Le CICR en République centrafricaine
09-05-2012 Introduction
En République centrafricaine, le CICR apporte protection et assistance aux personnes touchées par la situation de conflit armé ou d'autres situations de violence. Il fournit des secours d’urgence, réalise des projets de soutien aux moyens d’existence et remet en état les installations d’approvisionnement en eau et d’assainissement. En outre, il visite les détenus, rétablit les liens familiaux entre proches séparés par la situation de conflit et s’emploie à promouvoir le droit international humanitaire (DIH) auprès des divers acteurs en présence.
Présent en RCA depuis 1983, le CICR a ouvert une délégation dans le pays en 2007. En plus de sa délégation à Bangui, il compte trois sous-délégations – une à Kaga-Bandoro, une à Ndélé et une à Bangui qui couvre le sud-est du pays. Le CICR dispose également d'un bureau à Paoua et d'une antenne à Birao.
En dépit d'un processus de désarmement, de démobilisation et de réinsertion débuté à la mi 2011 dans le nord-ouest du pays, et d'accords de paix et de cessez-le-feu, la situation en Centrafrique demeure précaire et fluctuante. Si les conditions de sécurité se sont améliorées au nord-ouest, elles se sont détériorées dans certaines zones du nord et demeurent difficiles dans l’est du pays. L'insécurité y est telle qu'elle entrave significativement l'acheminement de l'aide humanitaire, y compris celle du CICR.
Pour faire face aux situations d'urgence, le CICR distribue aux personnes vulnérables des vivres et des articles ménagers essentiels. L'accès à l'eau est amélioré par la réalisation de forages, la réhabilitation de puits et la protection de points d'eau. Afin de permettre aux populations touchées par les violences de retrouver une certaine autonomie alimentaire et économique, le CICR fournit des semences et des outils aratoires. Des moules à briques, du bois et des outils sont aussi distribués afin que les habitants dotent leurs maisons de portes et de fenêtres. Selon les cas, cette assistance s'accompagne de formations pour renforcer les connaissances des bénéficiaires en matière d'agriculture et d'élevage. Le CICR construit aussi des latrines et mène, au nord-ouest et au sud-est de la Centrafrique, un programme de sensibilisation aux règles d'hygiène élémentaires.
En 2011, le CICR a réunifié six ex-enfants soldats avec leurs familles ainsi que 29 enfants qui avaient été séparés des leurs durant des déplacements de populations ou d'autres événements liés aux violences armées. En février, c'est un bébé de neuf mois – abandonné en brousse pendant trois jours suite à des combats survenus au centre nord du pays – que le CICR a remis à sa grand-mère, les parents demeurant à ce jour introuvables.
Afin d'améliorer le soutien aux victimes des conflits armés en RCA, le CICR et la Croix-Rouge centrafricaine (CRCA) collaborent dans différents domaines. Dans le cadre de cette coopération, le CICR renforce le fonctionnement de la CRCA au niveau du siège et des branches situées dans les zones opérationnelles du CICR. Dans cette optique, il travaille au développment de la capacité opérationnelle de la CRCA en matière de préparation aux désastres et de rétablissement des liens familiaux. Il soutient la diffusion des principes de la Croix-Rouge (humanité, neutralité, indépendance, etc.). Ainsi, en 2011, dix nouvelles brigades ont par exemple été formées en secours d'urgence, portant leur total à 60.
Le CICR visite les lieux de détention en RCA depuis 1992. Plus de 30 lieux de détention sont actuellement visités à travers le pays. Ses activités se concentrent sur l'amélioration des conditions de détention et sur la prévention des mauvais traitements en faveur des personnes privées de liberté. Le CICR offre également un soutien structurel et matériel aux autorités pénitentiaires. Il conduit des projets de réhabilitation de certaines infrastructures pénitentiaires et améliore l'accès à l'eau et à la santé. De la nourriture est fournie dans des cas exceptionnels.
En matière de santé, le CICR intervient dans la lutte contre le paludisme à Obo dans le Sud-Est du pays. Dix personnes ont été formées et conduisent des consultations afin de détecter des cas de paludisme et de fournir un traitement. Toujours dans le sud-est, à Rafaï, le CICR développe un programme de soutien psycho social pour les personnes ayant subi directement ou indirectement des violences extrêmes. .
Afin de promouvoir le DIH et d'améliorer l'acception du CICR au sein de la société civile et des porteurs d'armes, des séances d'information sont régulièrement conduites. Là où l'accès aux moyens de communication est extrêmement limité et la Croix-Rouge peu connue, le CICR recourt à une troupe de théâtre de la CRCA. En mars, quelque 3'000 villageois du nord-ouest du pays ont ainsi été sensibilisés au rôle de la CRCA et du CICR. Les médias nationaux et internationaux, des brochures, des séminaires, etc. sont également utilisés en ce sens. S'y ajoutent des démarches auprès des autorités concernées et un appui à l'Université de Bangui et à l'École nationale d'administration et de magistrature. En cas de violations du DIH, le CICR entreprend des démarches bilatérales et confidentielles avec les parties aux conflits.
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