capacités d'adaptation des volontaires d'Adé et a été baptisé Mobile Zéro. Il contribue de manière significative à une meilleure prise en charge des malades dans cette région où leur transfert vers les structures sanitaires reste difficile. La Croix-Rouge du Tchad a également joué un rôle important dans l'évacuation, le triage et la prise en charge des personnes blessées suite aux combats des mois de novembre et décembre 2007. Les volontaires de la Croix-Rouge du Tchad ont, dans ces circonstances difficiles, démontré leur attachement aux principes du Mouvement notamment l'impartialité, en s'attachant à secourir sans distinction aucune les personnes blessées, qu'elles soient de l'opposition ou de l'armée régulière. La prise en charge des enfants suite à l'affaire Arche de Zoé Le 25 octobre 2007, des membres d'une organisation connue sous le nom d'''Arche de Zoé'' ont été arrêtés alors qu'ils s'apprêtaient à quitter le pays en compagnie de 103 enfants. Les enfants ont alors été placés par les autorités tchadiennes dans un centre en attendant qu'une solution en soit trouvée. Le CICR, la Croix-Rouge du Tchad ainsi que d'autres organisations humanitaires apportent leur soutien aux autorités afin de s'assurer que les besoins vitaux de ces enfants soient couverts. C'est ainsi que les équipes ont fourni des articles d'hygiène, de literie et de la nourriture au centre les hébergeant. Le CICR est disposé à offrir l'appui et l'expertise de son agence de recherches familiales pour soutenir les efforts visant à réunir les enfants, dont l'origine aura été déterminée par les autorités compétentes, avec leurs proches résidents au Soudan. |