Caucase du Nord : conserver une part d'humanité au cœur du conflit
06-07-2005 Collection de photos
Dans cette région, et plus particulièrement en Tchétchénie, le CICR déploie des efforts considérables pour répondre aux besoins vitaux en assistance et en protection d'une population durement affectée par plus de dix années de conflit.
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Depuis 2004, les conditions de sécurité se sont dégradées dans l'ensemble du Caucase du Nord. En Tchétchénie, le président Akhmad Kadirov et le dirigeant indépendantiste Aslan Maskhadov ont tous deux trouvé la mort dans des circonstances violentes. Les affrontements pèsent lourdement sur la vie des habitants et les arrestations, les disparitions et les prises d'otages rythment le quotidien. Le CICR entend poursuivre dans la région ses activités de protection et d'assistance en faveur de la population civile. Cependant, le climat d'insécurité nuit au bon déroulement de ce travail de nature strictement humanitaire.
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L'accès à des soins de santé de qualité reste particulièrement difficile en Tchétchénie. C'est pourquoi le CICR fournit chaque mois aux principales structures médicales de la république des médicaments et des consommables de base et, selon les besoins, du matériel chirurgical. Le CICR forme le personnel à la chirurgie de guerre et maintient pour le Caucase du Nord un stock médical d'urgence pouvant aider à traiter jusqu'à 1000 blessés. Des appareils sophistiqués comme des respirateurs, des moniteurs et des électrocardiographes sont fournis. Des personnes spécialisées dans la réparation du matériel médical et payées par le CICR assurent la maintenance des équipements.
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L'échange de MCR et l'organisation de visites pour les familles dans les lieux de détention sont des moyens de rétablir et de maintenir les liens entre personnes séparées. Mais un grand nombre de familles restent sans nouvelles de leurs proches. Si aucun chiffre exact sur le nombre de personnes disparues en Tchétchénie ne peut être avancé aujourd'hui avec précision, la réalité du phénomène ne peut être niée. Le CICR a déjà exprimé ses préoccupations auprès des autorités compétentes et entend poursuivre le dialogue avec elles pour que les familles reçoivent les réponses auxquelles elles ont droit. Parmi les personnes disparues en Tchétchénie se trouve Usman Saidaliev, employé de délégation du CICR, dont on est sans nouvelles depuis août 2003.
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En septembre 2004, le CICR a dû interrompre ses visites aux personnes détenues en relation avec le conflit en Tchétchénie car ses délégués ne pouvaient plus travailler selon les critères que l'institution applique dans le monde entier. Ces critères comprennent notamment l'accès à tous les lieux de détention et à tous les détenus, la possibilité de s'entretenir sans témoin avec eux et de renouveler les visites. Les négociations avec les autorités russes n'ont pas donné pour l'instant de résultats satisfaisants mais le dialogue se poursuit.
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Dans le Caucase du Nord, 250 infirmières prodiguent des soins réguliers à 2'500 personnes âgées sans ressources et à la mobilité réduite. Le CICR, qui finance ce programme, fournit également une assistance alimentaire. Plus de 800 bénéficiaires résident en Tchétchénie.
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Près de deux millions d'élèves dans sept pays de la Communauté des États indépendants suivent chaque année un programme conçu et soutenu par le CICR exposant les principes de base du DIH. Le programme doit démarrer dans les écoles de Tchétchénie en septembre 2005. Les différents ministères de l'Éducation ayant intégré avec succès ce programme dans le cursus scolaire, le CICR devrait mettre un terme à son soutien en 2007. Dans les facultés de droit de toute la Russie, le DIH est devenu une matière obligatoire sous l'impulsion du CICR.
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Depuis 1994, le CICR et les ministères russes de la Défense et de l'Intérieur collaborent pour que les règles fondamentales du droit international humanitaire et des droits humains soient intégrées dans l'entraînement des troupes, dont bon nombre vont servir dans le Caucase du Nord. La tenue régulière de cours pour les officiers supérieurs et la conception de programmes définissant les relations entre la police et la population sont des signes encourageants. Reste que les forces armées sur le terrain doivent accomplir des progrès significatifs dans la mise en œuvre pratique des principes protégeant les personnes hors de combat ou celles ne participant pas aux hostilités.
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La banque, qui dessert toute la Tchétchénie, a été remise sur pied par le CICR à partir de 2003 grâce à la fourniture de matériel et à la formation de laborantins. Chaque don est testé avec une centrifugeuse. Le CICR soutient également des laboratoires d'analyse dans dix hôpitaux. Le but est de s'assurer que le sang collecté et les produits qui en sont dérivés soient sains et utilisables sans risque.
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Ces engins de mort infestent de nombreux endroits fréquentés par la population et, facteur aggravant, leur présence n'est souvent pas indiquée. En collaboration avec la Croix-Rouge russe, le CICR crée des places de jeux sécurisées en Tchétchénie : résidents ou déplacés par le conflit, les enfants peuvent se rencontrer sans penser aux conséquences fatales que pourraient avoir leurs activités ludiques.
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Environ 50'000 résidents et personnes déplacées en Tchétchénie bénéficient de ce genre d'assistance. Kits d'hygiène, matelas, draps de lit, couvertures, bougies, seaux, chaussures, les personnes les plus vulnérables manquent des choses les plus essentielles. Près de 18'500 enfants issus des familles bénéficiaires les plus pauvres recevront en septembre des habits et des chaussures ainsi que des vestes d'hiver en décembre.
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De nombreuses personnes victimes de mines ou de débris de guerre explosifs en Tchétchénie sont en attente d'un traitement adéquat. Le centre orthopédique suit actuellement plus de 1000 patients, assure leur rééducation physique, fournit prothèses et orthèses, mais la demande reste supérieure à ses capacités actuelles. En plus de renforcer les moyens du centre et l'expertise technique de ses employés, le CICR étend ses campagnes d'information sur les dangers des mines et des débris de guerre explosifs dans un nombre croissant de communautés.
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Cette femme a reçu du CICR des machines à fumer le poisson afin de développer un petit commerce et ainsi subvenir aux besoins de sa famille. Une centaine de foyers tchétchènes vulnérables ont été sélectionnés pour leur capacité à mener à bien des projets générateurs de revenus ou de produits alimentaires. Vaches, chèvres, fours, machines à coudre, congélateurs – pour produire des glaces, les moyens d'assurer une subsistance économique varient en fonction des aptitudes de chacun. Ce programme permet aux personnes concernées de retrouver fierté et dignité en reprenant une place active dans la société.
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Le CICR assiste près de 25'000 déplacés de Tchétchénie vivant en Ingouchie dans des conditions de grande vulnérabilité. Après la fermeture des camps par les autorités au cours des dernières années, les déplacés ont trouvé refuge dans des centres collectifs ou chez des personnes privées. Le retour en Tchétchénie reste une option hasardeuse en raison de l'insécurité et du manque de logements disponibles. Le CICR insiste auprès des autorités pour qu'un retour éventuel se fasse dans des conditions de sécurité acceptables et sur une base volontaire.
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Un employé du CICR et un responsable local discutent devant des réservoirs d'eau potable installés par l'organisation afin de desservir un village où se trouvent de nombreuses personnes déplacées de Tchétchénie. Les réservoirs sont reliés au système de canalisations qui a été prolongé sur 3200 mètres de rues par une équipe du service municipal des eaux travaillant sous la supervision du CICR. Grâce à ce projet, les habitants et les déplacés ne sont plus tributaires de l'approvisionnement par camions-citernes.

