Situation générale
Le système de santé irakien a été mis à mal par des dizaines d'années de conflit et peine à fournir des soins de santé adéquats à la population civile. Le CICR apporte son soutien en distribuant aux hôpitaux du matériel d'usage courant ainsi que des secours d'urgence ; plus important encore, il dispense aux médecins et aux infirmiers irakiens des formations sur la chirurgie de guerre, la gestion des traumatismes, la lutte contre les infections et les premiers secours. « Ces séminaires sont importants non seulement en raison des sujets abordés, mais aussi des enseignements qu'ils offrent sur la mise en commun des informations et sur la communication avec les patients – des aspects qui ne sont généralement pas enseignés dans notre système actuel », explique le Dr Jawad Ramadan, un chirurgien qui a participé au mois de décembre à un séminaire de trois jours sur la chirurgie de guerre qui a rassemblé 40 médecins issus de différentes régions du pays. Cette formation a été organisée par le CICR en coopération avec le ministère de la Santé irakien et le ministère de la Santé du gouvernement régional du Kurdistan.
Vingt-six autres médecins et infirmiers ont suivi un cours de traumatologie d'urgence, et 21 volontaires du Croissant-Rouge de l'Irak ont assisté à un cours de perfectionnement aux premiers secours. « Ces formations visent à améliorer la qualité des soins de santé prodigués à la population civile, en permettant en particulier au personnel médical de mieux faire face aux situations d'urgence et à un afflux massif de blessés », a déclaré Cédric Clerc, le délégué du CICR chargé du programme de formation en Irak.
Le CICR apporte également un soutien aux centres d'appareillage orthopédique et aux programmes de réadaptation physique gérés par les autorités sanitaires irakiennes. Un séminaire annuel sur la fourniture de prothèses, d'orthèses et de fauteuils roulants aux personnes handicapées a eu lieu dernièrement à Erbil. Il a réuni 57 participants, parmi lesquels des responsables, des techniciens, des physiothérapeutes et des représentants des ministères de la Santé et de l'Enseignement supérieur. En outre, deux orthoprothésistes et un physiothérapeute du centre d'appareillage orthopédique soutenu par le CICR à Najaf ont suivi un cours sur les techniques d'adaptation des fauteuils roulants aux besoins des patients et sur la formation des patients à leur utilisation.
Le CICR a récemment achevé un projet de reconstruction sur deux ans de l'hôpital général Al-Joumhoury, à Kirkouk, le principal établissement hospitalier du gouvernorat, qui couvre les besoins de quelque 750 000 personnes. « Ce projet, un des plus importants du CICR à l'échelon mondial, permettra d'améliorer sensiblement les soins médicaux dans cette région », a déclaré Laurent Poli, un ingénieur hydraulicien du CICR qui travaille en Irak. « Nous avons entièrement rénové cinq des 13 bâtiments du complexe hospitalier ainsi que les systèmes d'approvisionnement en eau et d'évacuation des eaux usées. »
Visites de détenus
Le CICR visite régulièrement les centres de détention gérés par les différents ministères irakiens et les autorités américaines, afin d'évaluer les conditions de détention et le traitement réservé aux détenus. En décembre, les délégués du CICR ont visité des personnes détenues :
● sous l'autorité du ministère de la Justice dans les prisons de Fort Suse (gouvernorat de Soulaimaniya) et de Nassiriya (gouvernorat de Thi-Qar) ;
● sous la responsabilité du ministère de l'Intérieur à Tasfirat Kirkouk (gouvernorat de Kirkouk), à Tasfirat Diwaniya (gouvernorat de Diwaniya) et dans le centre de détention du Counter-Terrorism Directorate (direction anti-terroriste – gouvernorat de Bagdad) ;
● sous l'autorité du ministère de la Justice, du ministère du Travail et des Affaires sociales et de diverses forces de sécurité dans cinq prisons dans le nord de l'Irak (gouvernorats d'Erbil, de Dohouk et de Soulaimaniya).
Par ailleurs, le CICR a démarré les travaux de rénovation de la station d'évacuation des eaux usées du Counter-Terrorism Directorate ; une fois achevés, ils permettront d'assurer un traitement adéquat des eaux d'égout de ce centre de détention et de la section pour femmes de la prison de Roussafa, située dans le même complexe.
Les détenus handicapés de la prison de Chamchamal (gouvernorat de Soulaimaniya) ont reçu des béquilles.
En décembre, plus de 4 000 messages Croix-Rouge ont été échangés entre les détenus et leurs familles. Le CICR et le Croissant-Rouge de l'Irak travaillent ensemble pour assurer que les détenus et leurs familles puissent garder le contact et échanger des nouvelles.
Faire la lumière sur le sort des personnes portées disparues
Des milliers de familles ne savent toujours pas ce qu'il est advenu de leurs proches portés disparus à la suite des différents conflits qui ont déchiré le pays. Le CICR continue de soutenir les efforts déployés par les autorités pour tenter de faire la lumière sur le sort de milliers de personnes dont on est sans nouvelles depuis la guerre avec l'Iran (1980-1988) et la guerre du Golfe (1990-1991). Depuis 2003, l'institution forme des spécialistes locaux en médecine légale aux techniques d'identification et de gestion des dépouilles.
En décembre, sous les auspices du CICR, les autorités koweïtiennes ont remis au ministère des Droits de l'homme et au centre Al-Zubair, en Irak, les restes non identifiés de trois ressortissants irakiens. Une fois identifiés, ils seront remis aux familles, qui pourront ainsi enfin tourner la page de ce long et douloureux chapitre de leur vie.
Assistance aux personnes vulnérables
Le CICR continue de soutenir les personnes vulnérables qui ont des difficultés à gagner leur vie et à subvenir aux besoins de leur famille, notamment les femmes chefs de famille et les personnes handicapées. Il aide également les communautés à créer des sources de revenus et à retrouver une autonomie économique. En décembre :
● plus de 36 000 personnes déplacées vivant dans des lieux de rassemblement dans les gouvernorats de Diyala, Salah al-Din et Kirkouk ont reçu des assortiments d'ustensiles de cuisine, des bouteilles thermos, des théières, des bouilloires, des jerrycans, des seaux, des couvertures, des assortiments d'articles d'hygiène et des nattes pour les aider à faire face aux rigueurs de l'hiver ;
● plus de 2 200 ménages avec à leur tête une femme ont reçu chaque mois des colis de vivres et des articles d'hygiène dans les gouvernorats de Bagdad, de Diyala, de Salah al-Din et de Ninive ;
● dans les gouvernorats d'Erbil, de Dohouk, de Soulaimaniya et de Ninive, 94 personnes handicapées ont bénéficié de projets qui leur ont permis de créer de petites exploitations et de retrouver une autonomie économique.
Approvisionnement en eau potable et assainissement
Les ingénieurs hydrauliciens du CICR ont continué de réparer et d'améliorer les infrastructures d'approvisionnement en eau et d'assainissement ainsi que les installations électriques à travers tout le territoire. L'objectif de cette démarche était de favoriser l'accès de la population civile à l'eau potable et d'améliorer la qualité des services fournis aux communautés et aux structures de santé. En décembre, les ingénieurs du CICR ont :
● construit un centre de consultations à l'hôpital général Al-Qaim (district d'Al-Qaim), qui avait été sérieusement endommagé par les combats de 2005. La nouvelle structure permet à l'hôpital de soigner jusqu'à 1 000 patients par jour ;
● construit un centre de soins de santé primaires à Nizary (district de Soran), qui couvre les besoins de quelque 1 500 habitants de 60 villages situés dans la région reculée du sous-district de Sidakan, près de la frontière turque ;
● achevé la construction d'une unité de pédiatrie à l'hôpital Sinjar (gouvernorat de Ninive), desservant quelque 300 000 personnes ;
● remplacé les pompes et effectué des travaux de maintenance sur les unités de traitement chimique de la station de traitement des eaux de Habaniya (gouvernorat d'Anbar), afin d'augmenter la quantité d'eau distribuée à quelque 30 000 habitants et d'améliorer sa qualité ;
● entièrement rénové la station de traitement des eaux de Ramadi, la plus grande structure de ce type dans le gouvernorat d'Anbar, qui couvre les besoins d'environ 450 000 personnes ;
● remplacé les unités de traitement chimique de 14 unités compactes dans le gouvernorat de Babil fournissant de l'eau potable à quelque 180 000 habitants ;
● réparé les systèmes de filtrage et de chlorage de la station de traitement des eaux de Taza (gouvernorat de Kirkouk), qui fournit de l'eau potable à 25 000 habitants ;
● rénové la station de pompage Tabat al-Kurd, à Bagdad, qui dessert 4 000 personnes dans la région d'Al-Fadhil ;
● réparé quatre forages dans la région de Jabara (gouvernorat de Diyala), afin d'augmenter la quantité d'eau distribuée à 7 000 habitants ;
● fourni et installé quatre pompes et effectué des travaux de réparation à la station de traitement des eaux de Khawaja Khalil (gouvernorat de Ninive), qui couvre les besoins en eau de 60 000 personnes.
De l'eau a été acheminée par camion pour approvisionner :
● 4 500 personnes déplacées à Sadr City et 340 personnes déplacées à Husseinia, à Maamil et à l'hôpital universitaire de Bagdad (gouvernorat de Bagdad) ;
● le camp Qalawa à Soulaymaniya, qui héberge quelque 360 personnes déplacées.
Promotion du droit international humanitaire
Rappeler aux parties à un conflit qu'elles ont l'obligation de protéger les civils est une composante essentielle de l'action menée par le CICR. L'institution s'attache également à promouvoir le droit international humanitaire au sein de la société civile. Dans ce contexte, elle a organisé une série de présentations pour divers publics – militaires, étudiants et professeurs – sur tout le territoire irakien.