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2-06-2008  Éclairage  
Myanmar: de l’eau potable pour les habitants isolés de Dedaye
Près de 10 000 personnes vivant sur une petite île dans l’est du delta de l’Irrawaddy, ravagé par le cyclone, ont désormais accès à l’eau portable grâce à la Croix-Rouge de Myanmar et au CICR.

©ICRC
Delta de l’Irrawaddy. Approvisionnement en eau potable aux communautés touchées par le Cyclone Nargis.

Dans l’ensemble du delta situé à basse altitude, les villageois recueillent normalement leur eau potable dans des bassins de collecte de l’eau de pluie, mais au lendemain du cyclone Nargis, les carcasses d’animaux en décomposition, les cadavres humains, l’eau salée et les débris ont rendu de nombreux bassins inutilisables.

C’était le cas sur l’île de Kyone Dar, située dans la commune de Dedaye et accessible uniquement par bateau.

Chaque village de l’île avait généralement un ou deux bassins pour l’eau potable et quelques autres à usage domestique, pour la lessive, la toilette et le nettoyage des ustensiles. Les bassins comprenaient en général une partie souterraine, d’une profondeur de deux mètres environ et une partie supérieure découverte, haute d’un mètre environ et protégée par un mur de terre.

« Quand Nargis a frappé, les bassins ont été inondés d’eau de mer salée ou contaminés par des animaux morts », a déclaré Valérie Meilhaud, ingénieur des eaux pour le CICR à Yangon. « Depuis lors, les habitants en sont réduits à récupérer l’eau de pluie sur leurs toits. Mais comme beaucoup de maisons ont été endommagées par le cyclone et qu’il n’y a aucun endroit où conserver l’eau de pluie, les habitants peuvent seulement faire des réserves d’eau pour deux ou trois jours ».

Le CICR, en étroite coopération avec la Fédération internationale des Sociétés de la Croix- Rouge et du Croissant-Rouge et la Croix-Rouge de Myanmar, a envoyé du matériel de traitement de l’eau à Kyone Dar pour faire face aux besoins quotidiens en eau potable d’environ 10 000 personnes. Une équipe de volontaires de la Croix-Rouge de Myanmar formés à cet effet aidera les villageois à vider et à nettoyer les bassins contaminés.

L’unité a été mise en place le 24 mai et il faudra environ sept à dix jours avant que les bassins soient à nouveau remplis d’eau de pluie. Dans l’intervalle, la Croix-Rouge fournit donc de l’eau traitée aux habitants, ainsi que des seaux et des réservoirs pour collecter l’eau de pluie.

« Certains bassins ont été nettoyés à la main, mais les gens craignent encore de boire cette eau parce qu’ils savent ce qui y flottait auparavant et ils ont peur de tomber malades. Psychologiquement, ils ont besoin de savoir que les bassins ont été correctement nettoyés », a ajouté Valérie Meilhaud.

Sur l’île, l’équipe de la Croix-Rouge comprend deux ingénieurs des eaux du CICR venant de Myanmar et des volontaires locaux de la Société nationale. Ils font partie d’un vaste réseau national de près de 27 000 volontaires, dont beaucoup travaillent sans relâche pour aider les victimes depuis que le cyclone a frappé, le 2 mai.

Outre la livraison de matériel pour la purification de l’eau et la formation, le CICR apporte son soutien à l’opération de secours dans d’autres domaines clés, notamment pour rétablir les liens familiaux et regrouper les membres de familles dispersées par le cyclone.

Le CICR a aidé la Croix-Rouge de Myanmar à mettre en place un service de rétablissement des liens familiaux, permettant aux volontaires de recueillir des informations auprès des personnes qui recherchent des nouvelles d’êtres chers ou qui souhaitent informer leurs amis et leur famille qu’ils sont sains et saufs.

Le CICR conseille également la Croix-Rouge de Myanmar, d’autres organisations humanitaires et les autorités sur la manière la plus appropriée de traiter les corps des défunts qui n’étaient pas encore ensevelis plus de trois semaines après la catastrophe. Les volontaires de la Croix-Rouge ont reçu une formation pour savoir s’occuper des cadavres de manière sûre et digne. On leur a également fourni des kits confectionnés par le CICR, contenant l’équipement de protection nécessaire, des consignes et des formulaires pour enregistrer les données importantes relatives aux défunts.

Le CICR entretient un dialogue étroit avec le directeur général des prisons au sujet d’éventuelles activités de secours et de réhabilitation, notamment des réparations matérielles dans des lieux de détention endommagés par le cyclone.

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