Accueil
  English
  Arabic
  Russian
  Chinese
Aidez les victimes de la guerre : faites un don au CICR aujourd'hui
middle-east-kellenberger-statement-270206
27-02-2006  Déclaration  
Discours du président du CICR à l'assemblée générale de l’Organisation des Sociétés arabes du Croissant-Rouge et de la Croix-Rouge
Discours du président du CICR, Jacob Kellenberger, à la 34e assemblée générale de l’Organisation des Sociétés arabes du Croissant-Rouge et de la Croix-Rouge, Abou Dhabi (Émirats arabes unis), 27et 28 février 2006

Mesdames, Messieurs,

Je tiens à remercier le Secrétariat général de l’Organisation des Sociétés arabes du Croissant-Rouge et de la Croix-Rouge de m’avoir invité à cette importante Assemblée. Je tiens aussi à remercier notre hôte, la Société du Croissant-Rouge pour les Émirats arabes unis, de son accueil chaleureux et sa généreuse hospitalité. C’est pour moi un plaisir d’être ici. Et si je suis ici, c’est surtout pour vous écouter et mieux comprendre vos ambitions et vos préoccupations. Être partenaires, c’est s’écouter mutuellement et tenir dûment compte des préoccupations de chacun. Le CICR souhaite renforcer ses relations avec les Sociétés nationales du monde arabe. Ma présence ici aujourd’hui est une nouvelle illustration de ce souhait.

Le CICR entend avant tout œuvrer pour une action humanitaire concrète et efficace sur le terrain. Il est donc normal que je commence par évoquer certaines de nos opérations en cours.

Si vous examinez les appels d’urgence 2006, vous remarquerez un fort engagement humanitaire de l’institution dans les mondes arabe et islamique.

Le Soudan et le Pakistan se distinguent nettement comme les deux opérations de premier plan du CICR en termes de ressources humaines, de financement et de logistique.

La Somalie, touchée à la fois par un conflit armé et une terrible sécheresse, est en ce moment une de nos opérations prioritaires. Elle est également, et ce depuis de nombreuses années, un exemple de coopération excellente et fondée sur la confiance avec une Société nationale du Croissant-Rouge hôte.

Le Soudan, où le CICR s’attend à dépenser une centaine de millions de dollars US en 2006, demeure notre plus grande opération d’assistance et de protection.

La moitié des collaborateurs du CICR au Soudan – quelque 2 000 expatriés et membres du personnel soudanais – travaillent dans huit structures opérationnelles pour faire face à une situation très difficile sur les plans humanitaire et sécuritaire au Darfour. Ils y aident les personnes déplacées et la population locale et s’efforcent de les protéger, surtout dans les zones rurales reculées, où très peu d’organisations humanitaires sont présentes et actives.

Distribution de vivres, fourniture de semences et d’instruments aratoires, vaccination du bétail, approvisionnement en eau et intervention d’équipes chirurgicales mobiles sont autant d’exemples des activités qui permettent chaque jour de sauver des vies humaines dans la région. Au Sud-Soudan, le CICR reste très présent dans le domaine médical, notamment en fournissant un appui et une formation aux structures durables d’appareillage orthopédique. Les activités de recherche de personnes pour les déplacés et les réfugiés sur le point de rentrer dans leur foyer s’intensifient.

L’étroite coopération entre le CICR et le Croissant-Rouge soudanais est très importante dans ce contexte difficile. J’ai été heureux hier de m’entretenir à nouveau avec son secrétaire général, qui se rétablit bien de son grave accident. Plusieurs Sociétés nationales, dont certaines du monde arabe, participent dans une large mesure aux efforts déployés pour alléger les souffrances humaines au Soudan.

Comme vous le savez, une crise majeure concernant les moyens d’existence et la sécurité alimentaire sévit dans la Corne de l’Afrique, les régions les plus touchées étant le sud de la Somalie, le sud-est de l’Éthiopie et le nord du Kenya. La sécheresse touche des zones de conflit, en particulier dans le sud de la Somalie, où le conflit armé et la criminalité ont entraîné un déplacement massif des familles et causé un nombre élevé de victimes. Le CICR, qui joue un rôle humanitaire essentiel en Somalie depuis des années, a récemment intensifié ses activités afin de limiter les conséquences de la sécheresse. Il a déjà distribué de la nourriture à 80 000 personnes et continue d’acheter du bétail pour empêcher des milliers de bergers de sombrer dans la misère.

C’est en Israël et dans les territoires occupés et les territoires autonomes que sont menées les opérations humanitaires les plus importantes du CICR, l’accent étant clairement mis sur les activités de protection, ce qui implique de rappeler aux autorités concernées leurs obligations juridiques. Nous devrons peut-être renforcer nos activités opérationnelles dans la bande de Gaza, selon l’évolution de la situation et les besoins qui en découlent. Le CICR accorde également une attention particulière aux conséquences sur le plan humanitaire de la construction de la barrière en Cisjordanie.

Le CICR visite plus de 10 000 Palestiniens détenus par Israël. Ces détenus et leurs familles ont toujours recours aux visites organisées par le CICR pour pouvoir se rencontrer. En 2005, 200 000 personnes ont ainsi pu visiter leurs proches incarcérés dans les lieux de détention israéliens. Le CICR visite également les lieux de détention relevant de l’Autorité palestinienne. Il convient de mentionner ici notre excellente coopération tant avec le Croissant-Rouge palestinien qu’avec le Magen David Adom, notamment dans le domaine vital des services médicaux d’urgence.

Comme promis lors de la Conférence diplomatique de décembre dernier, le CICR étudie de près la possibilité de lancer des activités médicales supplémentaires dans le Golan occupé. Parmi les besoins répertoriés, la création d’un centre médical d’urgence est aujourd’hui une priorité du CICR. Depuis 1967, le CICR assure dans cette contrée un certain nombre de services humanitaires et il continuera de le faire.

En raison du conflit actuel et du grand nombre de victimes civiles, l’Irak est un contexte où il est extrêmement difficile de travailler. La priorité du CICR demeure les visites aux personnes privées de liberté. En 2005, environ 14 000 détenus ont été visités, au cours de plus de 80 visites dans différents lieux de détention du pays. Le CICR aide aussi les familles à visiter des parents détenus. Pour que le contact entre les détenus et leur famille soit maintenu, le CICR et le Croissant-Rouge de l’Irak ont recueilli et distribué des milliers de messages familiaux durant la même période.

En outre, le CICR fournit des secours médicaux, de l’eau, une aide matérielle et des vivres aux civils touchés par le conflit, et ce, en grande partie par l’intermédiaire du Croissant-Rouge de l’Irak, qui fait un travail remarquable dans des circonstances très éprouvantes.

Le CICR a toujours fortement à cœur de venir en aide aux victimes du terrible tremblement de terre qui a eu lieu en Asie du Sud en octobre 2005. Il continue de concentrer ses activités d’assistance dans le district de Muzaffarabad, ainsi que dans les vallées de la Neelum et de la Jhelum.

Le CICR joue un rôle primordial dans cette région, où il aide un quart de la population du district. Nous avons aussi pu agir rapidement. La coopération avec les autorités pakistanaises – l’armée en particulier–, le Croissant-Rouge du Pakistan et plusieurs Sociétés nationales participantes est excellente, surtout dans le domaine médical.

Mesdames, Messieurs,

L’universalité est un des sept Principes fondamentaux du Mouvement. Je suis parfois tenté de proposer d’y ajouter un autre principe : la crédibilité. Comme nous le savons tous et nous sommes très probablement tous d’accord sur ce point, les principes ne sont crédibles que dans la mesure où ils sont respectés et où ils guident notre comportement. L’adoption du Troisième Protocole additionnel lors de la Conférence diplomatique en décembre dernier a été un pas décisif sur la voie de l’universalité. En même temps, elle a marqué une étape importante pour la crédibilité du Mouvement. Le CICR en tant qu’organisation – et moi-même à titre personnel – nous félicitons vivement de cette adoption. Résolument en faveur de ce processus dès le moment où j’ai assuré la présidence, j’ai demandé instamment aux participants à la Conférence de traiter cette question comme une question purement humanitaire, en laissant de côté toute considération politique.

J’espère vivement que la conférence internationale de juin approuvera les amendements aux Statuts du Mouvement qui font suite à l’adoption du Troisième Protocole additionnel. Les conditions juridiques seront alors remplies pour que le CICR reconnaisse – et que la Fédération admette en son sein – le Magen David Adom en Israël, et d’autres Sociétés susceptibles à l’avenir de choisir le cristal rouge et de satisfaire aux autres critères de l’article 4 des Statuts du Mouvement. Je ne pense pas qu’il soit vraiment nécessaire de vous rappeler que ces critères doivent, eux aussi, être respectés une fois qu’une Société est membre à part entière du Mouvement.

Le but de cette conférence est aussi de créer un cadre pour la reconnaissance et l’admission du Croissant-Rouge palestinien comme membre à part entière du Mouvement, perspective dont je me félicite aussi vivement. Si vous avez des craintes au sujet de la conférence de juin, je serai heureux d’en discuter avec vous. Une fois encore, je suis ici pour écouter et comprendre vos préoccupations.

Un élément important du processus qui a conduit à l’adoption du Troisième Protocole additionnel a été la conclusion d’un protocole d’accord entre le Magen David Adom et le Croissant-Rouge palestinien et, conformément à ce protocole, d’un accord portant sur des arrangements opérationnels entre les deux Sociétés. Une disposition du protocole d’accord stipule que le Magen David Adom et le Croissant-Rouge palestinien agiront dans le cadre légal applicable aux territoires palestiniens occupés, notamment la IVe Convention de Genève 1949 .

Je dois souligner qu’il est très important de mettre en œuvre sans tarder et de manière exhaustive les engagements contenus dans le protocole d’accord et les arrangements opérationnels. Cela améliorera les services humanitaires aux personnes qui en ont un besoin urgent et renforcera la coopération entre les deux Sociétés dans l’accomplissement de leur mandat.

Une meilleure coordination entre les organisations humanitaires dans le but d’accroître les effets de l’action humanitaire est – à juste titre – une question qui attire de plus en plus l’attention de l’opinion publique et des autorités, à l’intérieur comme à l’extérieur du Mouvement.

Vous avez certainement connaissance de l’important travail qui a cours aux Nations Unies et dont les implications dépassent le système onusien. Il se peut même que certains d’entre vous, en tant qu’organismes d’exécution par exemple, y participent.

Nous avons, au sein du Mouvement, un accord comprenant des règles de coordination. Nous avons eu, à Séoul, des discussions fructueuses sur l’Accord de Séville, et vous aurez peut-être noté que, en tant que président du Conseil des Délégués, j’ai encouragé la tenue d’un débat ouvert, en lui accordant le temps nécessaire.

Le CICR est prêt à investir ses efforts dans le groupe de travail créé par le Conseil, et le président du groupe fera rapport à la prochaine session du Conseil des Délégués. Nous attendons le même engagement de la part de toutes les autres composantes intéressées par un mécanisme de coordination du Mouvement qui fonctionne bien et qui soit compatible avec les mandats des différentes composantes.

Si nous n’avons pas engagé ce processus nous-mêmes, nous voulons sincèrement que l’Accord de Séville et les mesures complémentaires donnent les meilleurs résultats possible. La coordination ne sera jamais parfaite, mais elle peut être améliorée. Dans le contexte actuel, le réseau du Mouvement sera de plus en plus jugé d’après sa capacité à coordonner l’action humanitaire entre ses composantes. C’est une tâche stimulante et bienvenue. L’intérêt du CICR pour la coordination est exclusivement humanitaire : il s’agit d’accroître les effets de l’action humanitaire par une coordination efficace entre des partenaires efficaces qui respectent les règles, à l’intérieur comme à l’extérieur du réseau du Mouvement. Toutefois, le Mouvement reste le principal cadre de référence du CICR.

En ces temps surtout, je ne peux pas conclure sans insister sur l’importance du respect mutuel des différentes religions, cultures et convictions. C’est une occasion unique pour le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge d’en donner un exemple convaincant.

Je souhaite plein succès à cette conférence.

Merci.

Partager :
Autres documents dans cette section :
Focus > Mouvement CR > Stratégies et actions 

Vers le haut
Accueil | Plan du site | Recherche | Quoi de neuf | Contacts | Copyright | Politique de confidentialité | RSS
© 2008  Comité international de la Croix-Rouge
27-02-2006