20-08-2009 Interview Yémen : les civils sont contraints de fuir devant l'intensification des combats On compte des milliers de déplacés internes au Yémen, où la situation humanitaire s'est dégradée ces derniers jours en raison de la reprise des affrontements dans les gouvernorats de Saada et d'Amran. Jean-Nicolas Marti, chef de la délégation du CICR au Yémen, décrit ce que vit actuellement cette population déplacée.
Jean-Nicolas Marti, chef de délégation au Yemen
Quelle est la situation actuelle à Saada et dans d'autres régions touchées par les combats dans le nord du Yémen ?Les affrontements armés se sont intensifiés ces deux dernières semaines et se poursuivent à l'instant où je vous parle. Des milliers de personnes ont fui les combats pour chercher refuge dans la ville de Saada et ses environs. Dans le gouvernorat d'Amran aussi (district de Harf Soufyan), des centaines de personnes ont été déplacées par les hostilités ; elles sont maintenant dispersées dans tout le gouvernorat. Ces déplacés internes n'ont sans doute pas pu emporter grand-chose avec eux, raison pour laquelle nous pensons qu'ils ont besoin d'assistance de toute urgence. À ce jour, le CICR ne dispose pas encore de chiffres précis sur le nombre de personnes déplacées. Notre accès aux zones les plus durement touchées est actuellement limité, mais nous mettrons tout en œuvre pour fournir l'assistance humanitaire nécessaire dès que les conditions de sécurité permettront à nos collaborateurs de se rendre dans ces zones. En coopération avec le Croissant-Rouge du Yémen, le CICR porte assistance aux personnes touchées par les affrontements dans le nord du pays, notamment en leur fournissant des soins de santé, du matériel de première nécessité et de l’eau potable.
Par l'intermédiaire de ses services de recherches, le CICR aide les demandeurs d’asile et les réfugiés à rétablir le contact avec les membres de leur famille restés chez eux. Il permet aussi à des familles yéménites de rester en relation avec des proches détenus à l’étranger. Le CICR a visité deux détenus transférés de Guantanamo Bay au Yémen, et il espère pouvoir reprendre ses visites dans des lieux de détention de tout le pays. Le CICR s'emploie à faire mieux connaître le droit international humanitaire, ainsi qu'à le faire intégrer dans la législation nationale, les programmes d’enseignement scolaire et universitaire et les programmes de formation des forces armées et de police. Le CICR est présent au Yémen depuis la guerre civile qui a fait rage dans les années 1960. Aujourd'hui, son effectif pour tout le pays est de 117 collaborateurs : 20 expatriés et 52 collaborateurs nationaux basés à Sanaa, ainsi que 5 expatriés et 40 collaborateurs nationaux à la sous-délégation de Saada, dans le nord du pays. Il paraît que de nombreuses personnes ont fui leur foyer. Quels sont leurs besoins aujourd'hui ? Le CICR est très préoccupé par le sort des civils touchés par les combats dans les gouvernorats de Saada et d'Amran et dans les régions avoisinantes. Nous appelons les parties au conflit à prendre toutes les mesures nécessaires pour que leur vie et leurs biens soient épargnés. |