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Conséquences humanitaires du conflit armé en Colombie

22-04-2010 Rapport

La population civile des régions touchées par les affrontements armés en Colombie, continue d’être exposée à des violences telles qu'homicides, attaques directes, enlèvements ou recrutements forcés. De nombreuses personnes sont obligées de fuir en abandonnant tous leurs biens. Le conflit a aussi des conséquences humanitaires pour ceux qui restent, en limitant par exemple leur accès aux services de santé ou à l’approvisionnement en eau. Le CICR s’efforce de fournir protection et assistance aux victimes du conflit, personnes déplacées, victimes de la contamination par les armes ou autres personnes vulnérables – introduction générale du rapport d'activités du CICR en Colombie, 2009.

  Voir aussi :

    Reconnaître le statut de toutes les victimes du conflit, c'est leur donner de la visibilité( éditorial du rapport annuel 2009)

    Rapport des activités du CICR en Colombie en 2009    
   

       
©CICR/C. von Toggenburg / v-p-co-e-01050 
   
Prison de Quibdó, région du Choco. Visite du CICR. 
       
       
    ©CICR/C. von Toggenburg      
   
Nariño, Municipalité de Roberto Payán. Remise de médicaments à un poste de santé.      
               
    ©CICR/C. von Toggenburg / co-e-00831      
   
Cali, hôpital universitaire. Une physiothérapeute réajuste la prothèse d'une victime de mine.      
       
   

   

    An unseen war – galerie de photos sur Flickr

   

À mesure que les parties au conflit font des régions rurales le théâtre des affrontements armés, la population qui y vit se retrouve en danger permanent et exposée à des violations du droit international humanitaire (DIH) telles que : homicides et/ou attaques à l'encontre des personnes protégées par le DIH ; disparitions forcées ; violence sexuelle ; prises d'otages ; recrutement forcé ; mauvais traitements physiques et/ou psychologiques ; déplacement forcé.

Le non-respect du principe de distinction entre les combattants et les civils, la stigmatisation, les pressions visant à faire collaborer les civils – qui engendrent des représailles directes à leur encontre –, l'appropriation de biens civils privés ou publics et la contamination par les armes sont autant d'autres facteurs qui aggravent encore les conditions de vie des communautés.

Toutes ces violations obligent les habitants de ces régions à fuir et à tout laisser derrière eux. Or, il ne fait pas de doute que la réduction des violations du DIH contribuerait à ce que moins de personnes se voient contraintes d’abandonner leur foyer et de se déplacer vers des lieux plus sûrs pour survivre.

Le conflit armé en Colombie a également des conséquences pour les civils qui restent sur place, notamment en termes d'accès aux services de base tels que soins médicaux, éducation, approvisionnement en eau et assainissement, en particulier dans les zones isolées. Les conséquences de la crise économique et de la baisse des investissements de l'État rendent encore plus difficile l'accès à ces services.

Les communautés et les familles qui vivent dans les zones iso lées sont de plus en plus confinées, et ne peuvent souvent pas en sortir en raison des contrôles imposés par les parties au conflit. Sans compter toute une série de restrictions frappant certains biens de première nécessité qui les touchent directement et qui mettent encore davantage en péril leurs moyens de subistance.

Il ne suffit pas d'insister sur l'importance d'appliquer les normes humanitaires ; il est également essentiel que les dirigeants politiques et les acteurs armés impliqués dans le conflit prennent toutes les mesures nécessaires pour protéger ceux qui ne participent pas ou ne participent plus aux hostilités.

  Que fait le CICR pour apporter protection et assistance aux personnes touchées par le conflit armé ?  

De par son mandat, sa présence dans les zones conflictuelles, sa neutralité et ses modalités de travai – qui lui permettent de maintenir un dialogue confidentiel visant un meilleur respect du DIH par l'ensemble des parties impliquées dans le conflit armé –, le CICR se trouve dans une position unique.

Il s'efforce d'établir et de maintenir des contacts fondés sur la confiance tant avec les forces armées et de sécurité de l’État qu'avec les groupes armés, afin d'obtenir les garanties de sécurité nécessaires pour pouvoir accéder aux victimes du conflit. L'acceptation de l'institution en tant qu'entité neutre par l'ensemble des parties au conflit est indispensable si l’on veut assurer un tel accès. Or, pour obtenir une telle acceptation, il faut que les activités humanitaires déployées soient d’un véritable secours pour la population touchée, et que cette aide soit perçue par les parties au conflit comme pertinente pour les victimes.

  Que dit le droit international humanitaire coutumier ?  

  Règle 55.   Les parties au conflit doivent autoriser et faciliter le passage rapide et sans encombre de secours humanitaires destinés aux personnes civiles dans le besoin, de caractère impartial et fournis sans aucune distinction de caractère défavorable, sous réserve de leur droit de contrôle.  

Le CICR ne dénonce pas publiquement les violations du DIH qui sont commises, mais rassemble des preuves qu'il soumet ensuite exclusivement et de manière confidentielle aux responsables présumés, pour éviter que de tels actes ne se reproduisent. Il ne fait pas de déclarations publiques sur le comportement des forces armées et de sécurité de l’État ni des groupes armés, mais traite directement avec eux les allégations de violations les concernant. En outre, il n'agit dans ce sens qu'avec le consentement exprès des victimes ou de leurs proches.

Le CICR fournit protection et assistance aux victimes, grâce à la proximité qu’il entretient avec celles-ci dans les zones les plus touchées par le conflit armé où, pour diverses raisons, la présence d'organismes gouvernementaux ou d'autres organisations humanitaires est rare. Avoir accès à ces zones est essentiel pour comprendre les besoins humanitaires de l'ensemble des victimes et pour y répondre pleinement. Des équipes multidisciplinaires du CICR travaillent dans les zones reculées du pays pour satisfaire les besoins les plus pressants des victimes en matière de protection et d'assistance. Cette approche permet aux communautés de redresser leur situation économique, grâce à des projets générateurs de revenus, et de bénéficier d'un meilleur accès aux services de base tels que soins de santé, édu cation, approvisionnement en eau et assainissement. Il peut par exemple s’agir de projets de construction ou de remise en état de petites infrastructures.

Conjointement avec la Croix-Rouge colombienne, le CICR continue de mettre en œuvre des opérations d'assistance en faveur des personnes déplacées et des victimes de la contamination par les armes, ainsi que d’autres activités visant à réduire l’impact du conflit armé sur la population civile ou les conséquences des catastrophes naturelles dans les zones de conflit.

Au cours du deuxième semestre 2009, il a été entrepris de renforcer la coopération entre le CICR et la Croix-Rouge colombienne, au niveau local et opérationnel et avec les volontaires, essentiellement, car c’est de là que partent les premières interventions en cas d’urgences quelles qu’elles soient.