Le CICR au Pakistan
29-10-2010 Introduction
Le CICR a commencé à travailler au Pakistan au moment de la partition, en 1947. Depuis lors, il a mené des activités dans le pays durant les conflits indo-pakistanais et lors de la guerre de sécession de 1971, qui a abouti à la création du Bangladesh. Depuis 1981, le CICR assure une présence permanente au Pakistan, en premier lieu pour venir en aide aux victimes du conflit armé en Afghanistan. Ses opérations actuelles visent essentiellement à prêter assistance aux personnes touchées par la violence armée dans le nord-ouest du pays, au Baloutchistan et dans d'autres régions. L'institution fournit des soins médicaux aux blessés et aux personnes handicapées, et visite les détenus dans certaines régions. Elle apporte son soutien au Croissant-Rouge du Pakistan et s'emploie à diffuser le droit international humanitaire (DIH).
À la suite des inondations sans précédent qui ont frappé le Pakistan en 2010, certaines régions du nord de la province du Sindh sont, aujourd'hui encore, sous les eaux. Le CICR continue donc d'aider ces communautés à rétablir leurs moyens de subsistance. La catastrophe a fait de très nombreuses victimes au sein de la population pakistanaise, en particulier dans les communautés rurales reculées déjà durement touchées par les conséquences de la violence armée.
La violence armée qui a éclaté au milieu de l'année 2008 dans le nord-ouest du Pakistan a des effets dramatiques sur le plan humanitaire dans la région et ailleurs dans le pays. Les affrontements entre les forces armées pakistanaises et les groupes d'opposition armés qui font rage dans la province du Khyber Pakhtunkhwa depuis 2009 provoquent des vagues de déplacement successives, privant des dizaines de milliers d'habitants de services essentiels. Les répercussions des affrontements dans le Khyber Pakhtunkhwa et les zones tribales sous administration fédérale (FATA) attisent la violence qui règne dans les principales villes du pays, notamment à Karachi et Lahore. La violence interreligieuse et à caractère ethnopolitique dans ces villes ne fait qu'aggraver les conditions d'existence des civils.
Les effets du conflit armé en Afghanistan continuent de se faire sentir dans la province du Baloutchistan, dans le sud-ouest du pays, où de très nombreux blessés traversent la frontière pour se faire soigner.
Mouvements de population
Les hostilités et les mesures de sécurité qu'elles engendrent, notamment les points de contrôle et les couvre-feux, de même que les fréquents mouvements de population, continuent d'entraver l'accès aux personnes ayant besoin d'assistance. En collaboration avec le Croissant-Rouge du Pakistan, le CICR parvient toutefois à fournir une aide importante aux civils dans les zones touchées par les affrontements, ainsi qu'aux déplacés internes qui ont trouvé refuge dans des lieux plus sûrs – dans des familles d'accueil ou, moins fréquemment, dans des camps.
Le CICR continue d'apporter un soutien médical considérable aux hôpitaux de district dans le Khyber Pakhtunkhwa et les FATA, notamment en fournissant des médicaments, un soutien aux infrastructures et une aide à la formation. Les unités de soins médicaux du Croissant-Rouge du Pakistan actives dans le Khyber Pakhtunkhwa, dans les FATA et au Baloutchistan reçoivent également un soutien matériel du CICR.
Depuis le début de l'année 2010, le CICR a fourni des secours d'urgence à plus de 200 000 déplacés internes par mois et aide les membres de familles dispersées en raison de la violence à rétablir le contact avec leurs proches. Le CICR s'efforce de faciliter le retour des déplacés dans leur région d'origine en leur distribuant des semences, des fertilisants et des outils agricoles essentiels, afin de leur permettre de rétablir leurs moyens de subsistance.
Assistance aux personnes handicapées
À Peshawar, l'hôpital chirurgical de campagne du CICR prend en charge les blessés par balle. Son programme de réadaptation physique donne une chance aux patients handicapés de reprendre une vie active.
Le CICR a accès à certains détenus dans la province du Sindh, dans la partie du Cachemire administrée par le Pakistan et dans le Gilgit-Baltistan. Il gère un programme destiné à aider les familles à maintenir le contact avec leurs proches détenus au Pakistan ou à l'étranger.
Afin de faire mieux connaître le DIH et son propre mandat, le CICR maintient un dialogue avec les officiers supérieurs des forces armées, de police et de sécurité et, dans une moindre mesure, avec les membres des groupes armés. Il appelle notamment au respect des civils et des collaborateurs de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Le plan de communication du CICR cible également les médias, les chefs tribaux et religieux et les milieux universitaires.
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