Haïti : le CICR remet en état une prison nationale endommagée
19-02-2010 Éclairage
Dans les lieux de détention d’Haïti, où le taux de surpeuplement atteint parfois 80%, les détenus font face à des risques sanitaires accrus – une situation que les ravages provoqués par le séisme de janvier ont fortement aggravée. Le CICR intensifie les activités qu’il mène depuis des années dans les prisons pour améliorer le sort des détenus.
Le 5 février, le CICR a lancé une opération majeure de réhabilitation et de nettoyage dans le principal pénitencier national – appelé « prison civile » –, à Port-au-Prince, qui a été fortement endommagé lors du séisme du 12 janvier et est temporairement fermé.
Les travaux, effectués par des entreprises locales, devraient être terminés ces prochains jours. Ils comprennent la réparation du réseau d’approvisionnement en eau et du système d’alimentation électrique, la vidange et le nettoyage de huit fosses septiques bouchées, le nettoyage et la désinfection de quatre blocs de cellules, de l’infirmerie et de la cuisine, et la fourniture de poubelles pour les cours de la prison. Les travaux sont entrepris en étroite coopération avec la direction de la prison.
Une équipe de 30 ouvriers spécialisés dans l’assainissement a été engagée pour procéder aux nettoyages.
Des lits superposés ont été commandés pour les blocs afin que les détenus aient suffisamment d’espace dans chaque cellule, et 30 tonnes de vivres, notamment du riz, des haricots, du sel et de l’huile de cuisson, ont été livrées à la cuisine de la prison.
Heureusement, l’infirmerie de la prison, à laquelle le CICR fournit régulièrement des médicaments, n’a pas souffert du séisme et n’a pas de besoins supplémentaires pour l’instant.
Le suivi des lieux de détention est un aspect fondamental du travail du CICR, qui a pour mandat de s’assurer que les détenus du monde entier sont traités avec humanité. Un autre aspect également important est le soutien que le CICR peut apporter aux autorités détentrices, qui, en période de crise ou de guerre, ne peuvent pas fournir d e soins médicaux, ou certains produits de base comme la nourriture, l’eau ou les vêtements, aux prisonniers sous leur autorité.
« L’un des principaux objectifs des travaux que nous effectuons dans la prison civile, et que nous effectuerons ailleurs, est de garantir que les détenus ne soient pas logés dans des bâtiments rendus insalubres par le séisme », explique Martin Gauthier, coordonnateur « eau et habitat » du CICR en Haïti. « Par ailleurs, nous avons là l’occasion d’améliorer les conditions de vie et de faire en sorte que les détenus aient davantage d’espace. »
Le CICR est présent en Haïti depuis 1994 et effectue depuis dix ans des visites dans les prisons de tout le pays. Suite au récent séisme, la délégation a considérablement étendu ses activités. Actuellement, 30 expatriés et 88 collaborateurs locaux participent aux secours.
-
Partager
|

