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Haïti : le CICR répond encore aux besoins engendrés par le séisme tout en reprenant son rôle traditionnel

04-03-2010 Point sur les activités

Sept semaines après le tremblement de terre, le CICR continue de répondre aux besoins vitaux de la population dans de nombreuses zones dévastées d’Haïti. Au cours des deux dernières semaines, il a aidé quatre enfants à retrouver leur famille à Port-au-Prince.

     
©ICRC/J. Barry 
   
    Des femmes reçoivent des articles du CICR sur le site de l’église Sainte-Bernadette à Martissant, l’un des quartiers les plus pauvres de Port-au-Prince.      
           

       
©ICRC/J. Barry 
   
    Valère Mirlande et Marie Wonggière J. Sully, animateurs du CICR, divertissent les femmes qui attendent de recevoir leurs articles, et expliquent le fonctionnement du processus de distribution.        
           

       
©ICRC/J. Barry 
   
    Une collaboratrice vérifie un nom sur la liste des bénéficiaires. Des comités communautaires ont choisi les bénéficiaires de produits essentiels parmi les habitants de Martissant qui en avaient le plus besoin.      
               
Les volontaires de la Société nationale de la Croix-Rouge haïtienne sont des acteurs essentiels de la fourniture de secours depuis que le séisme s’est produit, gérant des postes de premiers secours, diffusant des messages de promotion de la santé et participant aux campagnes de vaccination et aux distributions de secours. Les activités de secours de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge sont coordonnées et dirigées par la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Pour plus de détails sur l’intervention globale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge après le séisme, veuillez consulter le site de la Fédération internationale : www.ifrc.org  
 

  Des enfants retrouvent leur famille
 

Le CICR, en collaboration étroite avec l’Institut de bien-être social et de recherche du gouvernement et la Croix-Rouge haïtienne, a aidé quatre garçons à retrouver leur famille ces deux dernières semaines. Les enfants, âgés de deux à douze ans, venaient de divers quartiers de Port-au-Prince. Ces regroupements familiaux étaient les premiers réalisés par le CICR depuis que le séisme a secoué la capitale.
 

Comme les enfants sont extrêmement vulnérables, surtout après une catastrophe, qu’elle soit naturelle ou d’origine humaine, il convient de prendre toutes les précautions possibles pour s’assurer qu’une trace est conservée lorsque des parents et leurs enfants sont séparés, quelle qu’en soit la raison. Avant de procéder à un regroupement familial, il faut vérifier les identités et obtenir l’autorisation des autorités haïtiennes – ainsi que la confirmation que les membres de la famille sont regroupés de leur plein gré.
 

  Risques de maladies
 

Les conditions sanitaires épouvantables qui règnent dans les camps à Port-au-Prince restent une préoccupation prioritaire. Les amoncellements croissants de déchets doivent être évacués et les latrines doivent être vidées, car ils pourraient devenir un terrain propice à la reproduction des moustiques qui propagent le paludisme et la dengue ces prochaines semaines, après le début de la saison des pluies.
 

Le risque d’épidémie de maladie contagieuse est d’autant plus élevé que dans les camps, des dizaines de milliers de personnes sont entassées les unes sur les autres, dans des abris de fortune. À des fins de prévention, la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, avec la Croix-Rouge haïtienne et le CICR, a lancé une campagne de vaccination de masse liée au séisme, sous l’autorité du gouvernement haïtien, de façon à vacciner les enfants contre la rubéole, la coqueluche, le tétanos et la diphtérie, et d’administrer aux adultes des vaccins contre ces deux dernières maladies.
 
  Distribution de secours dans le quartier violent de Martissant
 

Ces derniers jours, le CICR a distribué 3 050 assortiments contenant des bâches et des cordes, des couvertures, des moustiquaires, du savon et des jerrycans aux familles touchées par le séisme à Martissant, l’un des quartiers les plus pauvres et les plus violents de la capitale. Le CICR travaille en Haïti depuis 1994 et dans les bidonvilles de Port-au-Prince depuis plus de dix ans. Par conséquent, les chefs communautaires acceptent le travail neutre, impartial et humanitaire du CICR et les distributions comme ce lle de Martissant se déroulent sans grande perturbation et avec beaucoup de bonne volonté.
 
Seules les femmes ont reçu des cartes d’inscription pour les distributions. Elles ont attendu leur tour dans de longues files d’attente pour recevoir des assortiments contenant des bâches, des couvertures, des moustiquaires, des ustensiles de cuisine, du savon et des jerrycans. « J’ai mal aux jambes, ici, déclare une femme, mais cela en vaut la peine. » Deux membres du personnel du CICR ont diffusé des informations sur les procédures de distribution et encouragé les femmes à se montrer patientes en attendant, en les divertissant par des chansons et des jeux de rôle. « Nous racontons des plaisanteries et nous les faisons rire, fait remarquer Marie Wongglère J. Sully, une collaboratrice. Par ailleurs, nous pouvons accélérer le processus de distribution en expliquant ce que les femmes doivent faire lorsqu’elles arrivent en tête de file. »

  Préoccupations au sujet des détenus
 

Le CICR reprend ses activités traditionnelles, notamment ses visites dans les lieux de détention et les postes de police du pays, où de nombreux détenus sont placés provisoirement, car la prison centrale a été endommagée par le séisme. Étant donné la situation actuelle, le CICR est plus que jamais préoccupé par les conditions de détention et discute du surpeuplement, du traitement, des dossiers des prisonniers et d’autres questions relatives à la détention avec les autorités détentrices.

Deux grandes tentes ont été données au ministère de la Justice, dont les locaux ont été détruits lors du tremblement de terre. Une tente servira de salle de tribunal temporaire, tandis que l’autre abritera des bureaux.

     

  Ces deux dernières semaines, le CICR a mené en Haïti les activités suivantes :
 

  Rétablissement des liens familiaux  

  • Le 18 février, le CICR a aidé trois garçons, âgés de huit, dix et douze ans, à retrouver leur famille à Port-au-Prince. Il a aussi réuni un autre garçon, de deux ans et demi, et sa mère le 25 février, après l’avoir amené de Cap-Haïtien à Port-au-Prince.

  • Actuellement, le CICR traite plus de 100 dossiers de recherches. Il s’agit non seulement de personnes à la recherche de proches dont elles sont sans nouvelles, mais aussi de 52 enfants non accompagnés dont le CICR recherche les parents ou les tuteurs. Ce processus peut parfois être long, mais le CICR est fermement convaincu que toutes les personnes concernées ont intérêt, à long terme, à ce que les formalités juridiques et pratiques soient terminées avant qu’un enfant et sa famille soient réunis.

  • Les volontaires de la Croix-Rouge haïtienne gèrent des postes chargés des recherches, où les habitants peuvent s’enregistrer sur le site du CICR www.familylinks.org. La base de données contient actuellement plus de 28 400 noms, dont ceux de plus de 5 700 personnes en Haïti annonçant qu’elles sont saines et sauves.

  Conditions de détention  

  • À Port-au-Prince, les délégués du CICR ont visité la prison de Carrefour et la prison pour femmes de Pétionville, où ils ont distribué 440 assortiments d’articles d’hygiène contenant des brosses à dents, du savon et d’autres articles de toilette. Ils ont en outre fourni aux autorités détentrices du matériel de nettoyage et offert aux détenus et à leur famille la possibilité de communiquer par téléphone.

  • Un délégué du CICR visite les prisons et les postes de police dans le sud du pays afin d’y évaluer les besoins relatifs au séisme et pour remplir les tâches habituelles du CICR. Dans cette région également, le CICR a permis aux détenus de parler avec leur famille au téléphone.

  • En tout, 815 bâches ont été données aux autorités détentrices à Port-au-Prince et à Jacmel, pour qu’elles les utilisent comme abris temporaires.

  • Les ingénieurs « eau » du CICR ont coordonné le nettoyage et la désinfection de la prison civile de l’Arcahaie. Des travaux semblables avaient déjà été effectués dans la prison civile de Port-au-Prince.

  Santé  

  • Au 26 février, environ 73 000 enfants et adultes sur les quelque 200 000 visés avaient été vaccinés. Ce chiffre comprend 13 365 enfants de moins de huit ans. Ils ont en outre reçu des compléments de vitamine A et des médicaments vermifuges. Le CICR a à ce jour soutenu la campagne dans trois zones où il travaille depuis des années : Martissant, Bel-Air et Canapé-Vert.

  • Dix postes de premiers secours de la Croix-Rouge haïtienne soutenus par le CICR ont soigné plus de 1 200 patients. De plus, les volontaires de la Croix-Rouge ont assuré la promotion des pratiques d’hygiène et diffusé des messages de santé publique dans plusieurs camps. Un centre de santé mobile, géré par des membres des Sociétés nationales finlandaise, suédoise et française, a collaboré avec les postes de premiers secours de la Croix-Rouge haïtienne à Carrefour-Feuille et à Canapé-Vert. Il devrait étendre ses services à Martissant ces prochains jours.

  Eau et assainissement  

  • Les travaux d’installation de 50 latrines dans le quartier d’Asile ont débuté. Dix d’entre elles seront adaptées aux personnes handicapées. Des latrines seront installées sur d’autr es sites ces prochains jours.

  • Un programme de gestion des déchets est sur le point de débuter. Il traitera les déchets évacués lors des activités d’assainissement du CICR en cours dans six endroits de Port-au-Prince, notamment les camps pour déplacés internes surpeuplés à Place Boyer et Boliman.

  • À Cité-Soleil, le plus grand bidonville, qui compte plus de 200 000 habitants, les ingénieurs « eau » du CICR ont réparé les fuites du réseau secondaire de distribution d’eau.

  • Le CICR continue de fournir de l’eau potable à quelque 16 000 personnes vivant dans les camps et dans le quartier de Cité-Soleil.

  • Des protocoles ont été établis avec la Centrale autonome métropolitaine d’eau potable (CAMEP) de Port-au-Prince au sujet de la fourniture d’essence à trois stations de pompage dans le quartier de Duvivier.

  Informations complémentaires :  

  Jessica Barry, CICR Port-au-Prince, portable : +509 3456 3392, satellite : +88 165 146 6175  

  Marçal Izard, CICR Genève, tél. : +41 22 730 24 58 ou +41 79 217 32 24