Les combats qui font rage depuis cinq mois et qui se sont récemment étendus à la frontière avec l’Arabie saoudite ont provoqué une nette dégradation des conditions de vie d’une population déjà très éprouvée. Si des mesures ne sont pas prises immédiatement pour renverser cette tendance, le nord du Yémen pourrait sombrer dans une crise humanitaire durable qui entraverait également les efforts de développement, a fait savoir aujourd’hui le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
« Le conflit dans le nord du Yémen a été trop longtemps négligé. La pauvreté et la pénurie d’eau et de nourriture ne font qu'aggraver la situation », a déclaré Dominik Stillhart, directeur adjoint des opérations au CICR, à son retour du Yémen. « Plus important encore, les conditions de sécurité ont continué de se détériorer, ce qui rend notre travail plus difficile et plus dangereux. »
Les civils, en particulier les femmes et les très jeunes enfants, sont les premières victimes du conflit. De nombreuses personnes sont prises au piège des hostilités et ne reçoivent plus l’assistance vitale dont elles ont besoin, car les organisations humanitaires sont dans l'incapacité d'arriver jusqu'à elles à cause des combats. Venant s’ajouter au nombre des déplacés internes, certains habitants parviennent à fuir vers des régions plus sûres, où ils sollicitent souvent les ressources déjà maigres des communautés d’accueil. En outre, les camps de déplacés ne se trouvent pas toujours dans des lieux sûrs et doivent parfois être réinstallés ailleurs.
En vue de la conférence internationale sur le Yémen qui se tiendra à Londres cette semaine, le CICR demande instamment aux parties au conflit et à tous ceux qui sont en mesure de faire évoluer favorablement la situation sur le terrain de respecter et de mieux faire respecter le droit international humanitaire, en particulier d’épargner les civils et d’autoriser le passage sans entrave de l’aide humanitaire. « La communauté internationale s’étant engagée à renforcer l’aide au développement en faveur du Yémen, il est essentiel que des mesures urgentes soient prises pour assurer la protection des personnes touchées par le conflit et permettre à celles-ci de recevoir l’assistance dont elles ont si cruellement besoin », a poursuivi Dominik Stillhart.
Depuis la mi-août 2009, le CICR et le Croissant-Rouge du Yémen sont venus en aide à quelque 150 000 personnes touchées par le conflit. Les deux institutions ont répondu aux besoins les plus pressants, fournissant de l’eau, des vivres et d’autres biens de première nécessité à environ 75 000 personnes déplacées dans les gouvernorats de Saada et d’Amran.
Le CICR compte 140 collaborateurs au Yémen, dont 28 expatriés.
Informations complémentaires :
Rabab Al-Rifaï, CICR Sanaa, tél : +967 1 213 844 ou +967 711 94 43 43
Dorothea Krimitsas, CICR Genève, tél : +41 22 730 25 90 ou +41 79 251 93 18