Visites du CICR aux détenus : des personnes libérées témoignent
31-12-2005
Les délégués du CICR visitent les personnes privées de liberté en situation de conflit armé depuis le paroxysme de la Première Guerre mondiale. Aujourd’hui, d’anciens détenus nous font part de leurs pensées et de leurs sentiments à propos du rôle du CICR par le biais de lettres, d’interviews, de discours et autres témoignages écrits.
Sommaire
Introduction
Les archives du CICR abondent en exemples de progrès réalisés et d’améliorations apportées grâce à la stratégie de l’institution de travailler dans les coulisses.
Des lettres comme celle d’Ali Najab, un Marocain détenu par le Front Polisario pendant 25 ans avant d’être libéré en 2003.
« C’est grâce au CICR que nous avons sauvé notre dignité d’êtres humains… c’est le travail du CICR qui a toujours ranimé notre espoir. »
Ou de Souha Béchara, une femme libanaise qui a passé dix ans dans la prison de Khiam, dans le sud du Liban, et qui a décrit son expérience dans son livre « Résistante ».
« Le CICR avait gagné une première bataille à l’issue d’une longue lutte. De par leur opiniâtreté, les délégués avaient finalement obtenu que les familles puissent rendre visite à leurs proches détenus. »
Et Mike Durant, un pilote américain détenu en Somalie en octobre 1993, qui se souvient de l’impact émotionnel que lui a causé la visite d’un délégué du CICR.
« Quand je suis parti j’éprouvais un profond respect envers les personnes qui travaillent pour le CICR, du fait des risques qu’ils prennent et des activités qu’ils mènent en faveur des malheureux dont je faisais partie. »
Ou les mots de Ricardo Gadea Acosta, un journaliste péruvien détenu dans les années 90.
« Grâce à ces visites, j’ai réalisé que la police et les forces armées étaient contrôlées par la présence d’une institution internationale prestigieuse, telle que le CICR. »
Ces témoignages mettent en évidence l’efficacité que peut avoir la stratégie du CICR et le rôle essentiel qu’il joue en sa qualité de seule organisation internationale qui maintient une présence aussi continue dans les lieux de détention de par le monde.
Pour en savoir plus sur le mandat du CICR concernant les visites aux personnes privées de liberté dans le cadre d’un conflit armé.Afghanistan
Rares sont ceux qui peuvent comprendre la portée des activités du CICR en matière de détention aussi bien qu’Abdul Halim Rahimi, un ancien détenu afghan qui est devenu directeur de la prison centrale de Kunduz
Arrêté en 1988, Rahimi a été détenu pendant deux ans à la prison de Pul-i-Charkhi à Kaboul et a connu le CICR quand des délégués sont venus l’enregistrer.
Aujourd’hui, en tant que directeur de la prison centrale de Kunduz, il est heureux d’ouvrir ses portes au CICR et croit que l’institution apporte une contribution précieuse à la gestion efficace de son établissement.
« S’il y a un problème, ils me le diront. Comme je souhaite que les conditions de détention soient les meilleures possibles, je peux ainsi les améliorer. »
En plus de la prison centrale de Kunduz, le CICR, en 2003, a visité près de 2'700 détenus dans 88 places de détention sous la responsabilité des autorités afghanes ou américaines.
Il a également assuré l'échange de plus de 10'000 messages Croix-Rouge entre les détenus et leurs familles.
Lisez l’article complet sur Abdul Halim Rahimi.
Les autorités détentrices de par le monde ne réservent pas toujours aux délégués du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) un accueil aussi chaleureux que le directeur de la prison centrale de Kunduz. Abdul Halim Rahimi – ancien détenu lui-même – connaît d’expérience les changements que peut apporter à de nombreux prisonniers une visite de la Croix-Rouge et remercie l’institution de visiter les personnes détenues dans sa prison. En 1988, à l’âge de 28 ans, il a été détenu à la prison de Pul-i-Charkhi, à Kaboul, où il a passé deux ans. Quand le CICR est allé l’enregistrer, c’était la première fois qu’il rencontrait cette organisation, dont il avait entendu parler depuis qu’il allait à l’école.
« Le CICR nous a apporté des articles vraiment essentiels comme du savon, du champoing et des vêtements, pour améliorer un peu notre condition. J’ai eu la chance de recevoir des visites de ma famille, mais je connaissais beaucoup d’autres détenus qui ne pouvaient contacter leurs proches que par des messages Croix-Rouge. »
L’expérience qu’il a acquise alors qu’il était détenu à la fin des années 80 est une des raisons pour lesquelles il accueille maintenant chaleureusement le CICR dans la prison centrale de Kunduz.
« J’ai été un détenu moi-même, dit-il, et je sais ce que sentent les personnes privées de liberté »
Se trouvant de l’autre côté de la barrière, M. Rahimi croit aujourd’hui que tout détenu, quelle que soit la raison de sa détention, devrai t être traité avec humanité. Il lutte pour répondre aux besoins essentiels des détenus avec un très petit budget. Certains prisonniers reçoivent de l’assistance et des visites de leur famille, mais ce n’est pas le cas pour tous.
« Les médicaments et les vêtements d’hiver sont des exemples d’une assistance qui peut changer la vie des détenus. Avec le budget dont je dispose actuellement, je ne peux pas répondre à tous les besoins essentiels. »
À la prison centrale de Kunduz, le CICR a la permission d’enregistrer et de voir tous les détenus, de s’entretenir avec eux individuellement et de répéter les visites. M. Rahimi assure que la présence des délégués n’interfère en aucune façon avec son travail, bien au contraire.
« Je suis très heureux d’autoriser les délégués à voir tous les détenus. S’il y a un problème, ils me le diront. Comme je souhaite que les conditions de détention soient les meilleures possibles, je peux ainsi les améliorer. »
Afrique du Sud
En 1963, le CICR a commencé à visiter des personnes privées de liberté par le gouvernement de l’apartheid sud-africain. La première visite a été faite à Robert Sobukwe, l’ancien président du Pan African Congress, détenu à Robben Island.
Durant les décennies suivantes, le CICR a assisté les prisonniers en leur apportant des messages familiaux, des vêtements, de la lecture, du matériel de sport et des équipements médicaux. En outre, il a fait pression sur les autorités pour améliorer les conditions de détention à Robben Island et dans d’autres centres de détention.
C’est ainsi que quelques vétérans du mouvement anti-apartheid se souviennent de l’engagement du CICR.
« Les améliorations de nos conditions de détention à Robben Island se devaient, dans une large mesure, à la pression que la simple présence de la Croix-Rouge exerçait sur nos geôliers. Le fait que même le régime de l’apartheid, qui pour tant d’autres questions était indifférent à l’opinion du monde, se laisse intimider par cette organisation et soit soumis à ses pressions, en dit long sur le poids moral de la Croix-Rouge. » Nelson Mandela, ancien président de l’Afrique du Sud, dans un d iscours à Londres, le 10 juillet 2003.
« Dès que les visites du CICR ont commencé, nous avions quelqu’un pour nous écouter et témoigner de notre situation. Notre état de prisonniers enterrés jusqu'au cou et disparaissant à l’intérieur de la prison a commencé à faire partie du passé. » Johnson Mlambo, emprisonné à Robben Island de 1963 à 1983.
« Le CICR a aussi distribué du matériel de sport – boxe, ping-pong, rugby – qui nous a aidés à nous maintenir en bonne forme physique. Nos matches de rugby étaient devenus si intéressants que les gardiens emmenaient leur famille pour y assister. » L’évêque Stanley Mogoba, emprisonné à Robben Island de 1963 à 1966.
« Si nous sommes vivants aujourd’hui, c’est, pour la plupart d’entre nous, grâce aux visites et aux traitements du CICR. » Solomon Mabuse, emprisonné à Robben Island de 1963 à 1978.
« Votre action est aussi importante aujourd’hui qu’elle l’était à cette époque. On peut le constater tout particulièrement en observant la situation actuelle en Irak et au Moyen-Orient. » Phillip Silwana, emprisonné à Robben Island de 1966 à 1976.
Lisez la transcription complète du discours de Nelson Mandela à la Croix-Rouge britannique à Londres le 10 juillet 2003. (en anglais)Irak
Depuis mars 2004, le CICR a visité plus de 12 000 prisonniers de guerre, internés civils et autres personnes détenues par les forces de la coalition en Irak, afin de les enregistrer et d’évaluer leurs conditions de détention et le traitement qui leur était réservé. En outre, jusqu’à mai 2004, il avait assuré l’échange de plus de 23 000 messages Croix-Rouge entre les détenus et leurs familles.
Ahmed Hadi Abdul-Hadi, une des personnes visitées, a été arrêté en juin 2003 et détenu pour huit mois et demi.
Après sa libération, Hadi Abdul-Hadi a expliqué au CICR qu’il était passé par plusieurs centres de détention, dont Oum Qasr à Basrah et Abou Ghraib près de Bagdad.
Il a rencontré des délégués du CICR pour la première fois à Oum Qasr, où il a eu la chance d’écrire un message Croix-Rouge à sa famille pour les aviser qu’il était vivant et en bonne santé.
Hadi Abdul-Hadi a ensuite été transféré à Abou Ghraib, où les délégués du CICR l’ont visité à deux occasions. Il souligne qu’au début, les prisonniers d’Abou Ghraib étaient mieux traités durant les visites du CICR, mais que les améliorations durables ne se sont produites que quand le CICR a commencé à visiter plus régulièrement les centres de détention de tout le pays et à demander aux forces de la coalition de prendre des mesures correctives.
Qui êtes-vous ?
Je m’appelle Ahmed Hadi Abdul-Hadi et je suis né en 1974. J’ai été arrêté le 7 juin 2003 dans le district d’Al-Mansour. Ma carte d’enregistrement porte le numéro 7951.
Combien de temps avez-vous été détenu ?
À peu près huit mois et demi.
Êtes-vous resté dans le camp de détention de l’aéroport pendant toute cette période ?
Non, j’ai d’abord été détenu quelque temps dans la prison de l’aéroport, puis j’ai été transféré au centre de détention d’Oum Qasr, à Basrah ; j’y suis resté à peu près trois mois et demi avant d’être à nouveau transféré à la prison d’Abou Ghraib, d’où j’ai été libéré.
Combien de fois la Croix-Rouge vous a-t-elle visité pendant votre détention ?
Au moment de mon arrestation, les conditions dans le pays étaient incertaines. Quand la situation s’est stabilisée, en juin, j’ai été transféré au centre de détention d’Oum Qasr, à Basrah. Là, j’ai eu la visite de la Croix-Rouge – j’ai rencontré les délégués du CICR. À la p rison d’Abou Ghraib, je les ai rencontrés à deux reprises. Pendant leur première visite à Oum Qasr, j’ai pu écrire un message Croix-Rouge. En tout, j’ai dû voir le CICR trois ou quatre fois, mais les délégués du CICR visitaient régulièrement les prisons, ou tout au moins le camp où j’étais détenu.
Quelle importance ont eu pour vous les messages Croix-Rouge ? Ont-ils eu un impact positif sur votre famille ?
Vraiment, la Croix-Rouge a joué un rôle très important. Les Américains m’ont arrêté sans préavis. Par conséquent, ni ma famille ni les personnes avec qui je travaille n’avaient la moindre idée de ce qui m’était arrivé – on pensait que j’avais été dévalisé et kidnappé. Grâce au message Croix-Rouge, qui a été acheminé gratuitement et remis directement à ma famille, mes proches ont su où j’étais détenu. Le message que j’ai écrit a été envoyé chez moi, ce qui, en soi, est très important : en effet, à cette époque, pour donner des nouvelles à sa famille, il fallait passer par des détenus libérés. Transmettre un message par le canal de la Croix-Rouge était un moyen plus sûr et plus fiable. En recevant mon message Croix-Rouge, mes proches ont été rassurés – ils ont su que j’étais toujours en vie et que j’allais bien, le CICR étant une organisation bien connue. Le message a été apporté chez moi par des employés du CICR, à bord d’un véhicule de la Croix-Rouge.
Avez-vous reçu une réponse au message envoyé à vos proches ?
À dire vrai, je n’ai pas reçu de réponse. En fait, à cette époque, bien qu’étant emprisonnés, nous savions ce qui se passait ; nous avons entendu dire que la Croix-Rouge avait été attaquée et que, globalement, la situation était instable. Par exemple, c’est à ce moment-là qu’il y a eu le plus de pillages. La Croix-Rouge a vraiment fait un geste remarquable en allant remettre le message à ma famille ; il faut se souvenir en effet qu’à ce moment là, pour des raisons de sécurité, personne ne pouvait circuler dans les rues. De plus, il n’y avait pas d’essence pour les voitures.
Avez-vous remarqué des changements dans le traitement des prisonniers et dans leurs conditions de détention pendant et après les visites du CICR dans les lieux de détention ?
Sans aucun doute, pendant que les délégués du CICR étaient présents, les autorités détentrices traitaient différemment les prisonniers. Par contre, en général, quand la Croix-Rouge quittait les lieux, tout redevenait comme avant. Ces différences étaient particulièrement évidentes pendant mes premiers jours de détention. Par la suite, la situation est devenue plus stable, la Croix-Rouge ayant commencé à visiter régulièrement les lieux de détention ; à l’intérieur de la prison, les conditions ont commencé à s’améliorer légèrement.
Pouvez-vous me donner quelques exemples d’améliorations concrètes intervenues dans la prison après les visites du CICR ?
Par exemple, en hiver, chaque détenu avait deux couvertures – il en utilisait l’une comme matelas, l’autre pour se couvrir. Cela ne suffisait pas. Nous manquions aussi de vêtements. Certains prisonniers avaient été arrêtés chez eux et portaient des vêtements d’intérieur. Les délégués de la Croix-Rouge à qui nous avons expliqué nos problèmes étaient préoccupés par nos conditions de vie. Ils ont fait part de nos problèmes aux plus hautes autorités. Bien sûr, les choses ne changent jamais le jour même, mais quelque temps plus tard. Les délé gués se sont efforcés de remédier aux carences qui existaient dans la prison et les conditions de détention ont changé par la suite. Ils ont joué un rôle important. Que Dieu les garde et les protège en ces temps difficiles !
Israël TO/TA
Aujourd’hui, Zuher Sahadad Dibbeh est à la tête du ministère des Affaires islamiques pour le district de Naplouse (nord de la Cisjordanie). Ses premiers contacts avec le CICR remontent à il y a 30 ans.
Arrêté pour la première fois en 1970, il a passé sept ans dans des centres de détention israéliens et a rencontré pour la première fois un délégué du CICR lors de son interrogatoire.
« Quand vous ne voyez que d’autres détenus et des interrogateurs, l’arrivée d'un délégué du CICR est une bénédiction, » dit-il.
« Au début, ajoute-t-il, les détenus pensent généralement que le CICR est un allié des autorités, mais ils changent progressivement d'avis au fur et à mesure que leurs conditions s'améliorent à la suite des visites des délégués ».
Le CICR maintient une présence permanente en Israël et dans les territoires autonomes et occupés depuis la guerre israélo-arabe de1967.
Dans le climat actuel de violence, le CICR suit l'évolution de la situation des civils palestiniens, visite les personnes détenues et effectue des démarches auprès des autorités compétentes, tant israéliennes que palestiniennes.
Il vient directement en aide aux Palestiniens dont les maisons ont été détruites ainsi qu'aux personnes les plus touchées par les couvre-feu, les bouclages et autres restrictions dans les villes et villages de Cisjordanie et de la bande de Gaza.
Il apporte en outre son soutien aux activités du Croissant-Rouge palestinien et du Magen David Adom .
Le témoignage de Zuher Sahadad Dibbeh :
« Lorsque mes parents s’enfuirent de chez eux en 1948, ils durent passer de Lod à Ramallah à pied. Ma mère était alors enceinte de moi. Par la suite, elle aimait à me dire que la Croix-Rouge avait été présente à ce moment là et qu'elle avait sauvé nos vies en nous apportant de l'eau potable. Comme vous le voyez, j'avais rencontré le CICR bien avant ma première arrestation », dit Zuher Sahadad Dibbeh en riant.
Aujourd’hui, M. Dibbeh est à la tête du ministère des Affaires islamiques pour le district de Naplouse (nord de la Cisjordanie) et il entretient des contacts fréquents avec le CICR. Connu localement sous le nom d'Abu Islam, il est un imam officiel qui prêche depuis deux décennies dans les mosquées de son district.
Arrêté pour la première fois en 1970, M. Dibbeh a passé sept ans dans divers centres de détention israéliens. Comme de nombreux Palestiniens, c’est dans sa cellule, lors de son interrogatoire qu’il rencon tra pour la première fois un délégué du CICR. « Quand vous ne voyez que d'autres détenus et des interrogateurs, l’arrivée d’un délégué du CICR est une bénédiction », dit-il. « Même si vous ne comprenez pas tout à fait ce qu’il fait, il est un symbole d’espoir ».
D'après M. Dibbeh, les nouveaux détenus perçoivent généralement le CICR comme un collaborateur d’Israël. « Les délégués du CICR ont toutefois réussi à gagner la confiance de notre groupe par leurs visites régulières, en écoutant nos problèmes, en nous permettant de communiquer avec nos familles et en luttant pour obtenir des résultats concrets, » dit-il.
Au bout de quelques années, M. Dibbeh devint shawish et représenta les détenus. « À partir de ce moment, j’ai eu des contacts privilégiés avec les délégués du CICR. J’ai pu m'entretenir ouvertement de tous nos problèmes lors de chacune de leur visite. Et quelquefois, on pouvait observer de petites améliorations ».
Une fois familiarisé avec les conditions de la vie carcérale, M. Dibbeh a aussi compris les limites de l'action du CICR dans un lieu de détention. « Les délégués du CICR portaient des stylos et du papier tandis que les gardiens eux portaient des bâtons et des fusils. Sachant cela, nous acceptions qu’ils ne puissent satisfaire à toutes nos demandes », dit-il. « Il est clair que le CICR n'avait pas le pouvoir de me libérer ou de mettre un terme à l’occupation de mon pays, mais aujourd’hui, en tant que musulman, je considère l’eau que le CICR a donné à ma mère ou l’assistance qu’il m'a apportée en prison comme des gestes sacrés ».
En tant que chef religieux, M. Dibbeh estime que l’action du CICR incarne les principes les plus fondamentaux des grandes religions du monde. « Trois mots définissent, selon moi, au mieux le CICR : humanité, conscience et moralité. Ces trois concepts sont au cœur de toute reli gion comme ils le sont certainement au cœur de la notre : le respect de la dignité humaine est un des principes fondamentaux de l'islam. Par expérience, je sais que ce sont les valeurs que le CICR défend ».
Liban
Souha Béchara a 21 ans ; elle étudie à l’université et milite contre l’occupation du Sud-Liban par les forces israéliennes, lorsqu’en 1988, elle reçoit la mission d’une aile du Parti communiste libanais d’assassiner le chef de l’Armée du Liban Sud (ALS), milice supplétive d’Israël à prédominance chrétienne, qui contrôle le sud du pays pour le compte d’Israël. Souha Béchara échoue dans sa tentative. Elle est arrêtée et passe dix ans dans la prison de Khiam, au Sud-Liban.
Dans son livre Résistante (Ed. JC Lattès, 2000), Souha Béchara raconte sa vie en prison et fait une large part au rôle joué par le CICR dans le but d’améliorer le traitement réservé aux prisonniers par les autorités carcérales.
Comme l’explique Souha Béchara, la sinistre prison de Khiam a été ouverte en 1985. Aucune organisation internationale, pas même le CICR, n’y avait alors accès. Les conditions de détention étaient rudes : en plus des périodes d’isolement auxquelles elle fait allusion, l’ex-prisonnière de Khiam raconte également comment les détenus devaient lutter pour ne pas se laisser anéantir par l’ennui alors qu’ils n’avaient rien à lire, pas de quoi écrire et qu’ils étaient interdits de courrier.
Elle explique comment, pas à pas, le CICR a obtenu des concessions de la part des autorités carcérales, qui ont progressivement autorisé les visites familiales, l’échange de lettres et permis aux détenus de recevoir des colis contenant des aliments, du savon et du shampoing.
Finalement, des délégués du CICR, dont des médecins, ont été autorisés à visiter de manière régulière la prison de Khiam. À chaque fois, de nouvelles améliorations étaient concédées, rendant petit à petit la vie des détenus plus supportable.
Maroc
Imaginez passer 25 ans de votre vie en détention… C’est ce qui est arrivé à Ali Najab, ancien pilote de l’armée de l’air marocaine, capturé par le Front Polisario en 1978. Dans une lettre adressée au président du CICR fin 2003, Ali fait part de sa gratitude à l’égard de l’institution et de ses collaborateurs, qui l’ont visité durant cette période.
Les délégués du CICR basés à la délégation régionale de Tunis ont visité à de nombreuses reprises Ali Najab, alors qu’il était aux mains du Front Polisario, dans un des centres de détention de la région de Tindouf (Algérie).
Dans sa lettre, cet ancien détenu remercie les délégués du CICR pour avoir contribué à l’amélioration progressive des conditions de détention prévalant dans le camp. Il explique que le CICR a joué le rôle de « cordon ombilical » entre les prisonniers et leur famille, en leur apportant des colis, lors de leurs visites semestrielles, et en leur permettant d’échanger des messages avec leurs proches. « Les jours où le CICR venait, confie Ali Najab, ont toujours été p our nous des jours de fête. »
Il rend en outre hommage à la compassion et au professionnalisme des délégués du CICR et affirme que, grâce à l’institution, les détenus retrouvent leur dignité d’êtres humains. Et d’ajouter que le CICR a de tout temps été apprécié pour la source d’espoir qu’il représente pour tous.
M. Najab, qui écrit au seuil de la nouvelle année, termine son message en souhaitant que les entreprises du CICR soient toujours « couronnées de succès ».
Rabat, le 31 Décembre 2003
à
Monsieur Jakob Kellenberger,
Président du CICR.
Genève,
Monsieur le Président,
Je m'appelle Ali Najab, capitaine pilote de chasse dans l'armée de l'air marocaine. Je viens d'être rapatrié récemment de Tindouf où j'ai passé 25 ans aux mains du " polisario " .....
Mais rassurez-vous, Monsieur le Président que ma présente lettre ne vise pas le côté politique du problème, mais plutôt rendre un grand hommage au CICR que vous présidez.
En effet, la Délégation Régionale pour le Maghreb dont le siège est à Tunis en Tunisie, nous a régulièrement visité et continue à le faire jusqu'à nos jours. Je voudrais témoigner ici et avec force, ma grande gratitude et ma reconnaissance pour tout votre personnel, depuis le début jusqu'à nos jours, pour leur dévouement voire leur abnégation – leurs déplacements à Tindouf n'étaient pas toujours aisés.
Malgré d'énormes difficultés – je peux le dire parce que j'étais témoin sur place – les délégués ont toujours su calmer la situation et graçe à leur tact et à leur patience, ils ont pu nous assister en nous apportant beaucoup de réconfort et pu établir entre nous et nos familles le cordon ombilical longtemps attendu, graçe aux lettres.....L'acheminement des colis n'était pas chose facile. Mais ils l'ont fait contre vent et marées.
Graçe à leur compréhension de nos préoccupations ils ont souvent satisfait nos petits caprices de prisonniers comme ils nous ont toujours témoigné leur compassion mais tout en restant professionnels. Leurs visites à raison de deux fois par an ont toujours été pour nous des jours de fête.
Nous avions pris conscience que si notre situation s'était progressivement améliorée, c'était grace à leur action soutenue. C'est graçe au CICR que nous avons retrouvé notre dignité en tant qu'êtres humains. Mais les mots ne seront jamais sufisamment forts pour témoigner à votre institution notre reconnaissance et notre gratitude.
C'est pourquoi j'ai l'honneur de vous demander d'accepter d'êtr e notre interprète pour leur dire combien nous les aimons et combien notre estime pour eux est grande. C'est graçe au CICR que nous avons eu droit à des logements avec un toit. C'est l'action du CICR qui nous a toujours donné l'espoir....
Je vous écris un 30 décembre – la nouvelle année est au seuil de la porte. C'est pourquoi je vous présente à vous et a tout le personnel du CICR nos meilleurs voeux pour que votre noble action à travers le monde soit toujours couronnée du succès.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de mes meilleures salutations.
Ali Najab
Pérou
Ricardo Gadea Acosta est journaliste de profession. Il a 53 ans lorsqu’en 1993, il est arrêté par la police péruvienne et accusé de trahison contre l’État. Il passe plusieurs mois ballotté entre différents centres de détention. D’Espagne, où il s’est installé par la suite, il adresse une lettre de remerciement au CICR.
Dans sa lettre, Ricardo Gadea décrit les mois passés en prison à ne pas savoir s’il allait un jour être libéré et à douter de ses capacités à supporter le dur régime carcéral, comme une période extrêmement difficile. Il dit aussi combien les visites des délégués du CICR étaient précieuses : « Dans de telles conditions, le soutien dont j’ai bénéficié de la part du CICR (…), au même titre que tous les autres prisonniers (…), s’est révélé inestimable. Le CICR était la seule organisation autorisée à pénétrer dans les prisons et capable d’apporter l’aide humanitaire dont nous avions absolument besoin. »
Le CICR suivait Ricardo Gadea au fur et à mesure de ses déplacements d’une prison à une autre par les autori tés, faisant en sorte de ne pas perdre sa trace. L’institution apportait en outre une assistance médicale aux prisonniers malades – notamment de tuberculose – ou blessés.
L’assistance matérielle fournie par le CICR était également très prisée. L’ex-détenu se souvient en particulier de combien lui et ses codétenus appréciaient les matelas et les couvertures distribuées par les délégués. Il termine sa lettre en remerciant le CICR pour tout ce qu’il fait en faveur des victimes de la guerre à travers le monde.
CROIX-ROUGE ESPAÑOLE
Assemblée provinciale
M. Francis Amar
Délégué général pour l’Amérique latine
CICR/GENÈVE
Cáceres, le 16 octobre 1996
Monsieur Amar,
Je vous écris de Cáceres (Extremadure/Espagne), où je travaille actuellement pour le département de la Coopération internationale de l’Assemblée provinciale de la Croix-Rouge espagnole. Je m’appelle Ricardo Gadea Acosta, j’ai 56 ans et je suis journaliste. De nationalité péruvienne, je réside en Espagne depuis deux ans, où je suis réfugié avec ma famille pour des raisons politiques.
Je me suis décidé à vous écrire directement, et par votre intermédiaire au Comité international de la Croix-Rouge, en qualité de témoin oculaire et bénéficiaire direct du programme de visites de prisons que le CICR réalise dans de nombreux pays. Victime de mesures répressives arbitraires, j’ai été détenu à Lima (Pérou) à deux reprises entre juin et décembre 1993...
Pendant ces mois d’emprisonnement, j’ai vécu des moments très durs, doutant non seulement de la possibilité de retrouver la liberté....Dans de telles conditions, le soutien dont j’ai bénéficié de la part du CICR – par l’intermédiaire des collaborateurs de sa délégation au Pérou –, au même titre que tous les autres prisonniers accusés de délits similaires, s’est révélé inestimable....
Dans les différentes prisons où j’ai séjourné, j’ai reçu chaque mois la visite de délégués du CICR, et j’ai pu m’entretenir avec eux. Ceux-ci assuraient un suivi minutieux des prisonniers et détenus....Ces visites m’ont permis de me rendre compte que les autorités policières et militaires se trouvaient en fait sous surveillance, du fait de la présence d’un organisme international de renom tel que le CICR....Les visites de suivi étaient en outre assorties de distributions de médicaments de première nécessité e t de soins médicaux...
Autre détail que je tiens à mentionner : pendant tout le temps que j’ai passé en prison, j’ai dormi sur des matelas et enveloppé dans des couvertures, matériel fournis une fois encore – et cela, je ne l’ai su que plus tard – par le CICR....
Malgré le temps qui s’est écoulé depuis et bien que je vive maintenant dans des conditions toutes différentes, je tiens à vous faire part de l’expérience qui a été la mienne et, au moyen de ce témoignage, à exprimer ma profonde reconnaissance envers le CICR pour la tâche précieuse qu’il réalise dans les prisons du monde entier, dans le souci permanent d’atténuer les souffrances des victimes de la guerre. Très modestement mais très sincèrement, je vous prie d’accepter mes paroles d’encouragement pour l’engagement de solidarité et l’idéal humanitaire qui sont le moteur même de l’action de votre institution.
Veuillez agréer, Monsieur Amar, l’assurance de ma haute considération.
Ricardo Gadea Acosta
Somalie / USA
Mike Durant a été capturé par les partisans de Mohammed Aïdid, chef d’une faction somalienne, le 3 octobre 1993. Son hélicoptère Black Hawk des Opérations spéciales de l’armée américaine venait d’être abattu. Près de vingt militaires Américains ont perdu la vie durant l’affrontement et Durant lui-même a été gravement blessé au dos et à la jambe.
Les 11 jours suivants, Durant a été détenu à Mogadishu, devenant le centre de l’attention internationale et, pour une courte durée, le détenu le plus en vue au monde.
La période qui a suivi la capture et les premier jours que Durant a passés en captivité ont été, comme il l’a dit lui-même, terrifiants, et il les a décrits dans son livre In the Company of Heroes (Penguin 2003).
Dans ce livre, il décrit aussi sa rencontre, le 8 octobre, avec une déléguée du CICR, qui n’avait été avisée que cinq minutes auparavant qu’elle pourrait le voir.
Lors d’un entretien récent ave c le CICR, Durant a déclaré qu’il n’oublierait jamais le moment où la déléguée est entrée dans la cellule où il était détenu, et l’impact émotionnel que lui a causé cette visite.
De plus, à l’annonce de la visite de la déléguée, les Somaliens ont amélioré les conditions de détention de Durant. Ils ont nettoyé sa cellule, lui ont donné des habits propres et un lit pour qu’il ne dorme plus sur le béton. Durant est convaincu que l’intervention du CICR a amélioré le traitement qui lui était réservé et a responsabilisé les personnes qui l’ont capturé.
Durant a spécialement apprécié de pouvoir écrire des messages Croix-Rouge à sa famille et à ses amis et a qualifié cette expérience d’« extrêmement réjouissante ».
Il affirme qu’il garde de son expérience en Somalie un profond respect pour l’action des délégués du CICR, et qu’il comprend que l’institution doit maintenir sa neutralité si elle désire continuer d’aider les personnes détenues, comme lui, dans le cadre d’un conflit armé.
Vous avez été capturé par les Somaliens le 3 octobre et visité par le CICR le 8 octobre. Comment avez-vous vécu ces premiers jours de privation de liberté ?
Eh bien, je vous dirais que c’était vraiment terrifiant. Les Somaliens, et certainement beaucoup d’organisations qui capturent des Américains aujourd’hui, peuvent être beaucoup plus violents, beaucoup plus agressifs et beaucoup plus anti-américains que dans le passé. Dans ces conditions, not re vie ne tient littéralement qu’à un fil et je crois que c’était le cas pour moi pendant cette première phase. Il est clair qu’après la chute de l’hélicoptère, sous le coup de l’émotion, la situation était extrêmement volatile et très effrayante. Les Somaliens étaient agressifs ; il n’ont fait preuve d’aucune compassion et m’ont vraiment traité comme un animal, me bousculant dans tous les sens en me menaçant constamment. À un moment donné, j’ai subi un interrogatoire qui a été filmé et diffusé dans le monde entier par les principaux réseaux de télévision ; nous appelons cela « exploitation vidéo ». Les Conventions de Genève ont été clairement violées à plusieurs reprises. Le deuxième jour, j’ai été blessé par balle en captivité, et quand j’étais transporté d’un endroit à l’autre, personne ne se souciait de mes blessures et de ma condition physique. Ceux qui m’avaient capturé me jetaient littéralement à l’arrière des véhicules et s’asseyaient sur moi. Ce genre de traitement était courant pendant le premier stade de ma captivité.
Pouvez-vous décrire la rencontre avec la déléguée du CICR et votre réaction ?
En fait, la rencontre a eu deux effets. Le premier, auquel je m’attendais, a été l’impact émotionnel d’être visité par un tiers, une personne neutre qui essayait de m’apporter son aide et s’employait sans aucun doute à défendre mes intérêts. Voilà une vision réjouissante. Je n’oublierai jamais le moment où j’ai vu entrer Suzanne. J’étais convaincu qu’elle était sincère. Elle a été réellement bienveillante et a fait preuve d’une très grande humanité. J’étais réconforté d’avoir simplement l’occasion de m’adresser à quelqu’un en qui je pouvais avoir confiance et qui essayait d’améliorer ma situation. Cependant, l’effet que je n’avais pas prévu est le second effet, qui en réalité s’est produit avant l’arrivée de Suzanne. L es Somaliens, essayant en quelque sorte de donner la meilleure impression, ont nettoyé la cellule. Jusqu’à ce moment-là, j’avais dormi sur le béton ; ils ont apporté un lit avec un matelas et m’ont donné des habits propres. Ils ont sorti les ordures de la cellule. Les conditions générales se sont améliorées considérablement. Je pensais que ce n’était qu’un simulacre et que dès que Suzanne serait partie, tout redeviendrait comme avant. Mais j’ai été heureux de constater que depuis ce jour-là, ils ont à peu près maintenu ce niveau. Je ne sais pas s’ils l’ont fait en prévision d’une visite ultérieure du CICR ou s’ils ont réalisé que ma condition me donnait le droit d’être traité de cette manière. Toujours est-il que ces améliorations, qui à ce moment-là avaient l’air d’une façade, ont subsisté.
Était-ce important pour vous de pouvoir écrire à votre famille et à vos collègues ?
Ce qui manque le plus dans une telle situation d’isolement c’est la communication, même à sens unique. Avoir la possibilité d’envoyer un message à ses amis, ses camarades et sa famille est une expérience extrêmement réjouissante. À mon avis, c’est l’un des aspects les plus importants de l’action du CICR. De petits messages écrits de ma main, et j’insiste, même à sens unique comme c’était le cas à ce moment-là, qui permettent de transmettre les mots qui vont rassurer des êtres chers est une expérience extrêmement réjouissante. Je pense que vous pouvez agir pour aider les détenus, même en restant dans le cadre de la neutralité. Il était utile pour mon unité de savoir quelles étaient mes blessures et quelle était ma condition physique. Ainsi, ils ont pu se préparer pour me soigner et répondre à mes besoins en cas de libération. D’autre part, s’ils peuvent m’envoyer quelque chose pendant ma captivité, ils tiendront compte de mes besoins spécifiques. En d ’autres termes, s’ils savent que j’ai des blessures qui pourraient être soignées par des antibiotiques, ils peuvent m’envoyer les médicaments adéquats.
Avez-vous remarqué des changements dans l’attitude et la conduite de ceux qui vous ont capturé, après que le CICR ait eu connaissance de votre cas ?
Je pense que le CICR est un mécanisme de contrôle de qualité, car c’est un organisme officiel qui rend les autorités détentrices responsables de leurs actes. Une fois qu’il a connaissance du cas, les choses s’améliorent un peu. Sans le CICR, même si les autorités font preuve d’un peu de responsabilité, elles ignorent beaucoup de détails et la situation risque de ne pas changer jusqu’à la libération. Mais quand le CICR s’engage, la prise de conscience et la responsabilité des autorités détentrices augmente. Je pense qu’en ce qui me concerne, c’est la présence du CICR qui a amélioré le traitement qui m’était réservé et les conditions dans lesquelles j’étais détenu.
Suite à votre expérience, qu’avez-vous appris des méthodes de travail du CICR ?
Pour un membre des forces armées, détenu par l’ennemi, le scénario idéal est de savoir où il se trouve et d’informer ses collègues sur les possibilités de le libérer par des moyens militaires. Il est évident que s’il fournissait ce genre d’information, le CICR se verrait interdire les visites dans le futur. Je comprends donc la signification de la neutralité et pourquoi elle doit être maintenue. Je pense qu’il est nécessaire de défendre la neutralité, sinon aucune autorité détentrice n’autoriserait les visites à l’avenir. J’ai gardé de mon expérience en Somalie un profond respect envers les personnes qui travaillent pour le CICR, du fait des risques qu’elles prennent et des activités qu’elles mènent en faveur des malheureux – j’ai été l’un d’entre eux – qui sont exposés à tous les dangers. Soyons réalistes, les délégués font face à des dangers eux aussi, quand ils pénètrent dans ces centres de détention et traitent avec ceux qui les dirigent. J’éprouve un profond respect pour les personnes qui, comme Suzanne et ses collègues, ont le courage de faire ces choses simplement pour rendre ma vie un peu meilleure.
Sri Lanka
W. I. Loyala Fernando, capitaine du navire sri-lankais « Iris Moana », a été capturé par les Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE) en octobre 1995 et détenu pendant trois ans. Plus tard, il a écrit au CICR afin de remercier les délégués basés au Sri Lanka pour les visites, les messages et l’assistance.
Dans sa lettre, Loyala Fernando écrit que les messages et les paquets familiaux, l’assistance médicale, la nourriture, les vêtements, les livres et le matériel de sport ont réconforté l’équipage pendant la période où ses membres étaient privés de liberté.
En 2003, le CICR a visité plus de 3 300 détenus à Sri Lanka, dont la plupart étaient au pouvoir du gouvernement sri-lankais, dans 44 lieux de détention. En outre, il a financé plus de 140 visites familiales à des détenus.
Lisez la lettre de W. I. Loyala au CICR
26 novembre 2000
Messieurs,
REMERCIEMENTS À TOUS LES DÉLÉGUÉS À SRI LANKA ET À GENÈVE
Je profite de cette occasion pour vous remercier très chaleureusement pour vos excellents services durant ma période de détention (du 13 octobre 1995 au 25 octobre 1998). Pendant cette période, j’ai reçu mes message/paquets familiaux, des services médicaux, de la nourriture, des habits, des livres et du matériel de sport, et vos délégués ont remonté le moral des membres de mon équipage. Messieurs, j’aimerais souligner que surtout les délégués engagés au Sri Lanka sont excellents et très gentils.
Merci,
Veuillez agréer mes salutations distinguées.
W. I. FERNANDO
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