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Israël et les territoires occupés : le CICR poursuit son action humanitaire

31-03-2011 Point sur les activités

Tout au long de 2010, le CICR a continué de suivre la situation humanitaire et de venir en aide aux personnes les plus vulnérables, faisant part de ses observations aux autorités concernées, si nécessaire, et rappelant régulièrement aux parties au conflit les obligations qui leur incombent au titre du droit international humanitaire.

     
©CICR/ Al Baba / v-p-il-e-02327 
   
Hôpital Shifa, à Gaza. Département d'hémodialyse. Cette femme a reçu un traitement durant les quatre dernières années. La grave pénurie de carburant empêche le fonctionnement normal des générateurs qui fournissent l'électricité aux hôpitaux de Gaza. Les coupures d'élèctricité pouvant aller jusqu'à 10 heures consécutives mettent les patients en danger. 
           
               
©CICR/ / Al Baba / v-p-il-e-02325 
       
Centre d’appareillage orthopédique et de prise en charge de la poliomyélite de Gaza. Un patient fait ses exercices hebdomadaires. Plus de 2 800 personnes ont reçu un traitement au centre en 2010, et les équipements ont été développés avec le soutien du CICR. 
                       
©CICR/ / Al Baba 
       
Une salle de formation à la nouvelle unité d'urgences de l'hôpital Shifa de Gaza. Un spécialiste du CICR donne un cours sur le travail en salle d'urgence. 
                       
©CICR / Al Baba / v-p-il-e-02326 
   
Une déléguée santé du CICR au travail dans l'unité des urgences de l'hôpital Shifa. Le CICR a fourni à l'hôpital des chariots, des lits et d'autres équipements médicaux. 
                               
©CICR/ Al Baba / v-p-il-e-02324 
   
Station de traitement des eaux usées de Rafah.  
                               

À Gaza, malgré un assouplissement du blocus et la levée partielle des restrictions à l’exportation à la suite de l'incident de la flottille, les restrictions de mouvement qui sont toujours imposées à la population et les entraves à l’importation de matériaux de construction ont empêché le relèvement économique à long terme et ont balayé tout espoir pour les habitants de mener un vie normale et digne. D’après les chiffres de la Banque mondiale pour l’année 2010, le taux de chômage à Gaza reste obstinément élevé, se maintenant à 39 %.

En Cisjordanie, les restrictions drastiques de construction et de mouvement continuent d’entraver le développement. Elles ont une incidence négative sur les moyens de subsistance et rendent la vie difficile aux Palestiniens qui habitent à proximité des colonies, illégales au regard du droit international humanitaire (DIH). Une nouvelle fois, les problèmes fonciers ont été le principal motif de contentieux entre Palestiniens, colons et autorités et, bien trop souvent, la situation a dégénéré en incidents violents, faisant des blessés et occasionnant des dommages à la propriété. Les agriculteurs palestiniens n’ont cessé de rencontrer des difficultés pour atteindre et cultiver leurs terres situées à proximité des colonies ou au-delà de la barrière de Cisjordanie – elle aussi contraire au DIH, là où son tracé empiète sur le territoire occupé. Tout au long de l’année et en particulier pendant la récolte des olives, le CICR a constaté une augmentation des cas de dommages à la propriété, notamment des oliviers incendiés ou déracinés, ce qui a privé beaucoup de gens d’une précieuse source de revenus. Par ailleurs, des différends relatifs aux lieux saints, aux constructions et aux démolitions ont conduit à des affrontements au cours desquels des civils ont perdu la vie. 

Dans le même temps, les habitants du sud d’Israël ont continué à vivre dans la crainte d’attaques à la roquette lancées depuis la bande de Gaza. Dans ce contexte, le CICR a réalisé à huit reprises une évaluation des dommages après que des roquettes se sont abattues sur des zones civiles.

  Visites aux détenus et rétablissement des liens familiaux  

Par l’intermédiaire de visites régulières, les délégués du CICR ont suivi la situation globale de quelque 8 000 Palestiniens détenus en Israël, et d’environ 3 600 personnes incarcérées dans des lieux de détention palestiniens. Les délégués ont accordé une attention particulière aux besoins des femmes et des mineurs, ainsi que des Gazaouis actuellement privés de visites familiales du fait de la suspension de ce programme entre Israël et Gaza. À l’issue de ces visites, le CICR fait part confidentiellement de ses constatations et de ses recommandations aux autorités concernées.

En 2010, le CICR a effectué les démarches nécessaires pour qu’environ 124 000 habitants de Cisjordanie, notamment de Jérusalem-Est, et du Golan occupé puissent rendre visite à leurs proches détenus en Israël. 

À de nombreuses reprises, le CICR a demandé au Hamas de l’autoriser à visiter le soldat israélien capturé, Gilad Shalit, pour se rendre compte de ses conditions de détention et du traitement qui lui était réservé, mais en vain. L'institution poursuit néanmoins ses efforts en vue de persuader le Hamas tout au moins de permettre au soldat d’avoir des contacts réguliers avec sa famille, comme l'exige le droit international humanitaire.

Agissant en tant qu’intermédiaire neutre, le CICR a pris des dispositions pour que plus de 270 étudiants et quelque 700 pèlerin s druzes du Golan occupé puissent se rendre en Syrie proprement dite.

  Soutien aux services de santé  

Veiller à ce que les générateurs des hôpitaux de Gaza disposent de suffisamment de carburant est demeuré l’une des principales préoccupations tout au long de 2010, alors que les coupures de courant dans la bande de Gaza pouvaient durer jusqu’à dix heures par jour. Dans les hôpitaux, où l’électricité est absolument vitale, les pannes de courant entravent le traitement des patients qui, du fait de l'arrêt de fonctionnement des équipements, ne peuvent plus recevoir les soins dont ils ont besoin. 

Le CICR a suivi l’évolution des réserves de médicaments essentiels et de fournitures médicales à usage unique, veillant à ce les hôpitaux de Gaza soient en mesure d’assurer aux patients un niveau de soins acceptable. Cependant, à plusieurs occasions, la coordination insuffisante entre les ministères de la Santé à Ramallah et à Gaza, qui est venue s’ajouter à des pénuries de carburant, a risqué de compromettre les soins de santé, en particulier lorsque les fluides pour hémodialyse ont commencé à manquer. 

En 2010, le CICR a :

  • réalisé approximativement 400 visites de suivi dans des hôpitaux en Cisjordanie et dans la bande de Gaza ; 

  • soutenu le système de santé périclitant de Gaza grâce à la fourniture de 231 tonnes de médicaments et d’articles à usage unique, ainsi que de pièces détachées pour les équipements médicaux ;

  • aidé le centre d’appareillage orthopédique et de prise en charge de la poliomyélite de Gaza à soigner 2 500 patients, grâce à la fourniture de matériel, d’assis tance technique et d’aide à la formation.

  Aide aux personnes démunies  

À Gaza, le CICR est venu en aide à plus de 13 000 personnes démunies grâce à des projets « argent contre travail ». Pour soutenir la production agricole locale, l’institution est intervenue pour venir à bout d’une infestation d’insectes, et a fourni des intrants agricoles, dont des semences et des jeunes plants.

En Cisjordanie, le CICR s’est employé à aider des milliers de personnes dont la vie s'est vue bouleversée par l'installation de colonies et la construction de la barrière de Cisjordanie à maintenir ou améliorer leur accès à leurs terres agricoles. Il a remis en état deux systèmes d’irrigation et en a installé un troisième. Dans le sud du district d’Hébron, en coopération avec le ministère de l’Agriculture, le CICR a soutenu une campagne de vaccination du bétail pour aider les communautés d’éleveurs touchées elles aussi par les restrictions d’accès aux terres.

Soumis à des restrictions de mouvement du fait de la présence de colonies israéliennes et en proie à la violence des colons, les Palestiniens ont continué en subir les conséquences économiques négatives. Certains même ont été gravement blessés ou ont perdu la vie dans des incidents liés à cette situation. En 2010, le CICR a poursuivi ses efforts pour venir en aide à la population, et a fait part de sa préoccupation aux autorités en entretenant un dialogue confidentiel avec elles et en leur soumettant ses constatations.

En 2010, le CICR a :

  • apporté un soutien, sous la forme de distributions d’articles ménagers essentiels, à plus de 1 000 personnes dont la maison avait été détruite en Cisjordanie et dans la bande de Gaza ;

  • en coopération avec les volontaires du Croissant-Rouge palestini en, distribué des colis alimentaires mensuels à plus de 6 900 personnes vivant dans les zones d’Hébron où les restrictions étaient les plus strictes.

  Approvisionnement en eau et amélioration de l’assainissement  

En 2010, le CICR a entamé, poursuivi ou achevé des travaux visant à améliorer l’accès à l’eau potable et à l’assainissement en faveur de 660 000 personnes en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. 

Dans la bande de Gaza, les projets menés par le CICR dans le domaine de l'eau ont contribué à prévenir l'apparition d'épidémies et réduire les risques de santé publique. Les habitants de la ville de Rafah et de ses environs ont par exemple bénéficié de la rénovation et de la modernisation d’une station de traitement des eaux usées.

En Cisjordanie, la construction de nouvelles installations de transport et de stockage de l’eau a permis aux habitants de zones rurales et urbaines de bénéficier d'un meilleur accès à l'eau potable. À Aqraba, au sud de Naplouse, de nouvelles conduites d’eau ont été posées, permettant d’approvisionner 35 000 personnes dans 11 villages. L’institution a également commencé à mettre sur pied un système d’approvisionnement en eau devant desserir 22 000 personnes dans 19 villages au sud d'Hébron, actuellement dépendantes d’un ravitaillement par camion.

  Collaboration avec le Croissant-Rouge palestinien et le Magen David Adom  

Le CICR a apporté son soutien aux services médicaux d'urgence du Croissant-Rouge palestinien et du Magen David Adom.

Les services médicaux du Croissant-Rouge palestinien ont continué de prodiguer des soins pré -hospitaliers d’urgence partout en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Le Croissant-Rouge palestinien a répondu à près de 64 000 appels d’urgence.

En coopération avec le CICR, le Croissant-Rouge palestinien a donné une formation à la gestion des catastrophes à plus de 550 volontaires et employés de la Société nationale, afin d’accroître leur capacité à répondre aux situations d’urgence.

Le Magen David Adom, la Société nationale d’Israël, a organisé son premier cours de formation destiné à préparer ses employés et ses volontaires à participer à des opérations de secours internationales. Quatre des participants ont pris part à l’opération lancée au lendemain du séisme qui a dévasté Haïti. Il s’agissait de la toute première action d’urgence internationale du Magen David Adom organisée en coopération avec le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

  Promouvoir le respect du droit international humanitaire  

Rappeler aux parties à un conflit leur obligation de protéger les civils est un aspect fondamental des efforts du CICR pour promouvoir le respect du droit international humanitaire dans le monde.

Le CICR s’est tout particulièrement attaché à mener un dialogue bilatéral en profondeur sur les règles régissant la conduite des hostilités, un dialogue motivé par les opérations militaires à Gaza de décembre 2008 et janvier 2009. Le CICR a aussi organisé 40 séances d’information sur le droit international humanitaire, auxquelles ont participé plus de 1 200 personnes provenant notamment des forces armées israéliennes et des services pénitentiaires d'Israël.

Le CICR a également accru ses contacts avec les forces de sécurité et les groupes armés palestiniens. Le dial ogue a été maintenu dans le but de faciliter les activités humanitaires, d’accroître la compréhension du droit international humanitaire et de promouvoir le respect des droits de l’homme.

Le CICR a financé la participation de juristes du gouvernement israélien et de la société civile à des formations en droit international humanitaire tenues à l’étranger. Enfin, le quatrième concours annuel de plaidoirie en droit international humanitaire a réuni des équipes constituées d’étudiants de huit universités israéliennes.