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Le déplacement interne : un des défis humanitaires majeurs de notre époque

12-11-2009 Collection de photos

Le déplacement de personnes à l’intérieur de leur propre pays est une des conséquences les plus dramatiques des conflits armés et de la violence interne. On estime qu’environ 26 millions de personnes sont actuellement déplacées dans le monde, la plupart en raison d'un conflit.

    • © CICR / VII / Tivadar Domaniczky / il-e-01719

    Janvier 2009, Jabaliya, bande de Gaza. Un camp installé par le Croissant-Rouge palestinien pour les familles dont les maisons ont été détruites lors des opérations militaires israéliennes.

    Le déplacement de personnes à l’intérieur de leur propre pays est une des conséquences les plus dramatiques des conflits armés et de la violence interne. On estime qu’environ 26 millions de personnes sont actuellement déplacées dans le monde, la plupart en raison d'un conflit.
    Le déplacement interne est souvent la conséquence directe de violations du droit international humanitaire (DIH). Bien que cette branche du droit soit juridiquement contraignante tant pour les États que pour les acteurs non étatiques, nombre de ses dispositions ne sont pas respectées. Les attaques menées directement contre les populations civiles, l’insécurité généralisée et la destruction des moyens de subsistance forcent toujours d’innombrables civils à fuir leur foyer.

    Le CICR, en collaboration avec ses partenaires du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, consacre une grande part de ses efforts à fournir protection et assistance à ceux que la guerre à déracinés, ainsi qu’à soutenir les communautés qui les accueillent.

    Prises ces dernières années dans différentes zones de conflit, ces photos donnent un aperçu des défis que pose aujourd’hui l’assistance aux populations touchées par le déplacement interne.

    Rapport special: Internal displacement in armed conflict: facing up to the challenges

    • © CICR / O.Miltcheva / cd-e-00834

    Novembre 2008, Nord-Kivu, République démocratique du Congo. Des enfants viennent chercher de l’eau à un point de distribution installé par le CICR dans un camp de déplacés.

    Dans certaines régions de conflit de la République démocratique du Congo, près de 50 % des décès enregistrés concerne des enfants, alors qu’ils ne représentent que le quart de la popuplation. La plupart meurent de maladies que l’on peut prévenir et guérir.

    Dans d’autres pays touchés par la guerre, comme la Colombie, il n’est pas rare que plus de la moitié des personnes déplacées soient des enfants. Où que ce soit, l’accès des enfants déplacés à des soins de santé adéquats et à l’éducation est compromis.

    Séparés de leurs parents dans le chaos de la fuite, les enfants sont, plus que d’autres catégories de personnes, exposés à de graves dangers. Bien trop souvent, ils sont la proie de groupes armés qui les utilisent comme soldats, domestiques ou esclaves sexuels.

    • © CICR / VII / Ron Haviv / cd-e-00953

    Janvier 2009, République démocratique du Congo. Rosa a 25 ans ; ses parents et deux de ses frères ont été tués pendant la guerre, et elle a dû fuir à quatre reprises. Employée à la journée, elle s’occupe aujourd’hui d’un orphelin de 15 ans.

    En plus des dangers qui guettent habituellement les déplacés internes – risques sanitaires et accès limité aux soins de santé et à d’autres services de base – les femmes et les jeunes filles déplacées courent un risque accru d’être exposées à la violence et à l’exploitation sexuelles. En outre, les conflits armés correspondant souvent à une augmentation du taux de mortalité masculine, les femmes déplacées se retrouvent fréquemment chefs de famille.

    • © CICR / P.Yazdi / cd-e-01031

    Avril 2009, Goma, Nord-Kivu, République démocratique du Congo. Ces jeunes soeurs attendent des nouvelles de leur famille dans un centre pour enfants non accompagnés.

    Il arrive que des familles soient dispersées alors qu’elles fuient un conflit. Au milieu du chaos, il est fréquent que des enfants se retrouvent séparés de leurs parents.

    Il faut tout mettre en oeuvre pour retrouver les personnes ainsi séparées, rétablir le contact entre elles et, le cas échéant, les réunir. Avec l’aide très précieuse des réseaux locaux des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, le CICR consacre d’énormes efforts à cette tâche.

    • © CICR / VII / Franco Pagetti / co-e-00567

    Mars 2009, Barbacoas, Colombie. Le conflit qui déchire le pays depuis de longues années a forcé un grand nombre de personnes à fuir les régions rurales et à chercher refuge dans les faubourgs des grands centres urbains, où elles luttent pour survivre.

    Les besoins des déplacés vivant dans des camps ne sont parfois que la pointe de l'iceberg. Les besoins sont en effet souvent plus importants en dehors de ces structures officielles, en particulier au sein des communautés d'accueil – fréquemment déjà fort démunies elles-mêmes – qui prennent en charge les déplacés, en leur procurant nourriture et abri.

    Un séjour prolongé des déplacés internes dans les communautés d’accueil se traduit inévitablement par une diminution des ressources de ces dernières, ce qui provoque parfois des tensions entre les hôtes et les personnes qu’ils accueillent.

    Le CICR fait toujours en sorte de maintenir un équilibre entre les activités qu’il mène pour répondre aux besoins spécifiques des personnes déplacées et les efforts de portée plus générale qu’il déploie en faveur de catégories plus larges de la population, les communautés d’accueil avant tout.

    • © CICR / Ch.Von Toggenburg / co-e-00693

    Mars 2009, Montecristo, Colombie. Un collaborateur du CICR fait de la diffusion auprès de membres des forces armées.

    Les cadres juridiques que sont les législations nationales, le droit des droits de l’homme et – en cas de conflit armé – le DIH ont notamment pour but de protéger les déplacés internes. Le DIH interdit le déplacement forcé de civils par les parties à un conflit, sauf si la sécurité de la population civile ou d’impérieuses raisons militaires l’exigent.

    Rappeler aux parties à un conflit les obligations qui leur incombent en vertu du DIH, faire en sorte que les forces et les groupes armés en connaissent les dispositions, veiller à ce qu’elles soient respectées et effectuer les démarches qui s’imposent à cette fin figurent parmi les priorités du CICR.

    • © CICR / A.Isyuk / ge-e-00386

    Septembre 2008, Tskhinvali, Géorgie / Ossétie du Sud. Un collaborateur du CICR collecte des messages Croix-Rouge auprès de personnes âgées séparées de leur famille.

    En temps de conflit armé, les personnes âgées risquent d'être abandonnées. Parce qu’elles ne peuvent pas ou ne veulent pas fuir, elles se retrouvent livrées à elles-mêmes, contraintes d’affronter seules les conséquences de la guerre.

    La plupart rencontrent des difficultés à se procurer de la nourriture et à accéder à des soins de santé. Elles perdent aussi fréquemment la trace de leurs proches qui ont fui et ont de la peine à rétablir le contact avec eux.

    • © CICR / Z.Burduli / lk-e-00431

    Mars 2009, Puttumatalan, Sri Lanka. Des équipes du CICR évacuent des blessés et des malades d’une zone de conflit.

    Les déplacements, quelles qu’en soient les causes, rendent les gens particulièrement vulnérables. Ceux-ci sont souvent déracinés de manière brutale de leur environnement habituel et se retrouvent dans l’incapacité de satisfaire leurs besoins essentiels. Cette situation est encore aggravée lorsque les familles sont dispersées ou qu’un des leurs est tué ou porté disparu.

    Les femmes, les enfants et les personnes âgées sont parmi les plus vulnérables. Il existe certes des normes juridiques qui reconnaissent leurs besoins particuliers, mais les droits qui y sont énoncés sont régulièrement violés en période de conflit.

    • © CICR / Ph.Fichard / pk-e-00880

    Août 2009, district de Buner, Pakistan. Distribution de vivres et d'autres articles de première nécessité à quelque 10 000 personnes hébergées dans un camp de déplacés.

    Les camps apparaissent généralement comme la meilleure manière de venir en aide aux personnes déplacées. Pour les autorités et les organisations humanitaires, il est en effet plus aisé de leur procurer l’aide d’urgence dont elles ont besoin – nourriture, eau et abri – lorsqu'elles se trouvent dans des camps.

    L’expérience a cependant montré que les camps créent fréquemment de nouveaux problèmes, qui ajoutent encore aux dangers auxquels les déplacés internes sont exposés – extorsion, harcèlement, luttes tribales ou violence ethnique. Ils contribuent même parfois à aggraver le phénomène, prolongeant le déplacement et fragilisant les mécanismes traditionnels de survie.

    • © CICR / P.Yazdi / sd-e-02396

    Octobre 2009, Darfour, Soudan. Avec le soutien du CICR, cette famille est retournée chez elle au terme de près de cinq ans passés dans le camp de Gereida.

    Le retour à une vie normale est souvent un énorme défi, pour les déplacés eux-mêmes, comme pour les autorités et les communautés locales.

    Les déplacés devraient pour ce faire avoir le choix entre : retourner dans leur communauté d’origine et s’y réintégrer, être insérés dans les communautés où ils ont trouvé refuge, ou pouvoir s’installer ailleurs et s’intégrer à la population.

    Où qu’elles choisissent de se réinstaller, les personnes déplacées doivent pouvoir le faire de leur plein gré, en toute sécurité et dans la dignité. Leur retour à la vie normale devrait aussi leur permettre de rétablir leurs moyens de subsistance et d'avoir de nouveau accès aux services de base.

    • © CICR / P.Yazdi / sd-e-02401

    Octobre 2009, Darfour, Soudan. Mis sur pied par les déplacés internes pour répondre à leurs propres besoins, le marché du camp de Gereida a pris une grande ampleur ces dernières années.

    Il est essentiel de préserver ou de rétablir des conditions de vie acceptables pour les personnes déplacées et de leur permettre de conserver un environnement socioculturel aussi proche possible de celui qui est le leur. Il est également indispensable qu’elles puissent devenir autosuffisantes.

    Promouvoir l’autosuffisance des populations déplacées et, si nécessaire, des communautés d’accueil, est un des principaux objectifs des programmes d’assistance du CICR.

    • © CICR / B.Maver / ye-e-00719

    Septembre 2009, Khaiwan, Yémen. Le CICR et le Croissant-Rouge du Yémen distribuent des secours à des personnes déplacées.

    Bien trop souvent, les autorités ne peuvent pas ou ne veulent pas s’acquitter de l’obligation qu’elles ont de fournir protection et assistance aux déplacés. Dans ce genre de situation, c'est aux organisations humanitaires qu’il incombe de veiller à la survie des personnes déplacées.

    Les Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge sont les plus à même de venir en aide aux déplacés, du fait qu’elles sont elles-mêmes issues des communautés bénéficiaires, qu’elles couvrent le plus souvent tout le territoire national et qu’elles bénéficient d’un accès privilégié aux autorités. Il est aussi courant que des Sociétés nationales de pays tiers apportent leur concours aux opérations déployées par le Mouvement, en fournissant notamment des services directs ou une assistance matérielle.


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Dernière mise à jour: 16-05-11