Somalie : trouver un moyen de survivre
18-08-2011 Collection de photos
La terrible sécheresse a aggravé la crise humanitaire que connaît depuis longtemps la Somalie, touchée depuis 20 ans par un conflit armé. Des centaines de milliers de personnes quittent leur foyer pour partir à la recherche d’un abri et de nourriture. La majorité d’entre elles vivent en plein air ou dans des camps de fortune. Cette petite série de photos illustre la nature extrême de la crise et ce que fait le CICR pour aider la population en détresse.
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Des milliers de personnes sont arrivées à Mogadiscio ces dernières semaines dans l’espoir de trouver de l’eau et de la nourriture. Une minorité d’entre elles seulement a pu faire le trajet dans un des camions se rendant dans la capitale somalienne. Beaucoup ont dû marcher sous la chaleur accablante, qui peut atteindre 40°C. Il peut leur falloir parfois une semaine entière pour arriver à destination.
Depuis le début de l’année, la terrible sécheresse, les effets de précédentes périodes sèches, l’inflation élevée et l’augmentation mondiale du prix des produits alimentaires et du pétrole ont encore aggravé la situation.
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Des centaines de milliers de personnes se déplacent à l’intérieur du pays, à la recherche d’un abri et de nourriture. Comme ici, aux abords de Mogadiscio, la majorité vit en plein air ou dans des camps de fortune. Nombre d’entre elles ont connu plusieurs déplacements. Elles ont fui de leur foyer en raison des combats, sont rentrées chez elles, puis ont dû fuir à nouveau lorsqu’une nouvelle vague de violence est arrivée, ou que la sécheresse ou les inondations les ont contraintes à partir. Les déplacés internes constituent un lourd fardeau pour les communautés d’accueil, qui partagent avec eux leurs maigres ressources, notamment l’eau, les pâturages et le bois pour le feu.
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En Somalie, la chaleur règne toute l’année et la plupart des régions ne reçoivent en moyenne que très peu de précipitations, même durant les saisons normales. La végétation autour de Mogadiscio est clairsemée, principalement composée d’herbe éparse, de petits buissons et d’arbres peu élevés tels que les acacias, qui peuvent produire un peu d’ombre. Il reste encore de l’eau potable, mais seulement en faibles quantités, dans les forages et les puits profonds. Il faut souvent plusieurs heures de marche pour atteindre une source d’eau et les déplacés internes s’installent souvent aux alentours.
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Les personnes déplacées n’ont généralement à leur arrivée que quelques rares biens essentiels, comme ces jerrycans. La plupart d’entre elles n’ont plus rien à vendre et ne peuvent donc pas générer de revenus pour acheter de la nourriture. En résultat, le taux de malnutrition est en général encore plus élevé parmi les personnes déplacées que dans le reste de la population. Les effets combinés du conflit, de la violence et des catastrophes naturelles ont épuisé une grande part de la population somalienne, qui ne peut plus supporter ces conditions de vie extrêmes.
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Avec son organisation partenaire, le Croissant-Rouge de Somalie, le CICR a récemment distribué des vivres à 162 000 personnes dans les régions frappées par la sécheresse et la violence armée, dans le sud et le centre de la Somalie. À Kurtunwarey, 21 000 personnes ont bénéficié de la distribution. Il s’agissait de la première distribution de vivres à grande échelle dans cette région du pays depuis le début de l’année. Les distributions de vivres répondent aux besoins les plus pressants. Elles sont intégrées dans une approche plus durable visant à aider la population à mener ses activités de subsistance sans aide extérieure, et comprenant par exemple des projets d’irrigation et d’autres projets de construction d’infrastructures de type « argent contre travail » qui visent à réduire la vulnérabilité des fermiers face aux conditions climatiques extrêmes.
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Chaque famille a reçu suffisamment de riz, de haricots et d’huile de cuisson pour un mois. Ce sont généralement les femmes qui viennent chercher les vivres, car ce sont elles qui s’occupent du ménage. Le CICR organise les distributions avec le concours des autorités locales et des anciens des communautés. Dans le centre et le sud du pays en particulier, où un petit nombre seulement d’organisations humanitaires sont présentes sur le terrain, les besoins sont immenses.
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De nombreuses personnes déplacées n’osent pas rentrer chez elles en raison de l’insécurité et du conflit armé, en particulier le long des frontières avec le Kenya et l’Éthiopie, et à cause du manque d’eau et de pâturages. Elles préfèrent rester dans des campements pour déplacés internes, qui sont généralement mis sur pied par les autorités locales. Le district de Sako compte environ 1 800 familles déplacées qui sont arrivées là il y a six ou huit mois, en quête d’eau et de travail dans les fermes environnantes. Nombre de leurs enfants souffrent de malnutrition et sont inscrits au programme d’alimentation thérapeutique conduit dans le dispensaire du Croissant-Rouge de Somalie à Sako. En outre, trois équipes de santé mobiles de la Société nationale basées à Sako parcourent les environs chaque jour, essayant d’atteindre ceux qui ont moins de chance et ne peuvent pas se rendre à Sako pour se faire soigner. Tant les déplacés internes que la population locale bénéficient de l’assistance du CICR, y compris les patients du dispensaire du Croissant-Rouge de Somalie.
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Il faut au moins quatre à six semaines pour organiser une distribution de vivres. La nourriture est achetée principalement dans les pays voisins, puis acheminée dans le sud de la Somalie depuis le Kenya par camion ou par bateau. La situation en Somalie va certainement empirer si l’aide dont la population a tant besoin n’arrive pas rapidement. Le CICR prévoit d’aider plus d’un million de personnes à tenir jusqu’à la prochaine récolte, en décembre.

