République centrafricaine : la poursuite des combats laisse peu de répit aux communautés
20-12-2010 Point sur les activités
La situation humanitaire reste extrêmement préoccupante dans plusieurs préfectures de la République centrafricaine. Le CICR vient en aide aux personnes qui souffrent de la violence et contribue autant que possible au retour à la vie normale des communautés. Le point sur les activités réalisées par le CICR de juillet à novembre 2010.
Le conflit armé, aggravé par les tensions ethniques qui opposent les communautés des préfectures de la Vakaga et de Bamingui-Bangoran, dans le nord-est du pays, a bouleversé la vie quotidienne des habitants. Au cours des attaques menées contre les localités de Kpata, Ouanda-Djallé, Yalinga et d’autres, des habitations ont été détruites et des civils tués, blessés ou enlevés. Les récents affrontements qui ont éclaté à Birao ont forcé la population à fuir et ont causé de nombreuses victimes civiles. Les conditions de sécurité difficiles dans la région entravent l’aide humanitaire, et la population locale se trouve de ce fait dans une situation d’extrême vulnérabilité.
L’érosion de la sécurité alimentaire est une des conséquences majeures de la situation de violence qui règne dans les préfectures de Mbomou et du Haut-Mbomou, dans le sud-est du pays. Elle a poussé des milliers de personnes à abandonner leur village pour chercher refuge dans les villes voisines plus sûres. Ainsi, 20 000 personnes environ ont fui vers les quatre villes plus importantes que sont Mboki, Zemio, Rafai et Obo, dont la population a de ce fait doublé. Les déplacés y ont été rejoints par quelque 6 000 réfugiés congolais.
Le conflit a en revanche diminué en intensité dans le nord-ouest du pays, même si les tensions persistent et que la présence permanente de groupes armés exige une grande prudence. Les réfugiés centrafricains qui avaient fui au Tchad et au Cameroun reviennent peu à peu chez eux afin de reconstruire leur vie. Mais parmi les personnes qui avaient fui leur village pour installer leur campement à proximité dans la brousse, certaines sont toujours réticentes à l’idée de rentrer chez elles tant qu’elles ne se sentent pas ent ièrement en sécurité, ce qui a un impact négatif sur leur accès aux soins médicaux, à l’eau potable et à l’éducation.
Surmonter la crise
Dans l’est du pays surtout, l’insécurité empêche les villageois de mener une vie normale et de se déplacer pour travailler dans les champs. Les activités agricoles et autres activités traditionnelles sont donc fortement perturbées et les communautés ont du mal à subvenir à leurs besoins. Le CICR leur fournit des vivres afin de répondre à leurs besoins immédiats, ainsi que des semences qui leur assureront des récoltes convenables et leur permettront de reprendre pied. Lorsque des familles se retrouvent sans maison et sans biens à cause du conflit, l’institution leur vient en aide en leur fournissant des articles de première nécessité.
De juillet à novembre, le CICR a :
distribué quelque 1 000 tonnes d’aide alimentaire comprenant du riz ou du maïs, des haricots blancs ou des arachides, de l’huile et du sel à plus de 50 000 personnes –habitants, réfugiés et déplacés internes – à Mboki, Zemio, Rafai et Obo, dans le sud-est de la République centrafricaine ;
distribué des semences et des vivres à 140 familles touchées par le conflit à Markounda, dans la préfecture de l’Ouham ;
distribué des assortiments d’articles ménagers contenant des couvertures, des moustiquaires, des matelas et du savon à 850 familles touchées par le conflit dans trois préfectures du nord-est.
Soutenir les communautés de retour chez elles
Le CICR conduit des projets de rétablissement des moyens d’existence et de renforcement des capacités à l’intention des personnes qui rentrent chez elles. « Le déplacement est un cycle qui inclut le retour », explique Simon Ashmore, chef de la délégation du CICR en République centrafricaine. « Les gens perdent souvent tout ce qu’ils possèdent lorsqu’ils fuient leur foyer ; ils ont besoin d’aide pour reprendre pied et retrouver leur autonomie. »
Dans le nord-ouest de la République centrafricaine, entre juillet et novembre, le CICR a :
porté assistance à 1 400 familles grâce à des projets générateurs de revenus à petite échelle conçus avec la participation des communautés concernées ; dans le cadre de ces projets, le CICR a fourni des moulins à grains, des bœufs et des charrettes, du matériel pour la fabrication de briques et le conditionnement des arachides et des vélos équipés de chariots ;
construit une pharmacie vétérinaire à Paoua pour améliorer la santé animale dans la région et fait don de produits pharmaceutiques et d’équipements, ainsi que de deux vélomoteurs pour que les coordonnateurs de la fédération locale des éleveurs de bétail puissent donner des formations sur la gestion des troupeaux et mener des campagnes de vaccination dans les zones rurales ;
dispensé une formation sur la manipulation des céréales après la récolte et sur la gestion d’une association à l’intention de dix associations communautaires (soit environ 250 familles) de la préfecture de l’Ouham ayant récemment bénéficié des projets du CICR.
Eau et hygiène
Lorsque des réfugiés et des personnes déplacées fuient pour leur sécurité vers des villes telles que Rafai dans l’est de la République centrafricaine, les systèmes existants d’approvisionnemen t en eau peinent à faire face à l’augmentation de la demande, et les pénuries peuvent conduire les communautés à se disputer cette ressource vitale. Le CICR travaille à rétablir et à améliorer l’accès à l’eau potable et, parallèlement, conduit des activités complémentaires visant à sensibiliser la population aux bonnes pratiques en matière d’hygiène.
De juillet à novembre, le CICR, en coopération avec la Société de la Croix-Rouge centrafricaine, a :
installé un système de secours pour l’approvisionnement en eau qui fournit 60 000 litres d’eau potable par jour à un camp de déplacés de Rafai et dont bénéficient 10 000 personnes, y compris des habitants de la ville ;
réhabilité dix sources d’eau existantes utilisées par 7 500 habitants de villages de plusieurs préfectures du nord-ouest, du nord-est et du sud-est du pays ; il s’est agi de nettoyer et de protéger les sources afin d’éviter qu’elles ne soient polluées ;
réparé 74 forages utilisés par 30 000 personnes dans les préfectures de l’Ouham, de l’Ouham-Pendé, de Nana-Gribizi et de Baminigi-Bangoran, ainsi que dans le sud-est du pays ; ces réparations ont consisté à remplacer des cylindres et des canalisations, et à fixer les pompes manuelles ;
construit 44 latrines communautaires destinées aux écoles et aux centres de santé, et 910 latrines individuelles pour 4 500 personnes dans les préfectures de l’Ouham, de l’Ouham-Pendé et de Nana-Gribizi ;
amélioré deux réservoirs en pierre pouvant stocker 1 500 litres d’eau de pluie dans les préfectures de Bossangoa et de l’Ouham ;
rénové trois puits utilisés par 2 000 personnes dans la préfecture de l’Ouham, en augmentant leur profondeur et en construisant une structure solide pour éviter qu’ils ne s’effondrent ; comme il est difficile de réparer les puits pendant la saison des pluies du fait du niveau élevé des eaux, ces activités reprendront à la saison sèche ;
dispensé plus de 2 150 séances de formation aux règles élémentaires d’hygiène à l’intention de 34 500 personnes.
Visites aux détenus
Le CICR visite des personnes détenues par les autorités centrafricaines et des groupes armés du pays, afin de vérifier leurs conditions de détention et le traitement qui leur est réservé.
Entre juillet et novembre, le CICR a :
réalisé 55 visites dans des lieux de détention comptant au total 1 010 détenus ;
rencontré individuellement 49 détenus et enregistré 19 d’entre eux pour un suivi ;
distribué des articles d’hygiène aux détenus, dont 2 630 pains de savon ;
fourni des médicaments de première nécessité à 720 détenus.
Rétablissement des liens familiaux
Le CICR aide les membres des familles dispersées par le conflit à rester en contact, et répond aux demandes des familles qui recherchent des proches portés disparus. De juillet à novembre, le CICR a :
réuni 13 mineurs non accompagnés venant de la République centrafricaine, de la République démocratique du Congo et du Soudan avec leurs familles ;
distribué 88 messages Croix-Rouge et recueilli 11 de ces mêmes messages, principalement pour des réfugiés soudanais dans la préfecture de la Haute-Kotto.
Promotion du respect du droit international humanitaire
Rappeler aux parties à un conflit qu ’elles ont l’obligation de protéger les civils est un aspect essentiel des activités du CICR. L’institution s’emploie à sensibiliser les porteurs d’armes et la société civile au droit international humanitaire.
Entre juillet et novembre, les délégués et les collaborateurs locaux du CICR ont tenu :
11 séances visant à expliquer les principes fondamentaux du droit international humanitaire à 195 membres des forces armées nationales de la République centrafricaine, cinq séances à l’intention de 180 membres de la MICOPAX (Mission de consolidation de la paix en République centrafricaine) et neuf séances destinées à 560 membres de groupes armés ;
un séminaire sur le droit international humanitaire à l’intention de l’école de formation des officiers des forces armées de la République centrafricaine ;
un atelier de deux jours sur la mise en œuvre du droit international humanitaire, qui a réuni des ministres et des représentants de la société civile ;
une séance consacrée au droit international humanitaire pour 100 étudiants en droit de l’université de Bangui.
Partenariat avec la Société de la Croix-Rouge centrafricaine
De juillet à novembre, le CICR a :
fait don de 18 vélos et d’autre matériel (dont un projecteur, une caméra vidéo et trois ordinateurs portables) à des sections locales de la Croix-Rouge, et donné des livres à la bibliothèque de la Croix-Rouge, afin d’aider la Société nationale à informer les communautés rurales de ses activités ;
financé la construction de nouveaux bureaux pour le comité préfectoral de la Croix-Rouge centrafricaine à Obo ;
contribué à former 26 moniteurs de premiers secours, 102 secouristes volontaires et 11 brigades de premiers secours ;
fai t don d’articles ménagers de première nécessité, de moustiquaires et de bâches, afin que la Société nationale puisse faire face aux inondations dans le nord-ouest du pays.
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