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Somalie : la difficile prise en charge des blessés qui affluent en masse dans les zones en conflit

07-04-2010 Éclairage

Gérer un afflux massif de blessés de guerre est un défi pour n'importe quel hôpital au monde : le personnel médical doit faire des choix difficiles et décider quels sont les blessés qui vont bénéficier en priorité de ressources et de soins chirurgicaux si précieux. En Somalie, les conditions sont encore plus difficiles, car après dix ans de guerre civile, le système de santé s'est effondré et le pays ne compte que peu de médecins qualifiés et de structures de santé pouvant encore fonctionner.

     
    ©ICRC      
   
    Galkayo, Puntland, Somalie. Photo de groupe des 25 médecins et infirmiers des régions en conflit du centre et du sud de la Somalie qui ont participé au séminaire sur la chirurgie de guerre.      
           

       
    ©ICRC      
   
    Galkayo, Puntland. Séminaire sur la chirurgie de guerre et la gestion des afflux massifs de blessés de guerre dans les régions déchirées de la Somalie.      
           

« Dans un contexte tel que celui qui prévaut en Somalie, où règnent l'instabilité et l'insécurité, le personnel médical qui travaille dans les quelques hôpitaux restants est soumis à une pression énorme », explique Valery Sasin, coordonnateur des activités médicales du CICR en Somalie. « Lorsque des affrontements éclatent, il doit faire face à un afflux massif de patients, alors que les ressources sont très limitées. En tant que chirurgien, vous devez avoir une formation solide pour être capable de faire votre travail dans des conditions aussi dures, qui viennent s'ajouter au stress et au danger d’une zone de conflit. »

Les 21 et 22 mars, une équipe médicale du CICR a invité 25 médecins somaliens au centre médical de Galkayo afin qu'ils puissent discuter de leurs expériences et renforcer leurs compétences en matière de prise en charge des blessés et de gestion des situations d'afflux massifs de blessés de guerre, notamment pour le triage. Les chirurgiens participants provenaient tous des régions déchirées par la guerre du centre et du sud de la Somalie, ainsi que du Puntland. La délégation du CICR en Somalie organise ces séminaires sur la chirurgie de guerre afin que les médecins opérant dans des circonstances aussi difficiles puissent améliorer leur prise en charge des patients souffrant de blessures traumatiques. Le séminaire a préparé les participants à la formation pratique en chirurgie de guerre que le CICR organisera dans les mois à venir.

« Le séminaire m'a été très utile pour rafraîchir mes connaissances en matière de prise en charge des blessés de guerre », déclare le Dr Taajir, chef du service de chirurgie de l'hôpital Keysaney à Mogadiscio, dirigé par le Croissant-Rouge de Somalie. « Mais il va aussi me permettre, à mon retour, de former mon personnel à l'hôpital, ce qui multipliera l'impact positif du séminaire, en particulier auprès des jeunes médecins et du personnel infirmier somaliens. »

Près de 1 000 blessés dans les hôpitaux de la région à la suite des récents combats à Mogadiscio

La Somalie est en proie à des affrontements depuis presque vingt ans. L'insécurité et la violence contraignent toujours des millions de personnes à s’enfuir de chez elles. Lors de la récente recrudescence des confrontations armées à Mogadiscio, un nombre incalculable de civils a de nouveau payé un lourd tribut. Depuis le début de l'année 2010, les seuls hôpitaux de Mogadiscio ont traité près de 1 000 victimes du conflit, principalement des patients blessés par balle, par des éclats d'obus ou dans l'explosion d'une bombe. Presque un tiers d'entre eux sont des femmes ou des enfants de moins de 15 ans.

« En chirurgie de guerre, il est très important d'échanger ses expériences avec des collègues, et nous n'avons pas souvent l'occasion de le faire dans notre travail à Mogadiscio », ajoute le Dr Taajir.

Selon Valery Sasin, « la philosophie qui sous-tend l'approche du CICR repose sur le principe de l'adéquation ; ce qui est adéquat dans un contexte ne l'est pas forcément dans un autre, et la clé de la réussite est de trouver la réponse juste – adéquate – à une situation donnée ». « Ainsi, la réussite dépend également des échanges d’expériences en chirurgie, ainsi que des ressources humaines et de la technologie disponibles. »

Dans le cadre de son programme global de santé en Somalie, le CICR soutient 36 dispensaires gérés par le Croissant-Rouge de Somalie, ainsi que deux hôpitaux à Mogadiscio, dont l'un est géré par la Société nationale et l'autre est à base communautaire. Le CICR fournit à ces structures des équipements chirurgicaux et des médicaments, et il dispense des formations à l'intention des médecins et du personnel infirmier. Les dispensaires et les hôpitaux acceptent tous les patients, indépendamment du clan et de la religion auxquels ils appartiennent, ou de leurs activités politiques.

Le CICR fournit une assistance humanitaire à la population somalienne depuis 1978, travaillant en étroite coopération avec le Croissant-Rouge de Somalie.