Dans la bande de Gaza, l’accès à l’eau varie beaucoup d’un secteur à l’autre. Les principaux réseaux d’eau ont été réparés sur pratiquement tout le territoire, mais quelques conduites secondaires doivent encore être remises en état. Dans le nord de l’enclave côtière, où trois puits ont été détruits au cours des combats, le réseau a une capacité réduite par rapport à la normale. Dans certains des secteurs les plus durement touchés du nord et de l’est de la ville de Gaza, comme Jabaliya, Beit Hanoun et Beit Lahiya, certains tronçons du réseau ont été complètement détruits.
« Lorsque nous nous rendons dans ces secteurs, la première chose que les gens réclament, c’est de l’eau et du courant. C’est effectivement ce dont chacun a besoin pour mener une vie à peu près normale », explique Marek Komarzynski, ingénieur hydraulicien du CICR.
Des milliers de personnes ont de nouveau accès à l’eau
La semaine dernière, le CICR a négocié avec les autorités israéliennes le passage en toute sécurité de techniciens locaux envoyés pour réparer des canalisations aux environs de Khan Younès – à proximité de la zone tampon et de la barrière avec Israël, d’où la nécessité d’obtenir des garanties de sécurité – qui avaient été gravement endommagées au cours des hostilités. Une fois les canalisations remises en état, 500 habitations et une école de 1 400 élèves ont pu être reconnectées au réseau.
Toutefois, selon le service des eaux de Gaza, environ 300 000 personnes n’ont toujours pas d'eau courante.
Certaines sont ravitaillées par des camions-citernes qui leur vendent de l’eau pour remplir les réservoirs installés sur les toits. D’autres en achètent de plus petites quantités à des marchands ambulants qui font le tour des quartiers sinistrés avec des charrettes tirées par des ânes.
« Pour pouvoir réparer et entretenir le système d’approvisionnement en eau, nous avons besoin de conduites et de pièces détachées, ajoute M. Komarzynski. Nous attendons l’autorisation des autorités israéliennes pour faire venir ce matériel. » En raison de l’embargo imposé par Israël, l’importation de ce matériel est soumise à d'importantes restrictions depuis plus de 18 mois.
Aider les hôpitaux à utiliser une eau sans danger
Les hôpitaux avaient des difficultés à s’approvisionner en eau déjà avant que n’éclate le conflit, le 27 décembre dernier.
« Si les hôpitaux ne disposent pas d’eau purifiée, cela risque de compromettre les soins aux patients, précise M. Komarzynski. Il est aussi important que les blanchisseries de ces établissements soient approvisionnées en eau propre et sûre pour garantir l’hygiène.»
Le CICR travaille depuis plusieurs mois avec la plupart des hôpitaux du ministère de la Santé à Gaza afin d'améliorer la qualité de l'eau qu'ils utilisent. Ces derniers jours, le CICR a installé un système de purification à l'hôpital Al-Nasser de Khan Younès, qui permet de débarrasser l'eau des sels et des impuretés qu’elle contient de manière qu’elle puisse être utilisée en toute sécurité pour les dialyses et d’autres traitements. Un système similaire sera installé à l’hôpital Al-Shifa (ville de Gaza) dans les jours à venir. Actuellement, à l’hôpital Tal al-Sultan de Rafah, le CICR creuse un puits, installe un dispositif de pompage des eaux usées et met en place un système de stérilisation de l’eau.
Autres activités du CICR
- Le CICR a continué d’enregistrer les personnes dont les maisons ont été partiellement ou totalement détruites. À ce jour, le CICR et le Croissant-Rouge palestinien ont porté assistance à plus de 60 000 personnes – dont un grand nombre ont reçu des feuilles de plastique pour couvrir les vitres brisées et les brèches dans les murs. De nombreuses familles ont également reçu des assortiments d’ustensiles de cuisine, des matelas, des couvertures et des articles d'hygiène (savon, shampoing et couches pour bébés).
- Au total, 70 amputations ont été réalisées à l’hôpital Al-Shifa. Les cinq premiers amputés ont déjà été orientés vers le Centre des membres artificiels et de poliomyélite de Gaza. Ils y ont reçu des conseils en matière de physiothérapie et d'exercices physiques, et seront équipés d’un membre artificiel dès que leurs plaies seront complètement cicatrisées.
Informations complémentaires :
Dorothea Krimitsas, CICR Genève, tél. : +41 22 730 25 90 ou +41 79 251 93 18
Anne-Sophie Bonefeld, CICR Jérusalem, tél. : +972 2 582 88 45 ou +972 52 601 91 50
Iyad Nasr, CICR Gaza, tél. : +972 59 960 30 15 (arabe)
Yael Segev-Eytan, CICR Tel-Aviv, tél. : +972 3 524 52 86 ou +972 52 275 75 17 (hébreu)
Nadia Dibsy, CICR Jérusalem, tél. : +972 591 79 00 ou +972 52 601 91 48 (arabe)