28-11-2005 Éclairage Colombie : des soins médicaux pour une communauté isolée En raison du conflit interne qui touche le pays les habitants de la communauté de Vásquez, dans la municipalité d’Urrao (Antioquia), n’ont eu accès à aucun soin médical durant deux années. Fin 2005, une brigade de santé escortée par le CICR a enfin pu se rendre dans cette région reculée. « Les conditions dans lesquelles vivent ces gens sont préoccupantes, ils n’ont pas accès à l’eau potable, pas d’électricité ni de système d’évacuation des eaux. Cette situation provoque de sérieux problèmes de santé », explique Arcelinda Perea Escobar, infirmière auxiliaire de la brigade de santé qui s’est rendue à Vásquez du 31 octobre au 4 novembre 2005.
Du 31 octobre au 4 novembre la brigade de santé a :
La communauté de 5000 habitants est répartie en plusieurs hameaux dispersés, à plusieurs heures de marche les uns des autres. Les maisons en bois ont été bâties le long de sentiers sur les flancs de montagnes escarpées. Depuis la route d’Urrao, deux jours à dos de mule sont nécessaires pour atteindre ces régions. Les 125 habitants du village principal de Vásquez se fournissent en eau à une source proche sans qu’aucun système de traitement des eaux sales et des ordures n’ait été aménagé. Des maladies, telles que la malaria, la leishmaniose, la gastrite, l'arthrite, les problèmes respiratoires, et les infections rénales sont courantes. De plus, la malnutrition est elle aussi la cause d’autres troubles de santé. Le programme de santé par les airs, Programa Aéreo de Salud, (PAS), mis au point par la mairie et l’hôpital de Urrao permet de transporter par hélicoptère du matériel et des équipes médicales vers des régions isolées. Ces dernières années cependant, les problèmes de sécurité engendrés par la guerre civile ont rendu dangereux l’accès à la région de Vásquez. La présence de plusieurs groupes armés a encore isolé davantage la communauté qui, durant deux ans, n’a pas vu de médecin ni été fournie en médicaments. Seuls les deux instituteurs de la communauté possèdent quelques rudiments de premiers soins et peuvent distribuer des antidouleur.
©ICRC/S. Mutti
Des habitants de la région de Vásquez attendent leur tour pour la consultation médicale.
En octobre 2005, enfin, un hélicoptère du PAS s'est posé à Vásquez. La sécurité du convoi était assurée par le CICR grâce à ses contacts avec les différentes parties au conflit. L’hélicoptère, protégé par l’emblème de la croix rouge a effectué plusieurs allers-retours. Dès sa première arrivée sur place, il a dû embarquer une femme qui s’était brisé la hanche dix jours auparavant et n’avait pu recevoir de soins. Plus tard, une autre femme sur le point d’accoucher a elle aussi été transportée.
Sur place, durant les quatre jours de leur présence, les médecins et infirmiers ont donné de nombreuses consultations aux populations de toute la région, dispensé des soins (y compris des soins dentaires) et pratiqué des vaccinations. Apprendre à la population à prendre soin d’elle-même est également une activité essentielle de la brigade. Des réunions d’information ont permis d’aborder des thèmes comme la planification familiale, l’hygiène et la prévention des maladies. Le docteur Gabriel Jaime Betancourt, médecin coordonnateur de l’hôpital d’Urrao souligne le rôle joué par le CICR: "Il nous serait extrêmement difficile de pénétrer dans cette région sans être accompagné par le CICR du fait de la situation complexe d’Urrao en matière d’ordre public et à cause des tensions que notre présence provoque. (…) j’apprécie grandement l’activité du CICR qui nous assure la sécurité à l’égard des groupes armés. Sans cette garantie, il nous serait impossible de rester ici." |