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République Démocratique du Congo : aide aux victimes du crash aérien de Kisangani

29-07-2011 Interview

Plus de 70 personnes ont perdu la vie et 47 ont été blessées dans l'accident d'avion du 8 juillet dernier à proximité de la piste de l’aéroport de Kisangani, en République Démocratique du Congo. Aubin Omalokoho Lopaka, en charge de la gestion des catastrophes à la Croix-Rouge de la République Démocratique du Congo (CRRDC) à Kisangani était au cœur des opérations de secours et décrit le travail de la CRRDC dans cette tragédie.

Comment se sont déroulées les premières heures de l'opération de secours ?

Dès que nous avons été informés du crash, nous avons déployé des volontaires de la CRRDC sur place pour porter secours aux victimes de l'accident. D'autres organisations comme MSF se sont également rendues actives. Plus de 100 volontaires de la CRRDC ont été repartis dans différentes équipes. La première action a été d'acheminer d'urgence les blessés vers les structures médicales de la ville de Kisangani, à plus de 17 km de l'aéroport.

Qu'à fait la CRRDC pour aider les familles des victimes ?

Ce sont des moments très douloureux pour les familles. Nous avons mis en place un dispositif d'encadrement, du moment de l'identification des corps jusqu'à leur inhumation.

Les dépouilles ont été emmenées à la morgue, où les volontaires ont enregistré les familles qui recherchaient les corps de leurs proches et récolté auprès d'elles des éléments permettant une identification. Il était parfois difficile de reconnaître les corps et cela alimentait davantage l'angoisse des personnes venues chercher un membre de leur famille. Nous avons pris des photos pour faciliter l'identification des cadavres.

Au total, les volontaires ont évacué plus de 70 corps. Près de 30 corps ont été identifiés et récupérés par les membres de leurs familles et 42 corps ont été inhumés dans le site dédié aux victimes du crash d’avion, situé à quelques mètres du bureau provincial de la Croix-Rouge. Le travail de nos équipes de volontaires a été intense et la mobilisation très forte.

Est-il courant pour la CRRDC de gérer les dépouilles mortelles ?

Oui, et nos volontaires sont formés à le faire. Si les conditions le permettent, ce sont eux qui se déploient lors d'une catastrophe naturelle (glissement de terrain, éruption volcanique, etc.) ou d'un accident (crash, naufrage, incendie, etc.). Les équipes de la CRRDC se rendent immédiatement sur place pour porter secours aux rescapés, les évacuer vers une structure médicale puis collecter, identifier, mettre en bière voire inhumer les victimes.

Comment la CRRDC et le CICR travaillent-ils ensemble ?

Les deux organisations ont un travail très complémentaire. Jusque tard dans la nuit, les véhicules du CICR ont continué à évacuer des rescapés vers les hôpitaux et à transporter des corps à la morgue. Notre stock en matériel était insuffisant et le CICR a mis à la disposition de la CRRDC du matériel et des équipements, ce qui nous a permis d’apporter une réponse efficace à cette tragédie.

Comment vivez-vous votre travail de secouriste ?

Étant donné que j'étais parmi les premiers à venir sur le lieu du drame, j'ai vécu le désarroi et la détresse de ceux qui étaient déjà là mais qui ne savaient ni par où ni par quoi ni par qui commencer les secours. Et puis ce n'est pas toujours pas facile non plus de fouiller les corps des victimes pour chercher et vérifier leur identité. Mais je suis fier de sauver les gens et d'aider les familles.

Il s'agit d'un travail que j'ai choisi, mais je préfère considérer cela comme une vocation. Car sans cela, il serait difficile de  supporter ce que je vis au cours des opérations de secours. Je suis volontaire secouriste depuis 1983 et dans toutes les situations où j'ai pu intervenir, ma force et ma détermination sont soutenues par ce que j'appelle le sentiment de l'amour du prochain.


Photos

Kisangani. Aubin Omalokoho Lopaka, en charge de la gestion des catastrophes à la Croix-Rouge de la République Démocratique du Congo (CRRDC) à Kisangani, était au cœur des opérations de secours du 8 juillet 2011 et des jours qui ont suivi.  

Kisangani. Aubin Omalokoho Lopaka, en charge de la gestion des catastrophes à la Croix-Rouge de la République Démocratique du Congo (CRRDC) à Kisangani, était au cœur des opérations de secours du 8 juillet 2011 et des jours qui ont suivi.
© CICR

Kisangani. L'épave de l'avion. 

Kisangani. L'épave de l'avion.
© CICR

Kisangani. Plus de 100 volontaires de la Croix-Rouge de la République Démocratique du Congo ont été déployés après la tragédie aérienne afin notamment de gérer les dépouilles mortelles. Sur cette photo, les corps des victimes, une fois nettoyés, sont mis en cercueil à la morgue par des volontaires.  

Kisangani. Plus de 100 volontaires de la Croix-Rouge de la République Démocratique du Congo ont été déployés après la tragédie aérienne afin notamment de gérer les dépouilles mortelles. Sur cette photo, les corps des victimes, une fois nettoyés, sont mis en cercueil à la morgue par des volontaires.
© CICR