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Côte d’Ivoire : épurer les eaux usées pour combattre les maladies

12-08-2010 Éclairage

Située dans le nord de la Côte d'Ivoire, la ville de Korhogo a été touchée par la crise politico-militaire qui secoua le pays en 2002. Le CICR vient d'y installer un système d'épuration des eaux usées qui profite à un hôpital, à un centre de formation médicale, ainsi qu'aux riverains et aux maraîchers.

 
©CICR      
   
Bakary N'Golo Coulibaly, l'un des habitants du quartier Teguéré, à Korhogo : « Avant, il était difficile de vivre ici. L’air était constamment pollué par les émanations des eaux usées ». 
           
©CICR      
   
Pour les maraîchers soucieux d'irriguer leurs champs, le déversement d'une eau désormais bien traitée dans la rivière est une bonne nouvelle. 
           
©CICR      
   
Le système de lagunage est doté de trois bassins communiquant entre eux par un dispositif de tuyauterie. 
           

« Avant, il était difficile de vivre ici. L’air était constamment pollué par les émanations des eaux usées », explique Bakary N'Golo Coulibaly. « Nos maisons étaient envahies par les moustiques, à tel point que les enfants tombaient régulièrement malades. »

     

Bakary N'Golo Coulibaly est l'un des 750 habitants du quartier Teguéré. Ce quartier accueille le Centre hospitalier régional et l’Institut national de formation des agents de santé (INFAS), deux établissements de santé particulièrement importants – environ 300 patients et 400 étudiants et personnel médical au total.

Le CICR vient d'y achever la construction d'un système de traitement des eaux usées par lagunage – épuration naturelle des eaux basée sur la filtration végétale des substances nutritionnelles excessives.

Pour le docteur Jules Yao Kra, directeur général du Centre hospitalier régional, l'ouvrage est la solution à un véritable problème de santé publique : « L’ancien système de drainage déversait ses eaux et son corollaire d’ordures à ciel ouvert. Ces écoulements nauséabonds indisposaient tout le quartier. C’est une grande source d’épidémie et un réel motif de mécontentement pour les populations riveraines qui vient d'être supprimé ».    

  Les maraîchers applaudissent également  

Initialement opposés au déversement des eaux usées dans la rivière qui irrigue leurs cultures, les maraîchers ont finalement applaudi à la réali sation de l'ouvrage. Celui-ci représente désormais une source d'alimentation constante du cours d'eau, très souvent éprouvé par la saison sèche.

« Au début, nous avons craint pour notre production », reconnaît Sita Koné, productrice de légumes sur un terrain jouxtant la rivière. « Puis nous avons vu la qualité de cette eau recyclée à 90 %. Et les techniciens nous ont assuré qu'elle ne sera pas nocive pour nos cultures et, en plus, qu'elle contiendra des matières organiques qui fertiliseront davantage nos terres. On a alors adhéré au projet sans hésiter. »

Le système de lagunage (qui a nécessité un investissement de 70 millions de francs CFA) est doté de trois bassins communiquant entre eux par un dispositif de tuyauterie. Il permet un nettoyage progressif des eaux usées en provenance du Centre hospitalier régional et de l'INFAS.

Lors de l'inauguration du système en juin dernier, Sévérin Kramo, chef d’antenne de l'INFAS, a promis de tout mettre en œuvre pour assurer son entretien régulier : « Ainsi nous prévoyons d’atteindre la durée de vie prescrite par les concepteurs de l'ouvrage, soit 15 à 20 ans ».