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Le CICR procure des abris provisoires aux personnes déplacées en raison du conflit.
Quelle est la situation actuelle sur le terrain dans la région de Vanni :
par exemple, quel est le nombre de personnes déplacées, d’où et vers où fuient-elles, et dans quelles conditions vivent-elles ?
La situation des personnes déplacées s’est aggravée ces derniers temps. Des dizaines de milliers de familles ont été déplacées d’une région vers une autre entre avril et la première semaine de novembre 2008.
En raison des opérations militaires en cours, davantage de personnes ont fui du sud de la région de Vanni vers le nord que du nord vers l’est, ce qui signifie que des familles ont été déplacées plus d’une fois et ont été mises à lourde épreuve en raison du prix très élevé du transport. Elles sont épuisées à force de se déplacer d’un endroit à l’autre, quelquefois cinq ou six fois. Les familles ayant heureusement pu se déplacer ensemble, nous n’avons pas vu de nombreuses personnes séparées.
Des affrontements se poursuivent toujours entre les Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE) et les forces armées sri-lankaises dans diverses régions. Comme la plupart des personnes de ces régions ont déjà fui, il n’y a plus aujourd’hui de mouvements massifs de population.
Quelles sont les préoccupations les plus urgentes des personnes déplacées et que fait le CICR pour les aider ?
Les abris sont une préoccupation majeure, en particulier avec l’arrivée de la saison des pluies. La sécurité est prioritaire aussi. Les personnes cherchent désespérément à se sentir protégées. L’eau et l’assainissement sont également des préoccupations urgentes.
Le CICR intensifie depuis quelque temps son action en faveur de la population en répondant à ses besoins, d’autant plus qu’il est le seul acteur humanitaire international présent sur le terrain, suite au départ des organismes des Nations Unies et des organisations non gouvernementales au début de septembre.
Les équipes du CICR ont distribué des moustiquaires, des articles d’hygiène, des bâches en plastique et elles construisent des abris d’urgence. Comme la saison des pluies est bien avancée, le CICR fait tout ce qu’il peut pour que les personnes déplacées soient protégées.
Quelle est aujourd’hui la situation de sécurité pour le personnel du CICR dans la région de Vanni ?
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Les problèmes de sécurité et les restrictions de mouvements en raison du conflit affectent la population.
Le personnel du CICR poursuit son action dans une situation de sécurité très instable à cause des raids aériens fréquents et des dangers qui guettent le long des routes de la région de Vanni du fait de l’évolution du conflit.
L’institution met en œuvre un système de sécurité très strict et rigoureux qui consiste à notifier tout mouvement aux deux parties au conflit. Ce système est en vigueur tous les jours ouvrables et si nécessaire le week-end. Ainsi, la situation de sécurité étant assez tendue et instable, des règles strictes sont en place et tout le monde doit les respecter.
Le conflit à Sri Lanka remonte à quelques décennies. Avez-vous quelque raison d’être optimiste et d’espérer une accalmie dans un avenir proche ?
Le conflit fait rage depuis longtemps. La population civile est épuisée et aspire à la paix et à la sécurité qui demeurent précaires. C’est ce que j’entends depuis une année.
Pour les civils, il y a lieu d’espérer que cette situation prendra fin un jour et que les enfants vivront dans la paix et pourront aller à l’école et retourner à la maison, sans crainte.
Pour l’heure, aucune négociation de paix n’est en vue. Les deux parties sont impliquées dans des affrontements. Nous espérons néanmoins que la population connaîtra un jour la paix.
Quel est votre souvenir le plus marquant de votre mission à Sri Lanka ?
C’est l’image d’un grand nombre de camions le long de la route pendant la nuit, avec tout autour des personnes en train de dormir.
Un soir, en sortant tard du travail, j’aperçus des camions stationnés le long de la route. Des personnes dormaient à même le sol, sur les camions, sur les tracteurs, et même derrière les roues, partout. En fait, c’étaient des personnes déplacées. Apparemment épuisées, elles n’avaient pas eu le temps de trouver d’endroit pour s’installer et dormaient simplement là où elles se trouvaient lorsque la nuit est tombée. C’était impressionnant à voir.