Accueil
  English
  Arabic
  Russian
  Chinese
Aidez les victimes de la guerre : faites un don au CICR aujourd'hui
6-04-1998  Déclaration  
Droits de l'homme, exodes massifs et personnes déplacées
Commission des droits de l'homme, 54e session, point 9 (d) de l'ordre du jour. Déclaration du CICR, Genève, 6 avril 1998

Monsieur le Président,

Je vous remercie de donner la parole au Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Nous tenons tout d'abord à exprimer la gratitude du CICR pour le travail accompli par M. Francis Deng, Représentant du Secrétaire général chargé de la question des personnes déplacées dans leur propre pays. Depuis le début de son mandat, M. Deng a porté le phénomène du déplacement interne au premier plan des préoccupations de la communauté internationale.

Par son action, M. Deng a permis de faire mieux comprendre les divers problèmes que rencontrent les déplacés internes, et a formulé des recommandations précieuses sur les moyens d'aborder ces questions. À cet égard, le Représentant du Secrétaire général a, à juste titre, souligné qu'il incombait en premier lieu aux autorités nationales de répondre aux besoins de protection et d'assistance de leur population, tout en affirmant la disponibilité de la communauté internationale d'appuyer ces efforts.

Nul n'ignore que la grande majorité des déplacements internes se produisent dans un contexte de violence, qu'il s'agisse de troubles internes ou carrément d'un conflit armé. Dans de telles situations, le CICR a reçu pour mandat de protéger et d'assister toutes les victimes. Le respect du droit humanitaire, ainsi que le respect des droits de l'homme, diminueraient considérablement les cas de déplacement forcé. En tant que promoteur et gardien du droit international humanitaire, le CICR estime donc essentiel de rappeler aux parties leurs obligations découlant de ce droit. Il convient de garder à l'esprit que dans des situations de conflit armé interne, l'article 3 commun aux Conventions de Genève, reflet du droit international coutumier, est applicable, et que 142 États sont actuellement parties au Protocole additionnel II de 1977.

Les conflits récents se caractérisent par une tendance croissante à prendre les civils pour cible, soit comme stratégie de guerre, soit comme objectif même des belligérants. En conséquence, les personnes déplacées dans leur propre pays constituent souvent aujourd'hui une proportion considérable de la population touchée par un conflit. Si, une approche globale est nécessaire pour prendre efficacement en compte les besoins des victimes, conformément aux principes de neutralité et d'impartialité, il importe également d'être à l'écoute des besoins spécifiques des groupes vulnérables. À cet égard, le fait même d'être déplacé entraîne fréquemment une perte des moyens de subsistance et expose les personnes concernées à de nouveaux actes de violence. Il convient aussi de souligner que les femmes et les enfants, qui ont depuis longtemps été reconnus comme étant particulièrement vulnérables, peuvent représenter jusqu'à 80 % des personnes déplacées à l'intérieur de leur pays.

La complexité et l'ampleur des déplacements internes exigent un effort concerté de la communauté internationale. Il est donc important que les multiples acteurs travaillant dans le domaine humanitaire coordonnent leurs activités, en tenant compte tant du besoin de complémentarité que du respect du mandat et du rôle spécifique de chaque organisation.

Monsieur le Président,

Le CICR suit depuis plusieurs années avec un intérêt particulier et soutient activement un aspect précis du travail du Représentant du Secrétaire général, à savoir son analyse du droit international pertinent et ses efforts pour clarifier ce droit en lui donnant une forme concise et pratique. Le CICR est heureux d'avoir été associé à l'élaboration des Principes directeurs relatifs aux déplacements internes, que le Représentant soumet à la présente session de la Commission des droits de l'homme.

Les Principes directeurs comportent des normes applicables à tous les stades du déplacement, y compris, et c'est là un aspect essentiel, la protection contre le déplacement arbitraire. Nous tenons à souligner que, si ces Principes directeurs ne sont pas en eux-mêmes juridiquement contraignants, ils reflètent dans une large mesure le droit international existant, en particulier le droit international humanitaire. Bien qu'ils ne modifient ni ne remplacent ce droit, les Principes directeurs n'en fournissent pas moins des indications utiles sur la manière dont le droit doit être interprété dans le contexte du déplacement interne.

Le CICR est d'avis que ce document constitue un outil très utile pour promouvoir la connaissance des normes applicables, et de faire en sorte que tous les acteurs impliqués soient sensibilisés aux problèmes spécifiques susceptibles de se poser. Les Principes directeurs devraient donc s'avérer précieux pour tous ceux qui se trouvent confrontés à la question du déplacement interne. Pour sa part, le CICR s'efforcera de donner suite au travail du Représentant du Secrétaire général, en diffusant ces Principes directeurs, notamment au siège et dans ses délégations sur le terrain.

Monsieur le Président, je vous remercie.

Réf. LG 1998-026-FRE

Partager :
Autres documents dans cette section :
Activités > Diplomatie humanitaire > Nations Unies > Commission des droits de l'homme 

Vers le haut
Accueil | Plan du site | Recherche | Quoi de neuf | Contacts | Copyright | Politique de confidentialité | RSS
© 2008  Comité international de la Croix-Rouge
6-04-1998