17-03-2008 Communiqué de presse 08/46 Irak : ils sont des millions à lutter contre les effets de cinq années de guerre Genève (CICR) – Dans un rapport qu’il publie aujourd'hui, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) révèle que, cinq années après le déclenchement de la guerre en Irak, la situation humanitaire dans la plus grand partie du pays est une des plus critiques au monde. À cause du conflit, des millions d'Irakiens ont difficilement accès à l'eau potable, à des installations sanitaires et aux soins de santé. La crise actuelle est exacerbée par les effets prolongés des conflits armés précédents et d'années de sanctions économiques. « Le fait que certaines parties de l'Irak connaissent une plus grande sécurité ne doit pas nous faire oublier le sort que des millions de personnes livrées à elles-mêmes continuent de subir », a déclaré Béatrice Mégevand Roggo, le chef des opérations du CICR pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord. « Parmi cette multitude de personnes se trouvent des familles de déplacés et de réfugiés, des familles qui sont rentrées chez elles, des enfants et des personnes âgées, des handicapés, des familles qui ont à leur tête une femme, et des familles de détenus. » Bien que la sécurité se soit améliorée dans certaines régions, des Irakiens sont encore tués ou blessés chaque jour dans les combats et les attaques. Les civils sont souvent pris délibérément comme cible, et ce, au mépris total des règles du droit international humanitaire. Dans beaucoup de familles, il y au moins un malade ou un blessé, une personne portée disparue, détenue ou forcée de vivre loin de ses proches. Les soins de santé, l'approvisionnement en eau et en électricité et l'assainissement sont largement insuffisants. Les hôpitaux, qui manquent de personnel qualifié et de médicaments de base, font de leur mieux pour soigner correctement les blessés. De nombreuses structures de santé n'ont pas été entretenues comme il faudrait, et les soins qu’elles dispensent sont souvent trop chers pour les Irakiens de condition modeste. L'approvisionnement en eau a continué de se détériorer au cours de l'année écoulée. Des millions de personnes ne peuvent donc plus compter que sur un approvisionnement insuffisant en eau de mauvaise qualité, puisque les systèmes de distribution d’eau et d’égouts ne peuvent être entretenus et qu'il y a trop peu d'ingénieurs. Régulièrement, le CICR fournit une assistance médicale et des médicaments aux hôpitaux et effectue des réparations importantes sur les systèmes de distribution d’eau et les installations sanitaires. Cependant, c’est de loin insuffisant si l’on veut que tous les Irakiens aient un accès convenable à ces services vitaux. « Pour éviter une crise pire encore, il faudrait accorder plus d'attention aux besoins quotidiens des Irakiens, explique Mme Mégevand Roggo. Tout le monde devrait avoir régulièrement accès aux soins de santé, à l'électricité, à l'eau potable et à des installations sanitaires. » Par ailleurs, le CICR demande à toutes les parties impliquées dans le conflit armé et à toutes les personnes qui peuvent exercer une influence sur elles de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour que les civils, le personnel médical et les structures de santé soient épargnés. C’est en effet une obligation au titre du droit international et humanitaire qui s'applique à toutes les parties à un conflit armé – tant aux États qu'aux acteurs non étatiques.
Informations complémentaires : Dorothea Krimitsas, CICR Genève, tél. : +41 79 251 93 18 ou +41 22 730 25 90 Hicham Hassan, CICR Irak, tél. : +962 777 399 614 ou +962 6 552 39 94 |