Pour un monde sans mines - les Amériques
01-09-2006 Éclairage
En raison de conflits armés, anciens ou en cours, le fléau des mines antipersonnel touche aujourd’hui plusieurs pays d’Amérique latine. Elles polluent neuf pays de la région qui, pour la plupart, sont des États parties à la Convention d'Ottawa. La Colombie et le Nicaragua sont parmi les pays où le problème est le plus durement ressenti. De son côté, le Costa Rica a été le premier État partie à déclarer avoir rempli, en matière de déminage, ses obligations découlant de la Convention.
Chili
Colombie
Cuba
Équateur
Nicaragua
Pérou
Venezuela
Falkland -Malvinas
Source : Observatoire des mines 2006.
Le problème des mines terrestres et des munitions non explosées continue de se poser en Amérique centrale, et ce, bien que plus de dix ans se soient écoulés depuis la fin des hostilités dans cette région. Le déminage est difficile, l’emplacement de nombreuses mines n’ayant été ni marqué ni enregistré. De plus, en raison de divers phénomènes naturels (tels que l’ouragan Mitch, qui a frappé l’Amérique centrale en 1998), de nombreuses mines ont été déplacées. Les communautés démunies des zones rurales sont particulièrement affectées, les mines qui polluent leurs terres entravant le développement socioéconomique. En outre, les services de soins et de rééducation physique offerts aux survivants des mines sont limités.
En Colombie, pays où l’on signale un emploi croissant des mines antipersonnel et où seul un déminage limité est possible du fait de la persistance du conflit armé interne, l'emploi de ces armes a de graves conséquences pour la population civile. Chaque année en effet, elles tuent des centaines de civils et de militaires dans ce pays. Il est à noter que la Colombie est devenue partie à la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel malgré le conflit armé en cours.
La quasi-totalité des pays du continent américain sont aujourd’hui parties à la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel, Cuba, les États-Unis et Haïti constituant les seules exceptions. Haïti a signé la Convention, mais ne l’a pas encore ratifiée. Dans le cadre de son Programme d’action antimines, l’Organisation des États américains (OEA) aide ses États membres à résoudre les problèmes provoqués par les mines antipersonnel. Elle soutient depuis quelques années une large gamme d’activités de lutte contre ces engins meurtriers. D’importants progrès ont été réalisés en matière d’enlèvement des mines antipersonnel dans les pays d’Amérique centrale, en particulier. De fait, si tous ces pays exécutent les plans existants, cette sous-région pourrait être « libre de mines » en 2006.
Des progrès remarquables ont été accomplis sur la voie de l’élimination des mines antipersonnel en Amérique centrale, la sous-région du continent américain la plus touchée par le problème des mines et des munitions non explosées. Le Costa Rica a déclaré en 2003 avoir rempli ses obligations en matière de déminage. Toutefois, un soutien financier doit encore être assuré pour que soit menée à bien la tâche consistant à dépolluer toutes les zones minées d’Amérique centrale d’ici 2006. En fait, cette échéance a été repoussée par rapport aux estimations initiales en raison d’un possible retard dans les opérations de déminage au Nicaragua. À noter toutefois que le délai imparti pour le déminage dans ce pays par la Convention est fixé bien plus tard, c'est-à-dire en 2009. Atteindre cet objectif serait un succès important pour tous les États parties à la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel ; ce serait aussi un témoignage réel de l’efficacité de ce traité.
Le défi le plus difficile à relever est posé par l’aggravation du problème des mines antipersonnel en Colombie. Afin de protéger les populations civiles contre les graves dangers que ces armes représentent, il est urgent de mettre fin à leur emploi, d’obtenir que les organismes participant à la lutte contre ce fléau aient accès au x communautés qui en sont victimes et d’intensifier de manière significative les activités de formation à la réduction des risques dus aux mines autant que les programmes de déminage.
Les autres pays de la région touchés par les mines sont également confrontés à des défis spécifiques. Le Pérou et l’Équateur ont un problème commun, celui des mines antipersonnel posées le long de la frontière qui sépare les deux pays, à cause de la courte guerre qui les a opposés en 1995. Au Pérou, des mines antipersonnel ont également été employées au cours du conflit interne des années 1980 et 1990, principalement autour des installations électriques publiques. Selon l’OEA, les opérations de déminage ont pris de l’ampleur en 2002, au Pérou comme en Équateur. La même année, l’OEA a estimé qu’au Pérou, le déminage prendrait huit à neuf ans en raison des conditions exceptionnellement difficiles prévalant dans la plupart des régions reculées touchées par le problème [source : Observatoire des mines ] .
Dans la plupart des pays d'Amérique latine affectés par les mines, le manque d’assistance adéquate en termes de rééducation physique, de réinsertion sociale et de redressement économique est un problème général. Il faudra que les gouvernements de la région s’engagent davantage et qu’ils bénéficient d’un soutien extérieur pour améliorer l’assistance aux survivants des mines. Même lorsque la toute dernière mine aura été enlevée, le poids de l’héritage des mines antipersonnel continuera de peser, jusqu’à ce que les survivants soient à même de mener une vie gratifiante et productive au sein de leur société.
Pour en finir définitivement avec le fléau des mines antipersonnel sur le continent américain, les États qui le composent et qui ne sont pas encore parties à la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel doivent être encouragés à y adhérer.
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