17-01-2009 Interview Armes au phosphore – Le point de vue du CICR Peter Herby, chef de l’Unité armes au CICR, donne un aperçu des règles applicables aux armes au phosphore pour expliquer la position de l’institution sur cette question.
Peter Herby, chef de l’Unité armes
L’utilisation par Israël d’armes au phosphore blanc au cours du conflit actuel à Gaza a-t-elle été confirmée ? Oui. Selon des informations fournies par de nombreux médias, et selon des images et des analyses d’experts crédibles, des armes au phosphore ont été utilisées dans ce conflit. Quelles sont les règles du droit international humanitaire qui sont applicables à l’emploi d’armes au phosphore et qui visent à épargner les civils?
Tout d’abord, j’aimerais souligner qu’il existe des règles fondamentales stipulant que les civils doivent être protégés des effets de toutes les opérations militaires et qu’il est formellement interdit d’attaquer des civils avec quelque arme que ce soit. Le CICR estime-t-il que les armes au phosphore blanc telles qu’utilisées à Gaza sont légales en vertu du droit international humanitaire ?
Si des délégués du CICR rassemblaient sur le terrain des preuves crédibles et précises de violations, ou si le personnel médical du CICR corroborait les informations fournies par d’autres, le CICR commencerait par en discuter avec la partie concernée – plutôt que d’en débattre publiquement – conformément à notre pratique habituelle. Nous n’avons fait aucun commentaire public sur la légalité de l’utilisation actuelle d’armes au phosphore par Israël, contrairement à ce que prétendent certaines informations parues récemment dans les médias. L’usage d’armes contenant du phosphore blanc, en particulier d’armes incendiaires, dans une zone peuplée suscite-t-il des préoccupations spécifiques sur le plan humanitaire ?
Oui. Les armes au phosphore blanc répandent du phosphore enflammé, qui brûle à plus de 800 °C (env. 1 500 ° Fahrenheit), sur une vaste surface pouvant atteindre plusieurs centaines de m2. La combustion va se poursuivre jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de phosphore ou jusqu’à ce que celui-ci ne soit plus exposé à de l’oxygène. Cette arme est susceptible de causer des blessures particulièrement horribles et douloureuses ou une mort lente atroce. Le personnel médical doit être spécialement formé pour traiter de telles blessures et peut subir lui-même des brûlures. Si des armes contenant cette substance sont utilisées contre des cibles militaires situées dans des zones peuplées ou à proximité, elles doivent être utilisées avec une extrême prudence pour éviter des pertes civiles. |