Le chemin de Solferino
29-06-2009 Éclairage de Jean-François Berger
Du 23 au 28 juin, des milliers de personnes du Mouvement fondé par Henry Dunant voici 150 ans se sont retrouvés sur les lieux de la bataille de Solferino en Italie. Un grand moment d’émotion mêlant subtilement histoire, convivialité et réflexion.
- Solférino 2009 en images :
- collection 1;
- Calendrier des événements à Solferino
©ICRC/J.F. BergerJames Ogiehor, administrateur de la Croix-Rouge du Nigeria.©ICRC/J.F. BergerSolferino n'a pas de secret pour François Bugnion, ancien directeur du droit au CICR.©ICRC/J.F. BergerLeusel Meyer, chef secouriste de la Croix-Rouge allemande à Püttlingen dans le district de Saarbrücken.©ICRC/J.F. BergerLes marcheurs de la Fiaccolata dans la descente de la Piazza Castello.
« Impossible de compter le nombre de personnes que j’ai rencontrées ici depuis que je suis arrivé à Solferino ! », observe James Ogiehor, administrateur de la Croix-Rouge nigériane à Abuja qui foule pour la première fois de sa vie le sol européen. « Je suis très impressionné par l’organisation du camp, l’accueil est extraordinaire… ! »
Difficile d’imaginer en déambulant au milieu des tentes et des centaines de bus et de camions marqués des signes de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge que c’est précisément sur ce terrain que se sont entretuées pendant quinze heures de combat les armées franco-sardes et autrichiennes un certain 24 juin 1859. « Ce qu’il y a d’étonnant, c’est que jusqu’à la veille de la bataille, chacune des deux armées totalisant 300 000 hommes ignorait complètement la présence de l’autre… », relève François Bugnion, ancien directeur du droit au CICR qui pilote un groupe de collaborateurs de Genève venu explorer ces lieux historiques en suivant les traces d’Henry Dunant.
Une cinquantaine de grandes tentes ont été mises à la disposition des participants des Sociétés nationales. Parmi ceux-ci, Leusel Meyer, grand collectionneur d’objets Croix-Rouge et chef secouriste de la branche de la Croix-Rouge allemande de Püttlingen. « C’est extraordinaire ce que l’on peut éprouver ici… comme par exemple rencontrer des représentants du Croissant-Rouge palestinien et du Magen David Adom israélien à la même table ! ». Solenn Crepaux, une Française de 26 ans qui fait partie d’un échange de volontaires des Croix-Rouge f rançaise et allemande va dans le même sens que Leusel. « Ce qui me séduit par dessus tout, c’est cette absence de frontières qui illustre si concrètement le respect de l’autre ! » Un respect que Jean-Marie Henckaerts, délégué juriste du CICR à Genève, a vécu à sa manière lorsqu’il est arrivé vendredi après-midi au campement sous les ovations au sein de son groupe de marcheurs partis de la ville de Dunant cinq jours auparavant. Soit la bagatelle de 500 km, répartis en tranches quotidiennes de 20 km quotidien par coureur. Ils ont effectué la dernière étape en compagnie d’un autre groupe de coureurs appartenant à la Croix-Rouge française et parti de Paris en début de semaine. « Je n’oublierai pas de sitôt l’accueil qui nous a été offert… ».
Durant cette marche de plus de deux heures sous un ciel partiellement étoilé, chacun a l’occasion de mesurer le chemin parcouru depuis 150 ans par le Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.
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