Israël : un bébé naît sous le tir des roquettes
09-08-2006 Éclairage
Le tir des roquettes du Hezbollah sur le nord d’Israël a tué et blessé plusieurs civils depuis le début du conflit. Huri Salim, un technicien-ambulancier auprès du Magen David Adom, relate cette histoire de Haïfa.
Il n’est pas aisé de décrire un des déplacements que j’ai effectués ces derniers jours dans la ville. Les dernières semaines ont été dures. Il est difficile de s’adapter à travailler douze heures par jour dans une zone de guerre qui, il y a un mois à peine, était une ville israélienne normale.
J’ai l’habitude de travailler sous pression mais là c’est très différent. Et il n’est pas facile de s’habituer à soigner les patients alors que les sirènes retentissent et que les roquettes Katyusha pleuvent.
La nuit dernière, une de ces roquettes est tombée sur une maison d’habitation. Je fus appelé sur les lieux avec mes collègues de la station Magen David Adom du Carmel et trouvai une scène terrifiante : décombres, blessés ensanglantés et personnes souffrant de crises d’angoisse.
J’avais déjà commencé à soigner un homme, blessé au visage et brûlé aux jambes, lorsqu’un badaud me poussa en hurlant pour que je me rende auprès d’une autre victime en proie à une douleur extrême.
Je confiai le brûlé aux soins d’un coéquipier et partis porter secours. La femme dont on m’avait parlé était enceinte jusqu’au cou et souffrait de fortes douleurs abdominales. Alors que je vérifiais ses signes vitaux pour voir si la douleur était causée par un traumatisme ou la naissance de l’enfant, elle se mit à perdre les eaux. Le travail avait commencé plus tôt sous l’effet de la peur. Cette femme me confia que c’était son troisième enfant.
Je l’ai transportée aussi vite que possible à l’hôpital – à temps puisque le bébé est né dans le pavillon d’obstétrique de la maternité. Mais je ne pus rester et voir si cette femme avait donné naissance à un garçon ou une fille – je me précipitais déjà vers d’autres lieux de Haïfa frappés par des tirs.
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